Alestorm- The Thunderfist Chronicles

Chronique de « The Thunderfist Chronicles », nouvel album d’Alestorm

Nouvel album pour les pirates d’Alestorm, qui auront fort à faire pour redorer un étendard méchamment entaché par les derniers opus du groupe. L’album de la rédemption ? Voyons ça dans cette chronique…

On le sait tous : Alestorm est un groupe qui s’apprécie surtout en live. Parcourant inlassablement les scènes du monde entier, les Britanniques (à l’exception du guitariste) ne reviennent poser le pied sur la terre ferme que le temps d’enregistrer un nouvel album, histoire d’avoir de nouvelles munitions à balancer à leurs fans.

Malheureusement, si le groupe nous avait pondu un EP pas trop mauvais l’année dernière, il nous avait quand même laissé sur un précédent album, « Seventh Rum of a Seventh Rum » assez calamiteux en 2022 ; venant confirmer un déclin entamé après « No Grave but the Sea » en 2017, avec des compositions privilégiant le côté fun et goguenard à l’aspect plus « sérieux » de la piraterie.

Inutile dans ces conditions de préciser que nos attentes sur « The Thunderfist Chronicles » étaient donc assez modérées.

Un son plus moderne qui surprend 

L’album s’ouvre avec « Hyperion Omniriff » est la première chose qui frappe, c’est la sonorité assez inhabituelle pour un album d’Alestorm. Si l’on retrouve toujours les riffs d’accordéons classiques au genre, on est davantage surpris par l’aspect résolument moderne de la composition, qui se rapproche par moment de ce qui se fait chez le cousin Gloryhammer ; ressemblance qui s’aperçoit même dans le titre loufoque de la chanson.

« Hyperion Omniriff » se distingue aussi par sa rythmique affirmée, son tempo lourd et ses variations : le morceau se dote d’un refrain somme tout assez classique mais dispose d’un pont assez Pop, d’une partie très Death Metal et de solos là aussi plus acérés que d’habitude.

Un autre morceau de l’album, « Banana », se démarque lui aussi par son côté plus bourrin, avec quelques blasts du plus bel effet, qui nous font presque regretter que l’ensemble du morceau ne soit pas du même calibre.

D’une manière générale, on ressent des touches de modernité ici et là, avec des claviers et des arrangements parfois futuristes mais qui trouvent facilement leur place.

Les amateurs du son plus « authentique » d’Alestorm devront se contenter de « The Storm », qui s’impose comme l’une des belles réussites de l’album, que ce soit au niveau de la composition que de l’écriture.

Un sentiment général de lassitude

Car si Alestorm tente indéniablement de faire évoluer sa musique avec quelques bonnes idées, il retombe malheureusement très vite dans ses travers : « Goblins Ahoy ! » est une chanson sans intérêt que l’on croirait écrite sous IA et « Mountains of Deep » voit sa partie musicale gâchée par des paroles débiles à souhait. Un véritable sabordage en règle.

En réalité, c’est tout le concept même d’Alestorm qui semble arriver à bout de souffle, avec des riffs et des paroles qui se répètent inlassablement d’album en album : « On est des pirates, on boit du rhum et on fait la fête ». Si le groupe n’a jamais été très fin dans son écriture, il a su montrer par le passé des talents de conteur (« Captain Morgan’s Revenge », « Death Throes of the Terrorsquid », « Sunset on the Golden Age »…) qui ont pratiquement disparu aujourd’hui. Quant aux refrains et aux mélodies, ils ne sont plus aussi fédérateurs et ne suffisent plus à masquer la pauvreté de certaines paroles.

Un grand final qui remonte le niveau

Avec seulement huit titres au compteur, « The Thunderfist Chronicles » pourrait paraitre avare en contenu mais c’est oublier qu’Alestorm a pour habitude de conclure ses albums par un long morceau (c’est aussi le cas chez Gloryhammer). Et pour le coup, la tradition est respectée avec « Mega-Supreme Treasure of the Eternal Thunderfist », qui s’étend sur 17 minutes, un record pour le groupe, et une énorme prise de risque.

Finir avec un morceau qui occupe plus d’un tiers de l’album est en effet un exercice délicat, qui débouche souvent sur un enchainement de séquences musicales sans réelle cohérence. A notre grande surprise, Alestorm se montre assez à l’aise et semble renouer l’espace d’une chanson avec ses grandes épopées du temps jadis.

« Mega-Supreme Treasure of the Eternal Thunderfist » est un titre bien construit qui alterne les rythmes, les genres, les solos, les refrains… d’une manière assez intelligente et qui vient clairement nous réconcilier avec l’album. Si sa longueur pourrait en rebuter certains, il n’en reste pas que le morceau relève considérablement le niveau global d’un album qui aura soufflé le chaud et le froid.

Détails de l'album

Date de sortie :
20 juin 2025
Label :
Napalm Records
Genre :
Pirate Metal
Setlist :
1. Hyperion Omniriff 2. Killed to Death by Piracy 3. Banana 4. Frozen Piss 2 5. The Storm 6. Mountains of the Deep 7. Goblins Ahoy! 8. Mega-Supreme Treasure of the Eternal Thunderfist

NOTRE AVIS

« The Thunderfist Chronicles » est un album difficile à jauger. Indéniablement meilleur que son prédécesseur, il parvient à s’en éloigner et à proposer de bonnes idées, sans pour autant effacer les défauts récurrents aux derniers opus du groupe. Paradoxalement, Alestorm semble plus intéressant à écouter quand il s’éloigne de son style d’origine pour s’engouffrer dans un registre plus moderne et plus mordant. L’univers de la piraterie semble parfois brider la créativité du groupe, au point où l’on se demande si son avenir ne s’inscrit pas loin des océans et des bouteilles de rhum…
Composition
7
Arrangements
7
Écriture
6
AlexPMF
AlexPMF
Pirate des temps modernes chevauchant le monde sur son dragon, un violoncelle dans la main et une bouteille de bière dans l'autre. Mes références : Running Wild / Powerwolf / Gloryhammer / Rhapsody
« The Thunderfist Chronicles » est un album difficile à jauger. Indéniablement meilleur que son prédécesseur, il parvient à s’en éloigner et à proposer de bonnes idées, sans pour autant effacer les défauts récurrents aux derniers opus du groupe. Paradoxalement, Alestorm semble plus intéressant à écouter quand il s’éloigne de son style d’origine pour s’engouffrer dans un registre plus moderne et plus mordant. L’univers de la piraterie semble parfois brider la créativité du groupe, au point où l’on se demande si son avenir ne s’inscrit pas loin des océans et des bouteilles de rhum…Alestorm- The Thunderfist Chronicles