L’Epic Fest était de retour les 10 et 11 avril derniers avec une quatrième édition remarquable à tous les points de vue, et particulièrement grâce à une programmation une nouvelle fois exceptionnelle.
Clairement, le « petit » festival Danois s’est définitivement imposé comme le meilleur au monde en matière de Power Metal. Et oui, rien que ça !
Crédit photos : Marine Fougeray alias mlleflamantrose – Power Metal France

JEUDI : CONCERT A LA CATHEDRALE
Une cathédrale majestueuse, un orgue et du Power Metal. Voilà le programme proposé par l’Epic Fest la veille de l’ouverture du festival en guise de warm-up.
Un événement incroyable, ouvert à tous -festivaliers et simples curieux- et qui en dit en long sur l’ouverture d’esprit des Danois en matière de culture et de musique en particulier !
En ce jeudi soir, la cathédrale de Roskilde est bondée pour assister à un concert aussi surprenant que fabuleux : des reprises à l’orgue de grands classiques du Power Metal. Hammerfall, DragonForce, Stratovarius… la proposition est incroyable et se termine en beauté par un « The Last Stand » de Sabaton magnifié par l’acoustique de l’immense bâtisse.
En un mot : magnifique !

ANGUS MCSIX
Après un an d’attente, le royaume de l’Epic Fest rouvre enfin ses portes et c’est à Angus McSix que revient la lourde tâche de lancer les hostilités, sur la scène du « Realm of Might & Magic », la main stage du festival.
Le groupe est manifestement attendu et avec deux albums à son actif (dont un dernier sorti en mars dernier), la setlist s’annonce bien équilibrée entre nouveaux et « anciens » morceaux.
Sans surprise, c’est le giga tube « Master of the Universe » qui est interprété en premier, ce qui nous permet de faire connaissance avec le nouveau chanteur du groupe, Adam McSix, impérial, ainsi que « The Dwarf », la nouvelle guitariste, qui se montre également très à l’aise.
Malgré une discographie fatalement réduite, Angus McSix dispose de suffisamment de cordes à son arc pour embarquer le public avec lui : « The Fire of Yore », « 6666 » ou « Dig Down », tous extraits du dernier album, font mouche sans problème. Le groupe a également pu compter sur un invité de marque en la personne de Giacomo Voli, de Rhapsody of Fire, pour chanter en duo le morceau « I’am Adam McSix ».
De manière très intelligente, le groupe interagit avec le public entre deux chansons : pour introduire « Eternal Warrior » par exemple, Adam charge un fan au premier rang d’aller chercher une bière au bar et de la ramener sur scène avant la fin du morceau. Une manière simple de mettre de l’ambiance, sans éviter les lourdeurs des discours à rallonge.
Angus McSix est sans nul doute un groupe taillé pour le live, qui maîtrise son sujet et peut facilement s’appuyer sur une musique accessible et prenante pour réussir son show. On regrettera cependant la sur-utilisation de samples, notamment pour les chœurs ou les claviers…

DRAGONY
Premier groupe à avoir ouvert la seconde scène du festival : le King Roar’s Hall. Dragony a davantage chauffé son public en se concentrant sur son dernier album sans oublier de retourner dans le passé.
Il s’agit d’un groupe avec lequel on a pu établir une certaine attache étant donné que ça fait longtemps qu’on les suit et que c’était la quatrième fois qu’on les voyait en live.
La setlist était similaire au concert du mois de janvier en compagnie d’Ensiferum, ça a démarré par le très bon « Twilight of the Gods », toujours pour mettre en avant « Hic Svnt Dracones », dont d’autres tels que « The World Serpent » ou « The Einherjar (What Dreams May Come) » ont mis également le feu.
Du côté des anciens titres, on a de nouveau eu droit au très bon « Gods of War » du précédent album, au tube « If It Bleeds We Can Kill It » jusqu’à l’hymne du premier opus « Burning Skies ».
Mais on a eu d’autres surprises comme « The Dead Queen’s Race » ou « Wolves of the North ».
Dragony a su revenir dans le passé tout en continuant de défendre son dernier album en date. Après cela, la conclusion avec leur tube « Beyond the Rainbow Bridge » était parfaite en guise de fin à cette belle épopée.

SIRENIA
Pour la première date de la tournée des 25 ans de Sirenia, c’est « The Realm of Might & Magic » — autrement dit la plus grande des trois scènes du festival — qui accueille le quatuor.
Le groupe s’articule autour de Morten Veland, membre permanent, fondateur et leader charismatique, épaulé par une base solide : la frontwoman Emma Zoldan et le guitariste Nils Courbaron, deux artistes français qui portent la formation depuis respectivement 2016 et 2018.
Pour cette tournée anniversaire, Morten a vu les choses en grand avec un set largement consacré aux titres emblématiques des débuts du groupe. Le ton est donné d’entrée avec deux morceaux issus du premier album At Sixes and Sevens (2002) : « Meridian » et « Sister Nightfall ».
Les seules incursions dans la période récente se limitent aux deux derniers titres sortis, « Nightside Den » et « Callous Eyes ». Pour le reste, le concert fait la part belle au old school, en enchaînant les classiques tels que « Euphoria », « Star- crossed » ou encore « The Last Call », avant de conclure sur les incontournables « My Mind’s Eye », « The Other Side » et « The Path to Decay ».
Au final, Morten Veland rend un hommage appuyé à l’histoire de Sirenia, en renouant avec le son très gothique caractéristique de ses débuts. Un voyage empreint de nostalgie, qui laisse présager le meilleur pour la suite de cette tournée à travers le monde.

TRICK OR TREAT
Seule fois de ce premier jour où on s’est déplacé au Gimle cette année, Trick Or Treat a été le groupe qui nous a donné envie d’assister à un concert dans cette petite salle.
Pour sûr, le groupe a apporté une ambiance épique et a enflammé la scène. Après une courte intro portant le nom du groupe dont les sonorités rappellent Danny Elfman pour Tim Burton, « Creepy Symphony » démarre de façon dynamique et le public saute de joie.
Mais c’était l’album « Ghosted » qui était à l’honneur. Pour lors, des fantômes gonflables à l’effigie de la cover occupaient la scène. On n’oubliera pas de mentionner les costumes de squelettes que portaient les membres du groupe.
Les singles comme « Bloodmoon » ou le morceau éponyme ont bien évidemment été interprétés. De façon surprenante, « Return to Monkey Island » était joué mais l’absence de Chris Bowes, habituellement en guest sur ce titre donnait une sensation qu’il s’agissait d’un morceau 100% Trick Or Treat.
Le groupe a vraiment su mettre l’ambiance par des moments typiquement fun, entre des solos de basses reprenant des musiques de jeux vidéo et films entre autres, allant à une reprise de Cyndi Lauper « Girls Just Want to Have Fun ». On prenait beaucoup de plaisir
On terminera en évoquant la bouée en forme de sucette pour le titre « Evil Needs Candy Too » qui a fait le tour de la salle en allant jusqu’à la mezzanine. Après tout, le groupe se déclare un peu foufou et finir avec « Crazy » était donc indispensable.

RHAPSODY OF FIRE
Au panthéon des plus grands groupes de Power Metal, Rhapsody of Fire doit figurer en excellente position. La formation Italienne, à l’histoire assez chaotique, a composé certains des plus beaux hymnes de notre musique préférée.
Sans surprise, l’Epic Fest est l’écrin parfait pour un concert de Rhapsody of Fire et cassons d’entrée le suspens : il s’agit probablement du plus gros show de l’édition 2026.
L’année dernière, le festival avait accueilli Fabio Lione, vocaliste emblématique du groupe, dans le cadre de sa tournée « Dawn of Victory », et cette année, c’est donc la formation officielle qui foule les planches de la main stage. Une situation étonnante, même si Rhapsody of Fire a l’avantage de pouvoir interpréter un panel plus large de titres, puisés dans la discographie ancienne et récente du groupe.
Le concert débute d’ailleurs avec un morceau iconique de Rhapsody, « The Dark Secret », tiré de l’excellent « Symphony of Enchanted Lands II (2004). Avec l’enchaînement « Unholy Warcry » et « Rain of Fury », on comprend rapidement que le show s’annonce absolument épique, surtout quand Giacomo Voli se permet une escapade dans la fosse, pour le plus grand plaisir de fans absolument déchaînés.
La setlsit, parfaitement équilibrée, offre un magnifique tour d’horizon de la carrière du groupe. Les morceaux extraits du « reboot » post 2016, tels que « I’ll be your Hero » ou « Challenge the Wind » s’avèrent excellents en live. Le groupe mené par Alex Staropoli, seul membre originel restant, se montre particulièrement en forme et Giacomo Voli s’affirme comme l’un des meilleurs vocalistes actuels.
Évidemment, un concert de Rhapsody of Fire ne serait pas complet sans deux morceaux légendaires du groupe : « Dawn of Victory » et « Emerald Sword » étaient bien sûr de la partie et ont été repris en chœur par tout le public, faisant presque trembler les murs du Realm of Might & Magic.
Avec ce concert, Rhapsody of Fire a clairement rappelé qu’il figurait toujours parmi les patrons du Power Metal et que ses chansons pouvaient traverser les années sans prendre aucune ride. Quelle claque !

FAIRYLAND
Il y a des articles que l’on aurait jamais cru écrire un jour et parmi eux, celui d’un concert de Fairyland figurait en excellente position. L’annonce du retour du groupe sur scène, à l’Epic Fest, plus de seize ans après leur dernier show, était donc un véritable événement.
Si notre côté chauvin aurait aimé un premier concert en France, le choix du Danemark n’a pourtant rien d’une surprise : l’Epic Fest est un festival de connaisseurs et de passionnés, à l’ambiance bienveillante. Le public est donc venu en nombre. On pensera particulièrement à ce fan Australien au premier rang ou encore à deux Français, amis proches du groupe, que nous avions croisés plus tôt dans la journée. D’où qu’ils viennent, tous les fans, ou presque, ont cependant un point commun : ils n’ont jamais vu Fairyland en concert. C’est également notre cas.
Pourtant, Fairyland est bien là devant nous, sur la scène du King’s Roar Hall, qui arbore un magnifique backdrop représentant une fusion stylisée des différents albums du groupe. Le message est limpide : pour son grand retour, Fairyland va proposer une plongée dans l’ensemble de sa discograhie.
Sans surprise, le dernier -et excellent- album du groupe, « The Story Remains » (2025) est largement mis en avant. Que ce soit sur « To Stars and Beyond », « A New Dawn » ou encore « Karma », la magie opère instantanément. Si le groupe semble un peu stressé au début (et pas franchement aidé par quelques soucis techniques), le plaisir de se retrouver sur scène prend rapidement le dessus et on sent une complicité sincère entre les différents membres du groupe.
Pourtant, Fairlyland a connu de nombreux changement de line-up, dont certains très récents : Johannes Frykholm a ainsi rejoint le groupe quelques semaines auparavant. Malgré cela, son apport au clavier est déjà déterminant et apporte une réelle plus-value musicale et scénique, la où de nombreux groupes se contentent de passer des samples sans âme.
Au niveau du chant, Archie Caine livre une prestation solide et parvient sans problème à s’approprier les morceaux les plus anciens de Fairyland, « The Fall of an Empire » ou « Doryan the Enlightened » ainsi que celui de « Osyrhianta », sorti en 2020 et originellement chanté par Francesco Cavalieri, dont la voix diffère énormément.
Le set est également complété par deux morceaux extraits de « Score to a New Beginning », l’un des meilleurs albums de Fairyland, dont « Assault on the Shore », véritable hymne Power qui a totalement scotché le public. Rien à dire : le show est solide et bien équilibré, chacun jouant sa participation efficacement.
Évidemment, il était impossible d’imaginer cette soirée sans un hommage appuyé à Philippe Giordana, co-fondateur de Fairyland, et qui nous a malheureusement quittés en 2022, au moment où le groupe était en pleine renaissance. Quatre ans plus tard, le concert du soir à l’Epic Fest est donc l’aboutissement d’un rêve, celui de revoir son groupe sur scène devant un public heureux et chaud bouillant.
La mission est parfaitement accomplie et nous pouvons le dire haut et fort : Fairyland est de retour !

ENSIFERUM
Ensiferum fait un peu figure d’épouvantail en tête d’affiche de l’Epic Fest. Il faut dire qu’avec son côté Death/Folk/Viking, le groupe n’a de prime abord pas grand-chose à voir avec le côté Power plus traditionnel proposé par les autres groupes à l’affiche.
Pourtant, la musique d’Ensiferum comporte bien des éléments Power Metal, et c’est d’autant plus le cas depuis l’arrivée de Pekka Montin en 2020 au chant/clavier.
Si vous êtes un fidèle lecteur de PMF, vous savez surement qu’Ensiferum est l’un des groupes que nous aimons le plus, et manifestement, nous ne sommes pas les seuls car là aussi, la main stage du festival est bien garnie pour assister au show des Finlandais.
A l’image de sa musique, les concerts d’Ensiferum sont tranchants et directs : l’interaction avec le public ou la scénographie se limite au stricte nécessaire et le groupe enchaîne les plus gros morceaux de son répertoire face à un public venu pour en découdre.
Le dernier album du groupe s’offre une belle exposition avec l’incroyable « Winter Storm Vigilantes» en ouverture, « Fatherland » ou encore la ballade « Scars in my Heart », interprétée par Maria Nesh, chanteuse de Dragony, qui sera le seul moment de répit du concert.
Car pour le reste, Ensiferum est venu avec sa besace remplie de coups de massue : « Rum, Women, Victory », « Heathen Horde », « One More Magic Potion » ou évidemment « In My Sword I Trust », absolument rien ne manque à la setlist (allez, on pourrait citer « Twilight Tavern » et « Iron » pour chipoter).
Comme toujours, Ensiferum fait le boulot avec une efficacité redoutable et comme toujours, on ressort du concert en se disant que c’était décidément trop court !


