Après 5 ans à attendre le retour de Memories Of Old, après 5 ans à attendre la sortie du second opus, après 5 ans le voilà enfin ! Hélas, après tant d’espoir de voir enfin cet album, il s’agit malheureusement d’une déconvenue cuisante… « Never Stop Believing » prend un autre chemin que son aîné et se prend violemment les pieds dans le tapis…
Memories Of Old, un univers coloré atypique
En cette décennie actuelle, les jeunes groupes de Power Metal marquant les esprits semblent se faire plus rare. En 2022, Fellowship et Power Paladin ont brillamment réussi à se démarquer, tout comme en cette année 2025 les récents The 7th Guild ou Aedan Sky (bien que ces derniers soient composés de membres faisant déjà partie d’autres groupes).
Au cours de l’année 2020, alors que l’on vivait tous une période agitée, un groupe anglais du nom de Memories Of Old avait marqué les esprits avec un premier album excellent : « The Zeramin Game ». La personnalité était déjà grandiloquente, de par un Power Metal Symphonique atypique nous faisant voyager à travers un univers particulièrement coloré entre des mélodies et orchestrations joyeusement épiques.
Un changement brutal…
Après la belle réussite qu’était « The Zeramin Game », on attendait forcément un successeur digne de ce nom. Le temps d’attente était long mais rappelons que Billy Jeffs mène à l’origine ce projet en solo. Il lui a fallu du temps pour trouver les musiciens adéquats pour l’accompagner et former Memories Of Old en tant que groupe et non projet solo.
Le premier opus a connu 3 ans d’écriture avant d’être officiellement sorti, le suivant « Never Stop Believing » a connu plus de temps puisqu’un changement de line-up a eu lieu… Et un changement important étant donné que le chanteur qui est parti n’était autre que Tommy Johansson, l’iconique personnalité de Majestica, donc pas n’importe qui.
Ces changements de line-up ont pu être impactant pour le groupe. Il y a eu deux singles « Guardians of the Kingdom » et « Fly Away Together » sortis 2 à 3 ans avant le dernier opus et pour celui-ci. Singles qui ont été chantés par un certain Jamie Jordan, inconnu au bataillon, avant d’être remplacé par Noah Simmons qui a rechanté ces singles pour l’album. La stabilité a mis du temps à être retrouvée.
Noah Simmons a la lourde tâche de succéder à Tommy Johansson, néanmoins il atteint des notes aiguës haut perchées sans trop de difficultés, il a un timbre cristallin qui correspond à Memories Of Old, il est capable d’avoir une voix qui sort du lot, mais celle-ci manque d’amplitude, et soyons honnête il n’a ni le charisme ni la magie du génie suédois.
Never Stop Believing est différent…
La différence est flagrante entre « Never Stop Believing » et son prédécesseur. Ce second opus prend une toute nouvelle direction en chassant totalement les orchestrations épiques et en se concentrant sur un Power Metal plus classique, seuls l’intro et l’épilogue ont conservé le côté Sympho.
Les singles étaient déjà révélateurs d’un autre style à leur sortie. « Fly Away Together » se démarque comme un hymne de Power Metal qu’on peut apprécier par son refrain et son thème, « Guardians of the Kingdom » use d’une ambiance plus Folk et dansante. Mais où sont les orchestrations épiques d’antan ?
Idem, quand on écoute le dernier single portant le nom simple de « Memories Of Old », on peut clairement dire adieu au Power Sympho du passé. Qu’est-ce que c’est que cette ambiance Heavy/Power faible et sans riff puissant ? Rien d’épique ici, on ne sait pas trop où on va…
Le titre éponyme, peut-être le deuxième morceau le plus réussi de l’album, se présente comme un hymne de Power Metal au refrain mémorable et catchy, il peut être appréciable en réalité. Mais deux questions s’imposent, pourquoi lors du pont on retrouve une vieille boîte à rythmes ? Il y a un batteur dans le groupe non ? Ensuite, la deuxième question revient encore : où sont les orchestrations épiques ? Des synthé Pop et lumineux façon Power Quest ont totalement pris la place de ces orchestrations…
Never Stop Believing porte mal son nom…
Justement, le type de synthé Pop qu’on retrouve chez Power Quest revient tout le temps. Des fois on retrouve le son des trompettes, mais les orchestrations épiques du premier opus ont totalement disparu (déjà dit et redit mais on insiste !). Au passage, l’album a été enregistré et mixé par Alessio Garavello, l’ancien chanteur de Power Quest. Quand on sait ça, ça fait plus sens au niveau du son… Et pourtant, c’est le même qui a travaillé avec Billy Jeffs pour produire « The Zeramin Game », mais alors sérieusement qu’est-ce qui s’est passé ?
« Never Stop Believing » a normalement pour but de nous emmener à travers un monde de fantaisie, un monde où l’on puisse se sentir pleinement soi-même, un monde où l’on avance sans difficultés. Tout est dans le titre de l’album mais, hélas, il porte mal son nom…
Même si on a évoqué certaines qualités aux titres mentionnés plus haut, la production est tristement faiblarde. Malgré des mélodies mémorisables, un atout du Power Metal important et réussi ici, les arrangements sont d’une mollesse flamboyante. La batterie semble trop sage, les guitares sont camouflées par le synthé et semblent s’exprimer que lors des solos, quant à la basse elle semble totalement en retrait.
Cela ne sert à rien de s’étendre sur tous les morceaux de l’album, on y retrouve de manière générale les mêmes défauts. Le pire reste la ballade « Life Begins Again » qui plombe encore plus l’ambiance tellement ça manque cruellement d’âme. Néanmoins, le dernier titre « Journey to the Stars » arrive étonnamment à sortir du lot. Le refrain est prenant, l’émotion est présente et toute la musique se veut plus dynamique. C’est exactement le genre de morceau qu’on aime, dommage que le mixage ne suive pas, parce que là, tout fonctionne…


