
Ensiferum est de retour avec un 8ème album sur le thème des mers et des océans : « Thalassic », distribué par Metal Blade Records. Trois ans après leur dernier opus, les finlandais s’offrent une petite révolution avec l’arrivée récente de Pekka Montin au clavier et au chant. Un événement loin d’être anecdotique…
L’histoire d’Ensiferum est faite de rebondissements. C’est simple : du lineup originel, ne reste que Markus Toivonen, fondateur du « porteur d’épée », en 1995. Même si les autres membres font partie de l’aventure depuis un moment (Petri Lindroos et Sami Inkka en 2004, et Janne Parviainen en 2005), le poste de claviériste a été soumis à quelques mouvements récents avant que Pekka Montin ne brigue le poste, en 2020.
Malgré le remarquable travail réalisé par ses prédécessrices (Meiju Enho et Emmi Silvennoinen), celui de Pekka Montin fait entrer Ensiferum dans une autre dimension. Car Montin n’est pas qu’un simple claviériste : En plus d’être bon musicien, c’est aussi un excellent chanteur.
Cette arrivée est aussi synonyme d’une nouvelle organisation. Dès lors, le chant clair sera assuré par Pekka Montin et le chant guttural revient, comme toujours, au légendaire Petri Lindroos. Ce nouveau duo offre une toute nouvelle dynamique à la formation sur le plan artistique. Si le clavier a toujours eu un rôle essentiel chez Ensiferum, ici, les talents vocaux de Montin vont faire toute la différence. En effet, sa voix haute et claires font définitivement passer Ensiferum sur un registre Heavy/Power.
Tout au long de l’album, Montin et Lindroos vont se donner la réplique, chacun excellant dans son registre, pour un résultat éblouissant. Le meilleur exemple de cet Ensiferum « nouveau cru » reste sans doute le titre « Run From The Crushing Tide » qui peut être vécu comme une véritable bataille de vocalistes. Et le final de ce morceau mes enfants, ce final… est à couper le souffle ! Épique à souhait.
Comme tout bon album qui se respecte, « Thalassic » est d’abord passé par la case promotion avant de nous être jeté en pâture. Metal Blade Records choisissait alors les deux excellents singles « Rum, Women, Victory » et « Andromeda ». Si le premier mettait en avant l’efficacité connue et tranchante de Ensiferum (avec un growl assumé et des harmonies chantantes), le second introduisait bien mieux ce nouveau virage emprunté par les finlandais avec un Pekka Montin au chant clair et puissant qui vole presque la vedette à Petri Lindroos.
Cette tendance se renforce avec « The Defence of The Sampo ». Ici, seul Montin à les honneurs de nous conter la légende finlandaise du Sampo, artefact volé par une sorcière apportant fortune à son possesseur. La balade « One With The Sea » est elle aussi intégralement attribuée au claviériste.
Néanmoins, pas d’inquiétude. Avec ce nouvel album, Ensiferum ne crache pas pour autant sur ce qui a fait son succès, en témoigne ses lignes de grattes et de basse à la fois agressives et mélodiques, charismatiques de Markus Toivonen (guitare), principal compositeur avec Sami Inkka (basse). Petri Lindroos, l’identité vocale du groupe, occupe toujours une large place au micro avec talent et efficacité.
Autre preuve qu’Ensiferum tient à son héritage : le titre de 8 min 41 « Cold Northland », troisième partie de la saga « Väinämöinen » initiée en 2001, sur le premier album de la formation. Une véritable démonstration de force, à la fois brutale et mélodique, le tout porté pour le growl inimitable de Lindroos, Montin assurant le clavier et n’intervenant au chant que sur le refrain. Une manière, peut-être, de remettre les pendules à l’heure, ou de contenter les fans de la première heure. « Cold Northland », est une petite merveille qui vient conclure un album remarquable, symbole d’un nouveau cap pour Ensiferum.

Sorti le 10 juillet 2020
Label : Metal Blade Records
Genre : Epic / Folk /Power
01. Seafarer’s Dream
02. Rum, Women, Victory
03. Andromeda
04. The Defence of the Sampo
05. Run from the Crushing Tide
06. For Sirens
07. One with the Sea
08. Midsummer Magic
09. Cold Northland (Väinämöinen Part III)


