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Winterage : The Inheritance of Beauty

Désormais sous le pavillon de Scarlet Records, Winterage sort son second album “The Inheritance of Beauty”, dans les bacs le 15 janvier 2021. Amis des sonorités classiques, médiévales et de la folk irlandaise, cette chronique est pour vous. 

Après la sortie de leur premier album acclamé par la critique « The Harmonic Passage » et après avoir partagé la scène avec des groupes comme Angra, Moonspell, Elvenking, Dark Moor, Pathfinder, etc., Winterage est maintenant prêt à libérer son plein potentiel avec un nouvel album ambitieux : “The Inheritance of Beauty”. Puissant opus de Power Metal symphonique, il renferme de fortes influences issues de la musique folk irlandaise, du classique, et de l’époque médiévale.  

Parallèlement aux instruments classiques (guitares, basse, batterie), le groupe est connu pour deux choses : 

  • La présence dans son line-up d’un violoniste (Gabriele Boschi) qui joue du classique.
  • L’utilisation d’un orchestre symphonique et de nombreux chœurs pendant le processus d’enregistrement de leurs albums.  

“The Inheritance of Beauty” aborde une thématique très latine : le combat de la beauté contre la décadence. Lorsque la Vénus de Botticelli, qui représente l’art authentique, s’est retournée pour regarder notre monde, elle voit la décadence, l’oubli des valeurs de l’art et l’abandon de la nature.  

L’album a été mixé par Simone Coen et mastérisé par Jacob Hansen(Amaranthe, Epica, Fleshgod Apocalypse). 

La chronique 

Winterage, c’est avant tout offrir la possibilité à son orchestre symphonique de 50 musiciens de s’exprimer. Conduit par Vito Lo Re (connu pour son travail avec Rhapsody of Fire), il ouvre l’album avec le bien-nommé “Ouverture”, une introduction musicale qui donne un avant-goût de toutes les compositions de l’album qui nous attendent. Tout le vestiaire de Winterage y passe : sonorités classiques, folk irlandaise, consonnances médiévales, chœurs épiques. Le décor est planté. 

C’est le titre éponyme “The Inheritance of Beauty” qui lance la partie. Violons, arrangements soutenus, double pédale, nous avons affaire à un titre majeur de l’album avec Daniele Barbarossa (chant) qui prend sa plus belle voix de baryton pour donner le ton. C’est un vrai titre de Power Metal symphonique, un modèle du genre : on oscille entre l’épique et l’ambiance divine pour un morceau extrêmement varié, recherché, d’une complexité étonnante. Le solo de gratte (réalisé par Riccardo Gisotti) soutenu par le violon et les chœurs est une petite merveille. Le titre nous renvoi aux bons souvenirs de Rhapsody sans pour autant plagier grossièrement les maitres en la matière.

“The Wisdom of Us” emprunte un chemin vocal différent. Car oui, Daniele Barbarossa a cette capacité de pouvoir chanter sur plusieurs tableaux, passant du ton grave au ton clair avec une facilité déconcertante. Aussi bien construit que son prédécesseur, « The Winsdom of Us » prend peut-être plus l’accent irlandais en même temps de laisser une large place à la chorale et son orchestre. 

“Of Heroes and Wonders”, premier single de l’album, nous conduit sur le même registre. Il reste cependant plus linéaire (pour ne pas dire abordable) que ce que l’on a entendu jusqu’alors. Il s’agit d’un must de l’album ! La bataille des cordes entre la gratte et le violon est un moment fort de la composition. Et que dire du travail de Daniele Barbarossa au micro qui dévoile au fil de l’écoute son impressionnante palette vocale. 

“The Mutineers” est un morceau beaucoup plus marin que les autres. Poétique, il nous fait limite entrer dans la danse, le type de son qu’on entendrait facilement dans une fête médiévale. Mais crescendo, la gentille comptine va prendre une tournure plus guerrière et nous ramener sur un terrain qui s’apparente plus à la lie du Béhourd.   

C’est ensuite que l’album marque le pas. En effet, à l’approche de “Orpheus and Eurydice” nous mettons le doigt sur le gros problème de l’album : les titres sont beaucoup trop longs ! Le plus court “Of Heroes and Wonders” se conclut en 3 : 58 minutes (à noter qu’il s’agit du single). En moyenne, les titres avoisinent tous les 5 minutes d’écoute. Alors oui, chaque titre est complexe et ne s’arrête pas au banal chemin complet-refrain, ce qui fait la force de Winterage. Mais c’est aussi malheureusement sa faiblesse. Nous avons du mal à rester concentrer d’un bout à l’autre de l’album, trop riche et trop long. 

Néanmoins, Nous soulignons des passages forts avec notamment un duo baryton/soprano très efficace sur “Orpheus and Eurydice” et un très bon “Chain of Heaven” avec la plus belle joute à corde de l’album entre le violon de Gabriele Boschi et la guitare de Gianmarco Bambini. 

Mais on retombe vite dans les travers avec “La Morte di Venere” qui certes, met en lumière la talentueuse soprano Vittorina Leoni, mais j’ai toujours eu du mal à comprendre ce qu’apportent des morceaux purement issus du monde de l’opéra sur un album de Power symphonique…  

“Oblivion Day” vient tout de même nous rappeler où nous sommes, avec une dernière démonstration de force des transalpins.  

Enfin “The Amazing Toymaker” vient achever l’exercice en plus de 16 minutes (!!!). Une histoire qui met en scène un fabricant de jouer qui veut, à travers son travail, rendre au villageois sa créativité à travers le rêve et l’imagination. Une thématique assez inspirée de celles qu’utilisent notamment Blind Guardian (cf. “Imaginations From The Other Side”). Intéressant dans sa construction, il s’agit d’un titre tout à fait à part, porté par un narrateur, et qui peut être écouté indépendamment de l’œuvre globale. Il s’agit ni plus ni moins d’un acte d’une pièce de théâtre. 

Sortie : 15 janvier 2021
Label : Scarlet Records
Genre
: Power symphonique

1. Ouverture
2. The Inheritance of Beauty
3. The Wisdom of Us
4. Of Heroes and Wonders
5. The Mutineers
6. Orpheus and Eurydice
7. Chain of Heaven
8. La Morte di Venere
9. Oblivion Day
10. The Amazing Toymaker

NOTRE AVIS

Globalement, "The Inheritance of Beauty" est une réussite. Winterage est parvenu à se créer une identité, un son caractéristique mêlant des sonorités classiques, médiévales et folk irlandaises, le tout en utilisant les codes de l'opéra. Bref, les italiens se sont construit une image de marque ! Attention cependant à ne pas trop en faire. “The Inheritance of Beauty” est un album riche, complexe, très bien orchestré mais peut-être un peu trop long à l’écoute et donc difficile à suivre jusqu’au bout finalement. Mais qu’importe ! Le résultat est à la hauteur des attentes. On prend du plaisir à écouter cet album qui rappelons le, a été mastérisé par le grand Jacob Hansen (Amaranthe, Epica, Fleshgod Apocalypse). Winterage continue sa marge de progression, et semble prendre le bon cap...
Composition
7
Arrangements
8
Écriture
7
FabPMF
FabPMF
Né d’un amour interdit entre un conteur nain et un dragon femelle, je n’ai jamais cessé de me passionner pour les Histoires épiques de l’Humanité qu’elles se soient produites sur notre monde ou dans les grimoires de l’enchanteur Eusæbius… Mes références : Sabaton / Helloween / Blind Guardian / Demons & Wizards

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Globalement, "The Inheritance of Beauty" est une réussite. Winterage est parvenu à se créer une identité, un son caractéristique mêlant des sonorités classiques, médiévales et folk irlandaises, le tout en utilisant les codes de l'opéra. Bref, les italiens se sont construit une image de marque ! Attention cependant à ne pas trop en faire. “The Inheritance of Beauty” est un album riche, complexe, très bien orchestré mais peut-être un peu trop long à l’écoute et donc difficile à suivre jusqu’au bout finalement. Mais qu’importe ! Le résultat est à la hauteur des attentes. On prend du plaisir à écouter cet album qui rappelons le, a été mastérisé par le grand Jacob Hansen (Amaranthe, Epica, Fleshgod Apocalypse). Winterage continue sa marge de progression, et semble prendre le bon cap...Winterage : The Inheritance of Beauty