Chronique de « Angus McSix and the All-seeing Astral Eye », nouvel album d’Angus McSix
Angus McSix est un groupe à l’histoire singulière.
En 2021, Thomas Winkler se fait éjecter de Gloryhammer et décide d’emporter avec lui son costume doré d’Angus McFive ainsi qu’une bonne partie du concept du groupe, dans lequel chacun des membres incarne un personnage précis.
Angus McSix est donc d’entrée conçu comme un pied de nez à Gloryhammer, à la limite du plagiat, mais il s’entoure malgré tout de musiciens talentueux, comme Thalia Bellazecca (ex Frozen Crown) à la guitare et surtout Seeb Levermann, leader d’Orden Ogan.
Après un premier album plutôt intéressant en 2023, Angus McSix est donc de retour aujourd’hui avec un second opus, mais sans Thomas Winkler, parti en 2025, et avec un nouveau batteur derrière les futs.
Du Power moderne simple mais efficace
Malgré ces changements de line-up et l’arrivée d’une guitariste supplémentaire, Angus McSix repart sur les mêmes bases musicales, en optant pour un Power moderne très en vogue ces dernières années. Les arrangements claviers/synthé sont ainsi omniprésents et prennent largement le pas sur les classiques riffs de guitares, au point de flirter de très près avec l’electro sur un morceau comme «Dig Down».
Dans son ensemble, l’album propose toujours un Power Metal reposant presque exclusivement sur ses refrains. Une idée simple, qui ne révolutionne absolument pas le genre mais qui fonctionne globalement plutôt bien sur la première partie de l’album.
« 6666 » ou « The Fire of Yore » sont des titres clairement conçus pour le live. On y retrouve le côté fun et kitch assumé du groupe, qui le place aux côtés d’autres formations du genre comme Victorius ou Grail Knights. Les refrains sont faciles à retenir et la production soignée de l’album fait que l’ensemble sonne plutôt juste.
L’album marque aussi les grands débuts de Samuel Nyman, alias Adam McSix, au chant. Avec un timbre de voix sensiblement identique à son prédécesseur, ce dernier avait grandement besoin d’une chanson dédiée pour se présenter. C’est donc le cas avec «I am Adam McSix», morceau efficace qui vise juste.
Un concept qui touche à ses limites
Malgré de bonnes intentions, l’album s’essouffle cependant dans sa seconde partie, la faute à un concept qui peine réellement à renouveler. Les chansons s’enchainent, mais aucune ne parvient vraiment à accrocher l’oreille. Les arrangements se montrent également trop présents et le côté « Techno/Pop » de l’album prend largement le dessus sur le reste.
Comme s’il avait conscience du problème, le groupe a cherché à dynamiser l’ensemble en proposant plusieurs feat. Si le duo avec Giacomo Voli (Rhapsody of Fire) est intéressant sur « I am Adam McSix », ce n’est absolument pas le cas sur les autres morceaux : «Dig Down» est complètement plombé par l’intervention lyrique de Von Canto ; Turmion Kätilöt n’apporte rien sur «Techno Men» et même Freedom Call peine à donner du souffle au très caricatural «The Power of Metal».
Trop nombreuses et sans réel intérêt, ces collaborations ne suffisent pas à relancer la machine et un sentiment de « déjà entendu » s’installe progressivement.
Un groupe en manque d’identité
En réalité, on ne comprend pas trop dans quelle direction cherche à aller le groupe : alors que l’idée de base était tournée autour du personnage central d’Angus McSix, le départ de Thomas Winkler a rendu le concept totalement caduc, Angus ne faisant même plus parti de l’univers construit sur le premier album !
Se pose alors la question de l’identité même du groupe et de tout ce qui y est rattaché.
Dans ce contexte, n’aurait-il pas fallu tout simplement changer le nom du groupe et chercher à construire un style plus personnel, au lieu de poursuivre dans cette caricature de Gloryhammer, groupe étant lui-même déjà axé très axé sur le second degré ? En tout cas, le concept actuel d’Angus McSix semble tourner en rond. Piégé dans une bagarre à distance avec son rival, au point de sortir les albums quasiment en même temps, Angus McSix est condamné à vivre dans l’ombre, à moins de s’émanciper et de chercher à créer quelque chose de nouveau.
Avec un line-up de qualité, Angus McSix semble en avoir les capacités, mais peut-être pas l’envie. A voir désormais si le public sera au rendez-vous.


