EPIC FEST 2025 : le paradis des Power Metalleux – JOUR 2

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Un an après notre première incursion au Danemark, nous voici déjà de retour à l’Epic Fest avec cette fois une double casquette : celle de festivalier, et celle de média parteneraire du festival. Une formidable opportunité pour l’équipe de PMF de pouvoir assister aux concerts mais également aux coulisses de l’événement, avec à la clé de belles rencontres et pas mal de choses à vous raconter !

Parmi la pléthore de jeunes formations présentes à l’Epic Fest, Crimson Glory fait clairement office de vétéran, puisque la création du groupe américain remonte au début des années 80.

Malgré cette longévité assez exceptionnelle, Crimson Glory ne compte que quatre albums à son palmarès, la faute à une carrière faites de hauts et de bas, de pauses et de changements de line-up. Alors que le groupe amorce un retour depuis quelques mois après plusieurs années d’absence, ce concert à l’Epic Fest était l’occasion rêvée pour rappeler pourquoi Crimson Glory a été un des groupes de Prog/Power phares des années 80. Et pour cela rien de plus simple : puiser dans « Transcendence », album paru en 1988 et considéré comme LE chef d’œuvre du groupe.

« Lady of Winter », « Lonely » ou encore l’excellent « Red Sharks », il ne manquait aucun tube de l’album, dont huit chansons ont été interprétées ce soir. Un choix manifestement apprécié du public, à juste titre.

Pour compléter sa setlist, Crimson Glory est aussi allé puisé dans son premier album, « Crimson Glory », pour en tirer la aussi les morceaux les plus iconiques. On pense évidemment à « Valhalla », qui ouvrit le concert, ou à « Queen of the Masquerade », autre chanson majeure du groupe.

Pour son grand retour, Crimson Glory aura donc décidé de se reposer sur les valeurs sûres de sa discographie, en éclipsant ses deux autres albums, « Strange and Beautiful » (1991) et « Astronomica » (1999). Un choix compréhensible pour un groupe qui renouait avec son public après des années d’absence.

Quoi qu’il en soit, les vétérans américains ont réussi leur retour, avec un concert maitrisé et une prestation vocale séduisante.

A l’image des autres groupes américains présents sur l’Epic Fest, Crimson Glory et Judicator, la présence de Shadowstrike en Europe est un véritable événement, tant il est difficile pour les groupes d’outre-Atlantique de se produire sur le vieux continent. Il nous était donc impensable de manquer leur premier concert européen.

Le dernier album de Shadowstrike remonte à 2023 avec « Traveler’s Tales », un petit bijou du genre qui a été largement mis à l’honneur puisque les quatre premiers morceaux ont été interprétés dans l’ordre. Une belle manière d’embarquer les fans dans l’univers onirique et mélodique d’un groupe où les protagonistes s’effacent au profit de la musique. Le set est ainsi parfaitement exécuté, avec un « Broken Hearted Journey » de toute beauté et notons également que Shadowstrike est venu avec son claviériste, alors que la plupart des groupes se contentent de samples. Un véritable atout qui renforce encore l’immersion du public.

Après un magnifique « Fly With Me » ou un tout aussi entrainant « Forever As One », Shadowtrike décide de conclure avec « Gales of Winter », pièce majeure de dix minutes, interprétée dans son intégralité et qui vient mettre un point final à une prestation de très haute volée.

Clairement, le concert de Shadowstrike était l’un des immanquables de cet Epic Fest 2025 et on croise les doigts pour revoir le groupe très vite en Europe.

La vie est faite de choix. Nous sommes au deuxième jour de l’Epic Fest, la nuit est tombée, et nous prenons le temps de manger avec les amis d’Hevius sous le grand chapiteau médiéval, situé face à la salle principale. Paré de nos manteaux et de notre meilleur coup de fourchette (la température est descendue à 1 degré), se pose la question de ce que nous souhaitons voir en attendant le passage de Judicator qui clôture le fest à 00h30. Deux choix s’offrent à nous : Theocracy qui propose un Power Metal lisse aux thématiques pieuses, ou Hulkoff, un groupe de Suédois qui racontent des histoires de vikings dans un style Power/Folk/Pagan. Si l’ensemble des membres de la bande choisissent la lumière, de mon côté, je me dirige vers les enfers nordiques, direction le Gimle pour un spectacle auquel je ne m’attendais pas….

Hulkoff est le projet de Pär Hulkoff, ex frontman de Raubtier, qui, sur scène, se paye les services des membres talentueux de Tungsten en la personne de Niklas Johansson (basse), Anders Johansson (batterie) et Kalle Johansson (guitare). Avec 4 albums au compteur, Hulkoff raconte la très riche histoire des peuples nordiques, sur des sujets tels que les religions, les cultures, les guerres, etc.

Sachant que j’avais une chance de vivre quelque chose d’unique, j’arrive assez tôt pour pouvoir me positionner en première ligne, niché sur le balcon de cette fantastique salle qu’est le Gimle. Il faut dire, n’étant pas scandinave en pays scandinave, je suis venu chercher une expérience, et je n’ai pas été déçu.

Les lumières s’éteignent, Hulkoff débarque avec sa bande et balance l’ultra pesant « Krigsherren » en suédois dans le texte, suivi par « Holmgang », dans le même esprit. Très vite, je suis pris dans l’ambiance, plongé dans une véritable messe nordique, entouré de scandinaves, tous soumis à un Hulkoff qui va jouer son rôle de maitre de cérémonie à la perfection. Les titres s’enchainent avec notamment le violent « Berserkr », l’enivrant « Hammarslag », le furieux « Dragon Tattoo », et, pour moi, l’un des meilleurs titres de la setlist, le magnifique « Jorvik » qui raconte l’histoire d’un éleveur de chèvres qui décide de prendre la mer avec ses frères vikings pour envahir l’Angleterre et le royaume d’York (Jorvik), au côté du roi Knut, au début du XIème siècle. Très franchement, à l’écoute de ce titre, en étant le seul français au milieu des scandinaves, on est dans un autre monde.

Entre chaque morceau, Hulkoff raconte l’histoire de sa vie, comment il a vécu en Antarctique, comment lui sont venus les thèmes de ses chansons, sa vie de famille, etc.

S’en suivent entre-autres les excellents « Dragonrider », « Blood & Iron » avant de conclure sur les totémiques « Einherjr » et « Scyth ».

Hulkoff, c’est un magnifique hommage aux grands peuples du Nord, un son qui parfois fait penser à un mélange savant coincé entre Rammstein et Sabaton, c’est aussi un hommage aux cultures du Nord avec l’utilisation d’instruments traditionnels. Hulkoff, c’est une expérience. Et le fait de l’avoir vécue au Danemark, celle-ci restera longtemps gravée dans ma mémoire.

Alors que le Power Metal semble avoir planté toutes ses racines après autant d’années, le genre est tellement varié que de nouveaux groupes au talent exceptionnel peuvent encore faire surface, c’est le cas de Fellowship.

Fellowship est clairement un groupe qui va se démarquer et réussir un faire des tournées en tête d’affiche durant les années à venir. Rappelons-le, le groupe avait joué durant la second édition l’année dernière au Gimle et salle était tellement rempli que certaines personnes, à leur plus grand regret, ont dû être refoulés.

Le groupe anglais était de retour à l’Epic Fest mais cette fois ils ont l’honneur d’inaugurer la grande salle The Realm of Might & Magic, et comme ils ont été accueillis en bonne et due forme, un meet & greet était possible avec eux durant le festival et quelle file d’attente pour les rencontrer !

Au niveau de la performance live, le show de qualité était au rendez-vous et le fait d’avoir plus d’espace ainsi que plus de moyens techniques ont pu renforcer la valeur qu’a le potentiel du groupe.

Le dernier opus a été mis en avant avec les très bons singles « Hold Up Your Hearts (Again) » ou « Dawnbreaker », tout aussi que « Victim » qui était joué en live pour la toute première fois.

Mais, étonnamment, le premier album a pris le dessus concernant le nombre de morceaux joués. D’un côté, cela se comprend puisque des titres tels que « Glory Days » ou « Until the Fires Die » sont déjà des classiques du groupe, sans oublier de citer l’excellent « Hearts Upon the Hill » ou l’hymne « The Saint Beyond the River ».

Avant-dernier groupe du festival, Fellowship a frappé encore plus fort que l’an dernier à tel point qu’on était plus que satisfaits de les revoir.

Son nom s’affiche en gros sur l’affiche, à côté de celui de Stratovarius : Wind Rose débarque au Danemark avec le statut de headliner et c’est amplement mérité pour un groupe qui a vu sa popularité exploser depuis 5 ans.

Il faut dire que le groupe Italien est réputé pour ses prestations énergiques, ses musiques festives et sa fosse en ébullition et ce passage à l’Epic Fest ne dérogea pas à la règle.

Avec trois derniers albums d’excellente facture, Wind Rose a largement le choix au moment de composer sa setlist. Sur la scène immense du King’s Roar Hall, c’est « Dance of the Axes », tiré du dernier opus du groupe, qui lance les hostilités et c’est un carton plein pour ce morceau qui passe sans problème l’épreuve du feu.

Comme toujours, la fosse de Wind Rose est un joyeux bordel dans lequel les pogos, les haches en plastique et les têtes de licorne cohabitent sans difficulté.

Sur scène, le groupe enchaine ses classiques, « To Erebor », « Mine Mine Mine »,  « Drunken Dwarves » ou « Together  We Rise » ; et quelques nouveaux morceaux, dont « Rock and Stone ». Le spectacle est rôdé, la setlist sans réelle surprise, mais rien à dire, ça fonctionne toujours autant et le plaisir est instantané.

Evidemment, un concert de Wind Rose ne serait pas complet sans la légendaire « Diggy Diggy Hole », qui s’offre ici sa version classique et sa version techno.

Le concert s’achève enfin avec « The King Under the Mountain”, un titre qui tient particulièrement à cœur au chanteur Francesco Cavalieri, et qui conclue en beauté une nouvelle sortie réussie de nos nains préférés.

Il est 00h30 et cette troisième édition de l’Epic Fest se termine sur un évènement. Une fois n’est pas coutume, il s’agit là encore d’une grande première puisque ce sont les Américains de Judicator qui clôturent le Fest avec leur toute première date européenne ! L’Epic Fest est, à n’en pas douter, une terre promise pour bon nombre de formations qui ont effectué des premières comme Shadow Strike (premier show européen), Apostolica ou Bloodorn (premier show de leur Histoire) avant eux.

En plus de jouer leur premier show européen, Judicator est là pour faire la promo de son nouveau-né, « Concord », une ode à l’Amérique, son Histoire, et ses paysages flamboyants. C’est ainsi que résonne les premières notes de « Call Us Out of Slumber », premier titre de Concord, et quel titre ! Dans la grande lignée de ce que Judicator sait faire, ce titre, très technique à tous les niveaux, est une démonstration de talents, tant chacun se donne sur scène. Pour la suite, c’est un véritable best-of : Après « Sawtooth » et « A Miracle of Life » qui continuent de faire la promo de leur dernier album, s’en suivent « The Majesty of Decay », titre éponyme de leur album précédent (2022) avant d’enchainer sur les magnifiques « Take Up Your Cross » et « Spiritual Treason » de l’incroyable album « The Last Emperor » (2018) que nous ne pouvons que vous recommander tant il s’agit d’un chef d’œuvre du genre. N’oublions pas « Gloria », titre issu du non-moins excellent « Let There Be Nothing » (2020), avant de revenir sur « Concord » (2025) avec le titre du même nom, et de finir sur le premier grand succès de la formation en guise de conclusion : « King of Rome » (2012).

Sur scène, Judicator et impressionnant. Tout est à sa place, millimétré, sérieux, avec un John Yelland au micro qui prend la lumière avec classe, talent, sans oublier d’en laisser aux membres de son groupe. En effet, tous sont largement mis en avant tout au long du set. Il faut dire qu’être musicien au sein de Judicator n’est pas une tâche aisée, tant les compositions sont complexes et ne peuvent êtres jouer par le premier venu. En ce sens, bravo à John Dolan (Basse), Chad et Dayton Andersson (les deux guitariste), et Mike Lofgreen (Batterie) pour leur perf’ assez monumentale.

Par ailleurs, Yelland n’hésite pas à faire participer régulièrement le public en leur tendant le micro. Notons que la foule, au fur et à mesure que les titres s’enchainaient, n’a pas cessé de grossir, preuve que Judicator, malgré l’heure tardive, est parvenu à attirer à la fois un public de fidèles et de curieux.

Le groupe le souhaite et nous aussi : Rendez-vous en 2027 pour un nouveau set, peut-être pas à la même heure, mais au même endroit, pour ce qui sera la cinquième édition de l’Epic Fest !

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