Chronique de « Beyond the Reach of Enchantment », nouvel album de Power Paladin
Power Paladin est de retour, et pas pour faire de la figuration. Après un premier album aussi flamboyant que « With The Magic of Windfyre Steel », qui avait mis tout le monde d’accord en 2022, les Islandais reviennent avec un second opus attendu au tournant. Pas de révolution dans les rangs : les six mêmes paladins sont toujours là, bien décidés à en découdre. Nouveau label en revanche, avec RPM (Reigning Phoenix Music), qui reprend le flambeau laissé par l’éphémère Atomic Fire.
Les braves paladins parviennent-ils à égaler la folie et le talent de leur premier opus ? Réponse tout de suite.
La chronique
Pour la promo de l’album, Power Paladin a dégainé, plusieurs semaines en amont, trois titres d’une envergure exceptionnelle. D’ailleurs, l’album s’ouvre avec le premier single « Sword Vigor ». Comme sur l’album précédent, Power Paladin débute avec un titre qui casse la baraque. « Sword Vigor » est un titre puissant, au rythme dévastateur, avec un solo tranchant et, toujours cette petite référence au rétro-gaming en guise de pont. Un incontournable.
Le morceau est présenté par le groupe comme la suite directe de « Kraven the Hunter », titre incontournable du premier album, ouvrant un nouveau chapitre de cette saga fantasy. Là où le premier posait la traque et l’épreuve, « Sword Vigor » amène la rédemption héroïque, avec l’arrivée d’un guerrier céleste maîtrisant l’art ancien du Sword Vigor.
Dans la même veine, « Glade Lords of Athel Loren ». Quel refrain ! Quelle puissance ! Un morceau qui mise tout sur l’efficacité rythmique, tout en continuant d’innover avec des sonorités de clavecin qui se marient délicieusement avec la basse et la guitare : un vrai parfum de classicisme. « Glade Lords of Athel Loren », c’est aussi un mélange des genres, alors que le guitariste de Black Metal Óskar Rúnarsson y va de son growl, comme sur le premier opus, ce qui offre un mélange death/power à la composition, un savant mélange que le groupe affectionne. Bref, une vraie madeleine de Proust, et une belle démonstration d’un hymne qui raconte les exploits des seigneurs de Laurelorn et leur combat héroïque pour vaincre les maîtres de la pierre et de l’acier.
Et pour le reste alors ? Je ne vais pas vous surprendre : c’est très solide.
« The Royal Road » se montre plus posé dans sa composition, mais reste terriblement accrocheur, au même titre que « Camelot Rock City ».
Attardons-nous sur l’un des titres les plus attendus de cet opus : « The Arcane Tower ». Une collaboration qui ne laisse pas indifférent, puisque l’on y retrouve le grand Tommy Johansson de Majestica. Au-delà de la démonstration technique, c’est surtout la rencontre vocale entre Tommy et l’excellent Atli Guðlaugsson qui fait toute la différence, donnant au morceau une puissance et une dimension solennelle redoutables. À écouter sans modération : du talent brut.
Enfin, l’album se referme sur deux titres fous, à commencer par « Keeper of the Crimson Dungeon », véritable tornade de décibels, portée une nouvelle fois par le travail impressionnant d’Atli et des chœurs qui poussent le morceau toujours plus haut.
Mais que dire de « Valediction », qui débute au doux son de la mandoline avant de déchaîner les ténèbres… Une ambiance presque thrash s’empare des paladins. Par moments, c’est limite du Metallica ! Du moins, si l’on excepte le refrain, bien plus marqué par l’ADN du groupe, et ponctué ici et là de growls parfaitement dosés.
Le pont fait monter la tension avant de laisser exploser le solo de clavier de Bjarni Egill Ögmundsson, qui ouvre la voie aux guitares d’Ingi Þórisson et de Bjarni Þór Jóhannsson.
Un titre long — près de dix minutes — mais qui ne laisse jamais place à l’ennui, naviguant brillamment entre thrash et power. Une conclusion parfaite : un au revoir, un adieu solennel, une fin de quête.


