EPIC FEST 2025 : le paradis des Power Metalleux – JOUR 1

Un an après notre première incursion au Danemark, nous voici déjà de retour à l’Epic Fest avec cette fois une double casquette : celle de festivalier, et celle de média parteneraire du festival. Une formidable opportunité pour l’équipe de PMF de pouvoir assister aux concerts mais également aux coulisses de l’événement, avec à la clé de belles rencontres et pas mal de choses à vous raconter !

Battle Born band

C’est Battle Born qui a l’honneur d’ouvrir la troisième édition de l’Epic Fest, dans une salle du Gimle qui est déjà remplie. Le groupe pose ses valises à Roskilde dans le cadre de sa première mini-tournée européenne, passée également par l’Allemagne et la Belgique. C’est donc une chance de pouvoir assister à l’une de ces dates au Danemark.

Battle Born s’est fait connaître en 2020 avec la parution d’un premier EP sobrement intitulé « Battle Born » avant de confirmer en 2023 avec la sortie d’un excellent premier album, « Blood, Fire, Magic and Steel ». Nous étions donc impatients de voir le résultat en concert.

Le groupe démarre fort avec un hymne à sa gloire, « Battle Born », chanson taillée pour le live et qui met rapidement tout le monde dans l’ambiance, tout comme le feront « Blood and Fire » ou « Power Force » peu après.  Avec ses refrains incisifs et son énergie, le groupe n’a aucun mal à rallier un public déjà tout acquis à sa cause. L’autre avantage de l’Epic Fest, c’est qu’il permet aux artistes de proposer une setlist fournie : Battle Born jouera ainsi onze titres dont deux covers réussies de Survivor (« Burning Heart ») et Judas Priest (« Electric Eye ») mais aussi un tout nouveau morceau, « One on One », qui mélange le Heavy traditionnel au Power, pour un résultat qui fonctionne parfaitement.

Battle Born a donc ouvert les hostilités avec talent et maitrise et prouve qu’il faudra garder un œil très attentif sur la carrière du groupe.

Jeune groupe en pleine ébullition mené par Tim Hansen, le fils du grand et unique Kai Hansen (père fondateur de Helloween et Gamma Ray, et donc du Power Metal), Induction a été très acclamé par son public.

Induction n’a pour l’instant que deux albums à son actif, en plus d’un EP comprenant deux titres inédits qui valent le coup tellement la qualité de ces hymnes est au rendez-vous.

Induction a été à l’honneur avec son nouveau chanteur Gabriele Gozzi qui prend parfaitement la relève de son prédécesseur Craig Cairns. Des titres emblématiques de l’album « Born From Fire » tels que « Fallen Angel » ou « Scorched » ont été plus que convaincants sans parler l’excellent « Queen of Light » qui conclu le show de façon magistrale.

On a parlé juste avant des deux titres inédits de l’EP « The Power Of Power », ils ont été interprétés et quel plaisir ! « Set You Free » est un véritable hymne de Power et « A Call Beyond » possède tous les ingrédients pour satisfaire ses fans entre son refrain catchy mêlé de ses mélodies mémorables.

Là où l’on que le groupe continuera d’évoluer, c’est par l’interprétation d’un nouveau morceau : « Beyond Horizons ». En live ça sonnait très bien et ça promet pour le nouvel album qui sortira cette année. Une belle affaire à suivre ! Ouverture du King Roar’s Hall réussie !

Apostolica band

L’Epic Fest signe un joli coup avec la venue d’Apostolica puisqu’il s’agit tout simplement du premier concert de la carrière du groupe ! Il était donc important pour nous d’assister aux grands débuts des mystérieux prophètes masqués.

Apostolica n’est certainement pas le groupe le plus connu de l’affiche et pourtant, beaucoup de fans et de curieux sont présents dans la salle du Gimle. Il faut dire que le groupe, dont on ne sait pratiquement rien, intrigue et avec leurs masques, qui ne laisse apparaitre que le bas du visage, les quatre musiciens laissent planer une ambiance assez mystique. Ambiance évidemment renforcée par le style musical d’Apostolica, qui oscille entre le Doom, le Heavy et le Power. Ceux qui découvraient le groupe ont été plongés dans le bain d’entrée avec « Sanctus Spiritus » et « Animae Haeretica », deux morceaux mid-tempo qui ont planté le décor

Avec deux albums à son actif, dont un excellent second opus sorti en 2023, le groupe a cependant de quoi proposer une setlist variée. On pensera par exemple au très chantant « Gloria » mais surtout au tube « Rasputin », morceau le plus addictif et le plus efficace des Italiens. Le set se clôture par « No More Place in Hell », un morceau envoutant et assez caractéristique du style d’Apostolica.

Si le groupe manque parfois d’un peu de puissance, il délivre malgré tout une prestation convaincante, dans un registre différent des autres formations présentes sur le festival. En bref, des débuts très prometteurs.

Il est 16h45, la foule est massivement présente devant la scène principale du Kongrescenter de Roskilde. Une brume épaisse s’élève sur scène, dans un paysage fait de montagnes en carton-pâte, alors qu’apparait une estrade peuplée par une chorale. Le décor est planté, le lillois Dominique Leurquin balance les première notes à la guitare du cultissime « Dawn of Victory », suivi de près par les notes à la basse de l’autre français du groupe, Patrice Guers. Fabio Lione apparait en dernier, pile au moment d’entonner les premières paroles de ce titre légendaire.

Voilà comment se présente à nous l’une des légendes du Power Metal, face à un public déjà euphorique. Pour nous, à la rédaction, il s’agit d’un moment à part car nous n’avons pas eu souvent l’occasion de croiser la route de Fabio Lione qui performe dans son meilleur registre, à savoir celui de Rhapsody.

Pour rappel, Rhapsody, ce sont des légendes, des fers de lance qui nous ont offert des albums légendaires à l’exemple de « Legendary Tales » (1997), « Symphony of Enchanted Tales » (1998) et bien sûr, « Dawn of Victory » (2000)… Allez, ajoutons aussi le « Rain of a Thousand Flames » (2001).

Evidemment, les titres de ces albums légendaires vont largement être mis en avant, à l’exemple de l’énorme « Wisdom of the Kings », l’épique « The Wizard’s Last Rhymes », le sublime « Lands of Immortals », le canonique « Holy Thunderforce », l’envoutant « The Village of Dwarves », ou encore le cultissime « Emerald Sword ». N’oublions pas dans toute cette dinguerie les fantastiques « Knightrider of Doom » et « Unholy Warcry ».

Globalement, un set du Rhapsody de Fabio Lione est une véritable folie. Il nous est pourtant arrivé de nous étonner un peu dans les choix imposés par le groupe pour couper le rythme de la setlist, avec des moments un peu trop tirés vers l’Opera (« The Magic of the Wizard’s Dream » en hommage à Christopher Lee, ou « Lamento eroico » par exemple) et qui tendent à frustrer l’auditoire… Cela dit, c’était l’occasion pour Fabio Lione de montrer ses talents de ténor. Il en va de même pour la reprise de « We are The Champions », hors sujet à notre goût. Il faut dire que ces choix artistiques sont aussi un moyen de ralentir le rythme d’une setlist qui irait à 1 000 à l’heure sans ces coupures pour le moins lyriques.

Mais finalement, quelle folie ! Vivre un live de Fabio Lione est une véritable chance, un moment suspendu dans le temps. L’Epic Fest nous a permis de voir une véritable légende vivante et rien que pour ça, merci.

Invité de dernière minute, Bloodorn a saisi l’opportunité de réaliser la toute première performance live de son histoire. Et quel meilleur endroit que le Danemark pour faire ses grands débuts quand on sait que Bloodorn est un nom inspiré de l’aigle de sang, du Blôdörn, une torture viking bien connue qui consistait à séparer les côtes de la colonne vertébrale… Bloodorn, c’est avant tout le projet de notre Guitar Hero national, Nils Courbaron, passionné de Power et de Heavy, qui s’est attaché les services de Mike Livas (Silent Winter), Francesco Saverio Ferraro (Freedom Call) et Michael Brush (Sirenia) pour sortir un premier album « Let The Fury Rise » (2024) enregistré en France, au Vamacara Studio.

Quelques heures après cette première performance live, Nils nous confiait « On n’a fait aucune répète, c’est la première fois qu’on joue ensemble. C’était loin d’être parfait, mais c’était incroyable ». Une performance incroyable en effet, et le mot est faible.

Au moment de monter sur scène, nous remarquons un petit nouveau dans la formation en la personne de Jamie Hunt à la guitare rythmique. Pas le temps de tergiverser, on attaque directement avec l’immense « Fear The Coming Wave ». Premier constat, Mike Livas est incroyable au micro. Quelle énergie, quelle aura et quelle voix… Un talent brut, saisissant, ce genre de talent qui vous met une claque. Devant une fosse pleine à craquer déjà bien méchamment ambiancée, Bloodorn bascule sur l’extraordinaire « Rise Up Again ». Nils, fidèle à lui-même, enchaine les perf’ sur chaque titre avec des solos dévastateurs notamment sur « Under The Secret Sign », une démonstration de talent bien suivie par Jamie Hunt et l’époustouflant Francesco Ferraro à la basse.

Sur la même lignée, s’en suivent « Tonight We Fight ! » et l’atomique « Let The Fury Rise » qui, littéralement, nous a mis le cul par terre. Livas absorbe toute la lumière sur ce titre incroyable, résultat d’une performance collective de haut niveau. C’est ici l’occasion de rendre hommage aussi à Michael Bush derrière les fûts qui a joué sans clic tout au long du concert, se fiant exclusivement aux backing tracks pour avancer dans sa progression. L’éponyme et fédérateur « Bloodorn » vient ajouter une note de magie en plus sur la scène du Gimle alors que le live se termine sur « God Won’t Come » avec Nicoletta Rosellini (Alterium) en guess.

Bloodorn, c’est un Iron Maiden moderne, blindé de testostérone, épique au possible, sans pareil, qui déborde d’énergie et de talents. Chez Power Metal France, nous nous sentons chanceux d’avoir pu vivre cette première performance live d’une formation à suivre de près, très près.

Un des piliers du Power Metal était en tête d’affiche pour cette troisième édition de l’Epic Fest, le grand nom pionnier du Power au style néoclassique, Stratovarius.

Très acclamé par une bonne majorité du public, le groupe finlandais a su occuper l’espace nécessaire de la nouvelle grande scène The Realm of Might & Magic pour interpréter un show authentique mêlé d’une setlist conçue pour les fans.

Retour aux grands classiques du groupe avec l’album emblématique « Visions » où l’hymne « Forever Free » a ouvert le bal avec brio. Du même opus, on n’oubliera évidemment pas de citer le tube « Black Diamond » ou encore l’étonnante surprise « Visions (Southern Cross) » qui était riche en émotions.

Si l’on reste du côté des classiques, on n’a pu qu’être satisfaits d’entendre « Eagleheart » ou « Will the Sun Rise? » qui ont su mettre l’ambiance et faire chanter les fans.

Bien sûr, afin de satisfaire les musiciens récents du groupe, des morceaux plus modernes ont été joués ce soir-là. Stratovarius a conscience de ce que les fans aiment et ont choisi intelligemment les titres à ajouter à la setlist, que ce soit « World on Fire » ou l’iconique « Unbreakable », nous étions heureux.

Ils sont encore en forme les gars de Stratovarius après autant d’années de carrière. Quel plaisir de les voir en live interpréter un show complet ! La nostalgie primait et le groupe nous faisait revivre les bons moments marquants. Ils savaient mettre le feu et la conclusion avec « Hunting High and Low » était tout simplement remarquable.

Majestica est incontestablement l’un des groupes les plus appréciés et les plus attendus de cette troisième édition de l’Epic Fest, comme en témoigne la file d’attente pour rencontrer le groupe lors de la séance de meet & greet ou évidemment le monde venu assister au concert des Suédois sur la seconde scène principale du festival.

Sorti il y a quelques semaines, le dernier album de Majestica, « Power Train », est logiquement mis en avant avec la chanson-titre qui ouvre parfaitement les hostilités et quatre autres morceaux tirés de l’opus, dont le très efficace « Thunder Power ». Sans surprise, Majestica offre une prestation solide sur scène : les solos sont tranchants, le rythme soutenu et la voix de Tommy Jonhanson sonne juste, même dans les parties les plus aigües. Ajoutez à cela quelques effets pyrotechniques et vous avez les ingrédients du show réussi.

Les fans du premier album du groupe, « Above the Sky », ne sont pas en reste non plus, avec notamment le son rétro de « Night Call Girl », la magie de « Above the Sky » ou encore l’esprit épique de « Rising Tide », surement la meilleure chanson de Majestica.

Et puisqu’il en faut pour tous les goûts, Tommy Johansson n’hésite pas à sortir son bonnet de Noël pour interpréter « Ghost of Marley », extrait de l’album de Noël du groupe, « A Christmas Carol ».

Majestica a donc largement répondu présent lors de sa prestation à l’Epic Fest et parfaitement assumé son statut de tête d’affiche en devenir. Le public français aura d’ailleurs l’occasion d’en profiter en octobre prochain puisque le groupe se produira à Paris en compagne de Dominum et Battle Beast.

Venant près des ports du berceau du Power Metal Hambourg, les pirates de Terra Atlantica ont accosté au Gimle de Roskilde pour nous interpréter un show exceptionnel.

Ayant été mis au défi de jouer en même temps que Majestica, le groupe allemand n’a pas eu peur et a réussi à se procurer un grand nombre de fans dans son équipage.

Terra Atlantica nous a proposé des purs hymnes de Power Metal allant de « Beyond the Borders » à « Across the Sea of Time », tout en faisant sauter ses fans de joie avec des morceaux tels que « Quest Into the Sky » ou « Atlantica ».

Le groupe a également su diviser la foule en deux pour créer un pogo avec le puissant « Hellfire » suivi du Folk instrumental « Guns and Drums » et du très dansant « Pirate Bay ».

A l’instar d’Induction, Terra Atlantica sortira un nouvel album cette année et en a également profité pour nous jouer un titre inédit : « The Land of Submarines ». Spoiler : ça promet ! Terra Atlantica est groupe qui a tout le potentiel pour se distinguer dans le monde du Power Metal.

Pour conclure cette première journée épique, le groupe suédois Insania a fermé les portes du King Roar’s Hall, mais malheureusement la déception était à son comble.

Insania est un groupe très apprécié par les fans de Power, on a tendance à l’oublier mais il s’agit d’un groupe qui s’est imposé à la fin des années 90 aux côtés d’autres grands noms durant cette même période.

Musicalement très inspiré de Helloween et Gamma Ray, Insania est un très bon groupe qui sait allier des mélodies et riffs solides, d’une vitesse impressionnante en plus de transporter l’auditeur avec des refrains très catchy.

En live, le potentiel d’Insania était également là mais l’ambiance apportée non hélas. Le problème ? Il y avait beaucoup trop de latence entre chaque morceau, le chanteur faisait des monologues interminables une voix monotone et nous, public, fatiguions très vite.

C’est dommage car les morceaux étaient brillamment interprétés. C’était plaisant malgré tout d’entendre « World of Ice », « Sunrise in Riverland » ou bien « Gift of Life ».

Néanmoins, le single « Revolution » paru juste avant le festival et le titre inédit « The Trinity » présenté en avant-première annoncent un nouvel album prometteur.

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AlexPMF
AlexPMF
Pirate des temps modernes chevauchant le monde sur son dragon, un violoncelle dans la main et une bouteille de bière dans l'autre. Mes références : Running Wild / Powerwolf / Gloryhammer / Rhapsody