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Rhapsody of Fire – The Eighth Mountain

Oyez Oyez braves gens ! « Rhapsody of Fire » est de retour avec un douzième album studio au titre mystérieux, « The Eighth Mountain », qui marque le commencement d’une nouvelle saga et la confirmation de Giacomo Voli au chant. Avec ce nouvel opus, l’objectif de la formation italienne est très clair : renouer avec son illustre passé en opérant un retour aux sources et s’installer sur la durée avec un line-up solide. Pari réussi ? Réponse tout de suite.

Pour les fans de Power Metal, le nom de Rhapsody of Fire (et de Rhapsody tout court) évoque forcément l’âge d’or du power symphonique de la fin des années 90 et du début des années 2000, période que le groupe a marqué au fer rouge avec son incroyable « Saga de l’Epée d’Emeraude ».

Depuis, Rhapsody of Fire s’est beaucoup cherché, en multipliant les changements de line-up, les essais malheureux (« Dark Wings of Steel » en 2013) ou les éclairs de génies (« Into the Legends » en 2016). Les transalpins reviennent donc aujourd’hui avec une nouvelle saga (L’Empire des Néphélimes) et beaucoup d’ambition mais sans Fabio Lione, l’iconique chanteur étant parti en 2016 avant de rejoindre son compère Luca Turilli (parti lui en 2011) dans un side-project concurrent. Niveau chant, c’est désormais à Giacomo Voli de tenir la baraque. Le garçon n’est pas un total inconnu puisqu’il officiait déjà sur « Legendary Years », un best-of de chansons réenregistrées sorti en 2017. De la formation originelle ne reste donc qu’Alex Staropoli au clavier.

La chronique

L’album s’ouvre avec « Abyss of Pain », une courte piste instrumentale très « Rhapsodienne » qui fait la part belle aux chœurs et aux arrangements. À ce titre, sachez que le groupe n’a pas fait les choses à moitié en s’associant à l’orchestre symphonique national Bulgare pour l’enregistrement des cordes. A l’oreille, le résultat est plus puissant et sonne forcément plus réaliste que des arrangements numériques.

« Abyss of Pain » amène parfaitement « Seven Heroic Deeds », morceau nerveux qui met d’emblée les choses au clair : Rhapsody of Fire compte bien récupérer son trône et sa gloire d’antan. Entre guitares virevoltantes, clavier, chœurs et latin, tout y est. Sur le plan vocal, Giacomo Voli impose également sa patte, n’hésitant pas à durcir sa voix et à lui donner par moment un timbre proche du black metal. Une très bonne idée. La chanson introduit également un mystérieux et diabolique personnage dont le projet est de conquérir le monde. Ça promet !

L’histoire se prolonge ensuite avec le très intéressant «Master of Peace », qui nous présente un héros torturé entre son désir de voir un monde en paix et la nécessité de recourir à la guerre pour l’obtenir. « All victories have a price » (toutes les victoires ont un prix) clame ainsi Giacomo Voli, dont l’interprétation apporte beaucoup de profondeur et de gravité au morceau.

C’est ensuite à « Rain of Fury » de faire une entrée fracassante dans nos oreilles avec la encore un morceau qui vient prouver à l’auditeur que le savoir-faire de Rhapsody of Fire est demeuré intact. Riffs épiques et refrain accrocheur sont donc de mise ici. Il faut dire que l’on assiste là au combat entre le terrible Seigneur de Guerre et notre héros, armé de sa puissante épée d’or surnommée «Rain of Fury ». Du Rhapsody pur jus, jusque dans les paroles.

Après cette débauche d’énergie, le groupe nous offre une petite pause avec « White Wizard », titre aux airs mélancoliques en forme d’hommage au magicien blanc, personnage vraisemblablement disparu (peut-être lors de la bataille racontée dans la chanson précédente) mais qui semble malgré tout doté de pouvoirs lui permettant de communiquer avec les vivants. Sans surprise la chanson se veut ici plus épurée et les violons tiennent une place prépondérante.

Place ensuite à « Warrior Heart », autre titre naviguant à mi-chemin entre la power ballade et le conte médiéval et qui se démarque par sa mélodie au clavecin et à la flûte. Comme depuis le début, les arrangements orchestraux subliment l’ensemble nous offrant là une autre très belle pièce. Quant à notre héros, il doit à nouveau faire face à un dilemme quand un soldat ennemi implore son aide sur le champ de bataille.

Nous pouvons souligner ici le gros travail d’écriture qui vise à proposer des personnages moins manichéens et d’avantage en proie au doute.

L’album se poursuit avec « The Courage to Forgive », morceau qui joue à nouveau la carte de la surabondance de chœurs, de solos, d’instruments… un cocktail certes généreux mais qui s’avère malgré tout moins inspiré que les autres. On retrouvera d’ailleurs les mêmes travers un peu plus loin avec « Clash of Times ».

C’est un peu également le cas de la piste qui suit, « March Against the Tyrant », la power ballade de l’album qui, sans être mauvaise, traîne un peu en longueur (près de 10 minutes). La faute à des changements de rythmes trop brutaux et à une partie narrative un peu trop présente. Dommage.

Heureusement, les Italiens en avaient gardé sous le pied avec notamment l’excellentissime « The Legend Goes On » sur lequel tout est simplement parfait. « La légende continue » nous dit-on et pour le coup on veut bien y croire.

La fin approche et c’est étonnement une autre ballade qui prend le relais. « The Wind, the Rain and the Moon » est la chanson la plus dépouillée de l’album, à l’exception de son outro. A l’échelle de Rhapsody of Fire, on pourrait pratiquement parler de morceau acoustique. Giacomo Voli se montre la dans un autre registre, plus sensible.

L’album ne pouvait cependant pas se clôturer de la sorte et c’est une dernière pièce monstrueuse qui sert de bouquet final. Avec ses 11 minutes, « Tales of Hero’s Fate » s’impose comme le morceau le plus singulier et original de l’album. L’orchestre vrombit, les chœurs sonnent la charge, Giacomo Voli passe en revu toutes ses gammes et le reste du groupe impose un tempo infernal…

… et d’un coup, silence. Une voix grave prend alors la parole.

C’est celle de Christopher Lee, l’illustre interprète de Saroumane et narrateur historique de Rhapsody, décédé en 2015, qui nous livre ce qui est sûrement sa dernière contribution avec le groupe.

Cette intervention finale nous permet d’en apprendre plus sur l’histoire passée et à venir.

Après avoir dominé le monde, l’Empire des Néphélimes est tombé et les hommes ont regagné leur liberté. Bannis des siècles durant dans les abysses, les Néphélimes ont été libérés et ont noué une alliance avec une race très évoluée appelée les Constructeurs. Ensemble, ils anéantirent l’espèce humaine. Mais malgré ce génocide, le rêve de l’Humanité reviendra…

NOTRE AVIS

Nous attendions ce nouvel opus de Rhapsody of Fire avec un mélange d’impatience et de crainte. Disons le tout de suite : « The Eighth Mountain » est un bon album qui signe le retour du groupe dans un univers dans lequel il excelle : celui des grandes sagas héroïques. Le style grandiloquent et exubérant de Rhapsody est bien présent. Parfois même un peu trop. Certaines compositions manquent ainsi d'inspiration : à trop vouloir s’inspirer de son passé, Rhapsody of Fire s’est peut-être un peu auto-plagié par moment. Il nous aura en tout cas fallu plusieurs écoutes pour apprécier pleinement les qualités de cet opus Soulignons également la performance au chant de Giacomo Voli qui parvient à se détacher de son illustre prédécesseur en imposant son propre style. Bref, Rhapsody of Fire part sur des bases très solides et on a déjà hâte de connaitre la suite.
Composition
6,5
Arrangements
7
Écriture
7
AlexPMF
AlexPMF
Pirate des temps modernes chevauchant le monde sur son dragon, un violoncelle dans la main et une bouteille de bière dans l'autre. Mes références : Running Wild / Powerwolf / Gloryhammer / Rhapsody

2 Commentaires

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Nous attendions ce nouvel opus de Rhapsody of Fire avec un mélange d’impatience et de crainte. Disons le tout de suite : « The Eighth Mountain » est un bon album qui signe le retour du groupe dans un univers dans lequel il excelle : celui des grandes sagas héroïques. Le style grandiloquent et exubérant de Rhapsody est bien présent. Parfois même un peu trop. Certaines compositions manquent ainsi d'inspiration : à trop vouloir s’inspirer de son passé, Rhapsody of Fire s’est peut-être un peu auto-plagié par moment. Il nous aura en tout cas fallu plusieurs écoutes pour apprécier pleinement les qualités de cet opus Soulignons également la performance au chant de Giacomo Voli qui parvient à se détacher de son illustre prédécesseur en imposant son propre style. Bref, Rhapsody of Fire part sur des bases très solides et on a déjà hâte de connaitre la suite.Rhapsody of Fire - The Eighth Mountain