
Sami Hinkka, bassiste et pilier d’Ensiferum, nous a accordé une longue interview pour nous parler du prochain album du groupe, de son parcours et nous partager sa vision sur le metal. Une interview passionnante, avec un artiste aussi talentueux qu’abordable…
Interview réalisée le 11 avril 2026
Vous êtes en tête d’affiche d’un festival très orienté Power Metal. Pensez-vous que certains aspects de votre musique puissent être liés à ce genre ?
Absolument. Le Power Metal est un genre avec lequel nous avons tous grandis. On pourrait dire qu’Iron Maiden est plutôt du Heavy Metal, mais bon, c’est aigu et puissant, c’est pratiquement du Power !
Helloween et ce genre de groupes ont toujours occupé une place importante. Blind Guardian a été une influence majeure pour Markus lorsqu’il a fondé Ensiferum.
Je pense qu’il y a toujours eu des éléments Power Metal dans la musique d’Ensiferum depuis le premier album, comme sur Guardians of Fate. C’est très typé Power. Surtout sur le deuxième album, Janne utilisait déjà des voix Power Metal. Et heureusement, nous avons maintenant Pekka dans le groupe depuis quelques albums. C’était vraiment l’élément qui nous manquait, car Markus et moi aimons chanter, mais nous ne sommes pas des chanteurs professionnels. Quand Pekka a rejoint le groupe, c’était agréable, en tant que compositeur, d’avoir un instrument de plus à ajouter à la musique.
Justement, comment l’arrivée de Pekka en 2020 a-t-elle contribué à l’évolution du style du groupe ?
Eh bien, quand Pekka est arrivé, les chansons de Thalassic (2020) étaient pratiquement terminées. Bien sûr, il a influencé les lignes vocales, le producteur aussi, mais je dirais que sur Winter Storm (2024), il a eu beaucoup plus son mot à dire et a apporté plus d’idées — ce que nous faisons toujours, car la composition est un effort collectif chez nous.
J’en suis super heureux, même si Winter Storm était un album un peu plus progressif. Je dirais que sur le prochain album, nous pourrons encore plus exploiter sa voix, et pas seulement dans le registre Power Metal, car ce gars a fait du gothique et du rock, et il a même commencé comme chanteur de « harsh vocals » (chant saturé), donc il sait aussi faire ça. On verra bien, pour le prochain album, on va peut-être lui botter les fesses pour qu’il varie encore plus son chant clair.
Vous avez donc déjà des idées pour le prochain album ?
Oui, nous y travaillons. Nous n’avons pas le choix, car il nous faut énormément de temps pour composer un album.
Peux-tu nous en dire plus sur votre façon de travailler ?
C’est un processus lent. Je pense que l’écart moyen entre les albums est de trois ans.
Mais pour nous, il s’agit surtout de trouver l’arrangement parfait. Quand nous composons, tout le monde peut apporter des idées. Par exemple, si j’apporte une mélodie ou un riff de guitare, je le donne aux gars et on voit ce qu’on peut en tirer. Ensuite, on retourne le truc dans tous les sens : « Ok, changeons certains accords, et si on changeait le rythme ? Au lieu d’un 4/4, passons en 6/8 ? Testons différents styles, changeons de tonalité peut-être pour que ce soit plus facile pour le chant. » C’est la beauté du processus d’Ensiferum, mais c’est aussi ce qui le rend très lent.
Parlons du dernier album. L’une de ses caractéristiques est d’être basé sur un roman que tu as écrit, dans un univers d’Heroic Fantasy. Peux-tu nous en dire plus ?
Tout vient de la période du COVID. C’était une période très difficile. Mais de ce désespoir, Markus a commencé à composer. Pour moi, en tant que parolier, c’était vraiment dur. J’avais des tas d’idées, je les testais sur les démos, mais tout semblait « collé » par-dessus. Ça ne collait pas à la musique. Parce que Markus avait des idées vraiment grandioses pour cet album. À un moment, il a dit : « Faisons un album avec une seule chanson de 60 minutes« . Je lui ai répondu : « C’est toi qui veux écrire les paroles ? » (rires).
Mais on est arrivés à un point avec les démos où on ne pouvait plus avancer sans paroles et arrangements vocaux, car cela influence le reste de la partition instrumentale. Et là, j’avais la tête vide. Je devais aussi avoir un boulot stable à côté qui me prenait huit ou neuf heures par jour. Je me suis dit : « Ok, je vais peut-être lire certains de mes livres de fantasy préférés et écrire des paroles sur ce thème« . Et puis je me suis souvenu de ce livre de fantasy que je prévoyais d’écrire. Je me suis demandé si je pouvais en prendre un petit morceau, quelques personnages, et les mettre dans ce concept. J’ai commencé à écouter la démo sous cet angle et j’ai réalisé que oui, tel thème musical correspondait à telle partie du livre. J’ai exposé l’idée aux gars et ils étaient juste contents que j’aie retrouvé l’inspiration. Ils m’ont dit : « Vas-y, fonce, écris ce que tu veux« .

Ce qu’on adore chez Ensiferum, c’est votre capacité à évoluer tout en gardant votre style. Si on écoute One Man Army (2015) puis Thalassic, on reconnaît le style, mais ce ne sont pas les mêmes albums. Comment gérez-vous cet équilibre entre les fans qui veulent du neuf et ceux qui veulent le son classique ?
Le truc, c’est qu’on n’est pas obligé d’aimer tout ce qu’un groupe fait. J’ai mes groupes préférés, et parfois certains de leurs nouveaux trucs sont nuls, puis deux albums plus tard, ils sortent un pur joyau. Ça arrive. Pour moi, la musique n’est pas un culte. Je suis un grand fan d’Iron Maiden et des Red Hot Chili Peppers. Ils ont tous les deux, peut-être pas des albums, mais des chansons où je me dis « bof ». Mais ces groupes m’ont façonné en tant que musicien et en tant qu’être humain.
C’est pareil pour les fans d’Ensiferum. Je dis toujours que les anciens albums sont là, et chaque album est le reflet des deux années qui ont précédé sa sortie. Sur Winter Storm, il n’y a pas de chanson joyeuse pour boire, parce qu’il a été écrit pendant le COVID. On ne savait pas ce qui allait se passer. Je pense que c’est un album très sombre dans l’histoire d’Ensiferum.
Oui, comparé à Thalassic…
Exactement. Thalassic était très léger. C’était le bord de mer, c’était facile, plein d’inspiration et de vie. Je dirais qu’on est très égoïstes sur ce point. On ne calcule pas tant que ça. Je pense qu’Ensiferum a déjà commis plusieurs fois un « suicide commercial », comme en faisant Ace of Spades avec une partie disco et ce genre de choses. On fait juste ce qui nous semble bon et amusant à jouer.
Cette partie disco est bizarre et super cool en même temps. Quelle est l’histoire derrière ?
Ça semblait être une bonne idée, avec les sifflets, et puis on a fait venir ce chanteur finlandais pour participer. Ça nous a paru fun.
Mais y a-t-il une limite que vous refusez de franchir ?
C’est une bonne question.
Après le disco, vous pouvez tout essayer !
On n’a pas encore trouvé cette limite. Mais ce n’est pas intentionnel, on ne se dit pas qu’on doit absolument faire des trucs super bizarres. On écrit les chansons et on voit ce qui se passe. C’est peut-être trop tôt pour le dire, mais pour l’instant, les ébauches du prochain album me semblent un peu plus « terre-à-terre ». Mais il nous manque encore quelques idées brutes. Si on prévoit 10 chansons, on en a peut-être 5 ou 6 pour le moment. Il y a donc encore une chance que des trucs fous arrivent !
Si on reste sur cette thématique, depuis plusieurs années, le metal semble « évoluer » avec de plus en plus de groupes utilisant des parties Pop ou Electro.
Penses-tu que ce soit une bonne direction ?
Les choses évoluent. Si on regarde le rock et le metal, dans les années 70, le prog était mainstream. Il y a eu cette étude qui disait que de nos jours, dans la musique pop, il faut avoir l’accroche dans les 20 premières secondes, sinon les gens changent de station ou zappent la chanson. Cela a changé la façon dont les gens consomment la musique.
La musique live a changé aussi. En tant que petit groupe finlandais, on ne peut jamais rien avoir de plus sur scène, en terme de scénographie je veux dire, et ça craint.
Mais je trouve ça cool que les groupes fassent aujourd’hui beaucoup plus d’efforts sur leurs shows live. Bien sûr, c’est une arme à double tranchant car les gens sont habitués à voir des putains de tanks sur scène comme Sabaton ou de la pyrotechnie digne de Rammstein. Pour un petit groupe, c’est genre : « On a pu s’offrir le backdrop, est-ce que c’est suffisant ? » (rire)
Mais penses-tu qu’Ensiferum ait besoin d’écrans ou d’un lightshow ?
On a besoin de tout ça pour l’effet « WOW ! ». Un bon technicien lumière, c’est quelqu’un qui sublime le spectacle. Savoir utiliser l’obscurité aussi… Tout à coup le noir complet… En tant que fan, quand tu regardes un concert, tu ne réalises pas forcément que les lumières sont si importantes.
Tu n’es donc clairement pas d’accord avec ceux qui disent que le Metal est mourant ?
On me disait déjà en 2010 que le Folk Metal était en train de mourir. Je me disais : « Quoi ?« . On n’est pas Metallica, mais nos ventes et nos streams sont très stables. On a à peu près toujours le même nombre de personnes aux concerts. Bien sûr, la dure réalité c’est qu’on ne jouera jamais dans des stades, mais c’est pas grave. Le metal est un business de plusieurs milliards, bien sûr. Mais ça reste une niche comparé à la pop. Et le Folk Metal est une niche dans la niche. Donc ça n’atteindra jamais le niveau des stades. Et c’est ok !

Reparlons d’Ensiferum. Le premier album a fêté ses 25 ans il y a quelques mois. Avec le recul, que penses-tu de la carrière du groupe jusqu’à présent ?
C’est dingue. Complètement fou. Il faudrait demander ça à Markus, qui a fondé le groupe quand il avait 15 ou 16 ans. Mais en tant que membre présent depuis 2005, c’est un immense privilège. Pour moi, Ensiferum a toujours été un groupe de live. D’un côté, c’est fou. Je joue de la basse depuis mes 11 ans, j’ai commencé en 1989 quelque chose comme ça.
Pourquoi avoir commencé la basse ? Quel est ton modèle ?
J’ai deux grands frères, donc j’ai grandi avec le Heavy Metal et le Rock. Quand j’avais 10 ans, mon autre frère était déjà adolescent et il était super bon. Il jouait du Yngwie Malmsteen, il était déjà phénoménal à cet âge. Il avait l’air tellement cool. Je voulais jouer avec lui. Je savais que je ne serais jamais un aussi bon guitariste. Il m’a juste dit : « Tu veux jouer de la basse ?« . Puis il m’a montré du Iron Maiden en live. J’en écoutais déjà, mais je n’avais jamais analysé. Il m’a dit : « Regarde, ça c’est Steve Harris. Tu entends ce qu’il fait ? Il fait ça« . C’était trop cool. Il était tellement classe. J’ai donc toujours été un bassiste, pas un guitariste raté !
Et c’était un bon choix. Comme je viens d’une petite ville, j’étais l’un des seuls bassistes car tout le monde voulait être guitariste ou batteur. Je me souviens d’une année où il y avait sept groupes, et je jouais dans cinq d’entre eux ! Parce qu’il n’y avait pas de bassistes. Je jouais du funk, de la pop, du death metal…
Votre discographie regorge de classiques comme « Iron », « In My Sword I Trust », « Lai Lai Hei », « One More Magic Potion », « Andromeda »… Mais selon toi, laquelle est la meilleure ou la plus emblématique d’Ensiferum ?
Eh bien, je dirais en fait la première chanson du nouvel album Winter Storm Vigilantes, même si elle est assez longue et progressive, elle contient tous les éléments d’Ensiferum. Ça commence par une super mélodie, il y a du chant saturé, du chant clair, un peu de chœurs, des orchestrations assez pompeuses. Il n’y a pas beaucoup d’instruments folk sur celle-là, mais je choisirais « Winter Storm Vigilantes ».
En plus d’Ensiferum, tu joues dans Metal De Facto. Qu’est-ce que cela t’apporte par rapport à ton travail avec Ensiferum ?
Pour en revenir à mes débuts, j’ai toujours aimé Helloween. Un de mes plus beaux souvenirs récents est de les avoir vus en live. Ils étaient super bons. Keeper of the Seven Keys est un album qui m’a construit quand j’étais gosse. Pour Metal De Facto, Helloween est absolument une pierre angulaire. On n’a pas honte de l’admettre. La différence, c’est qu’Ensiferum a des éléments Power Metal, mais avec Metal De Facto, on y va à fond. Et je pense que le processus de composition est plus intuitif. C’est beaucoup moins analytique, ça marche vraiment au feeling.
Au cours de notre discussion, tu as dit deux fois que la scène finlandaise était très petite. Pourtant, la Finlande est le pays qui compte le plus de groupes de metal par habitant au monde. Comment expliques-tu cela ?
C’est une question difficile.
Je pense que ça revient à la nature : être si haut dans le nord, quand il fait froid et sombre, ce n’est pas vraiment le scénario optimal pour faire du reggae (rires). C’est pas vraiment genre : « Oh ouais cool, il fait encore -20° !« .
La Finlande était la périphérie de l’Europe. On nous a laissés seuls dans la forêt. Tout le monde s’en foutait. La Suède avait un royaume riche, une vie plus chic depuis des centaines d’années, alors que nous, on essayait juste de survivre grâce au bois et aux champs, et il neigeait la moitié de l’année donc on mourait presque tout le temps.
Je ne sais même pas pourquoi nos ancêtres sont allés là-bas. Ils voulaient être en paix, je suppose. Parce que la Finlande est pratiquement une île si on y réfléchit. Ils voulaient peut-être juste qu’on leur foute la paix. « Allez vous faire foutre, on s’en va là-bas« . Peut-être que cela résonne encore dans la mentalité finlandaise à travers le temps, et peut-être que ça colle avec le metal, je ne sais pas. C’est une spéculation très profonde qui n’a aucune racine réelle, donc ne prenez pas ça trop au sérieux !
Mais ce que je peux dire sur la France par contre, c’est que vous avez le public le plus dingue du monde. Je ne dis pas ça pour faire plaisir… je veux dire, tous les groupes le disent à chaque ville, mais je dois dire que les Français, et aussi la communauté française de l’est du Canada, sont fous.
As-tu un rituel avant de monter sur scène ?
Je suis généralement le dernier à me préparer. Certains gars sont prêts plus d’une heure avant, mais je sais que chacun, dans sa tête, suit son propre rituel. C’est pour ça que j’aime être le dernier, comme ça j’ai les cinq dernières minutes seul en coulisses pour me mettre dans l’ambiance.
Je n’ai pas besoin qu’on me le rappelle, mais je me souviens de la période COVID. C’était en France, on faisait le Hellfest « From Home ». C’était une époque si bizarre.
Aujourd’hui, c’est facile de regarder en arrière car le monde est à nouveau ouvert, mais tout le monde était si mal. Je me souviens être assis devant l’hôtel, nous étions probablement les seuls clients. Chacun avait sa chambre, avec un masque, seul. J’étais dehors avec une bouteille de vin, un bon Chablis ou quelque chose comme ça, et le tour-manager arrive. Je lui ai dit : « Quand cette merde sera finie, si elle finit un jour, je ne prendrai plus jamais un seul concert pour acquis« . Non pas que je l’aie déjà fait, mais être là, jouer au Hellfest sans aucun public… je me suis dit que si on revenait à la normale, je chérirais chaque concert dans mon cœur.
Pour moi qui joue dans un groupe de live, l’énergie vient de la foule. S’il n’y a pas de public, c’est comme tourner un clip vidéo. Entre les chansons, on entendait les grillons.
C’était pas un putain de concert de metal.
ENGLISH VERSION
Sami Hinkka, bassist and cornerstone of Ensiferum, sat down with us for a long interview to discuss the band’s upcoming album, his career path, and his vision of metal. A fascinating interview with an artist as talented as he is approachable…
You are headlining a festival that is very Power Metal-oriented. Do you think certain aspects of your music are linked to this genre?
Sami: Absolutely. Power Metal is a genre we all grew up with. You could say Iron Maiden is more Heavy Metal, but hey, it’s high-pitched and powerful—it’s practically Power Metal! Helloween and those kinds of bands have always held an important place. Blind Guardian was a major influence on Markus when he founded Ensiferum.
I think there have always been Power Metal elements in Ensiferum’s music since the first album, like on « Guardians of Fate. » It’s very « Power » in style. Especially on the second album, Janne was already using Power Metal vocals. And fortunately, we’ve had Pekka in the band for a few albums now. He was really the missing piece, because Markus and I love to sing, but we aren’t professional singers. When Pekka joined, it was wonderful as a composer to have one more « instrument » to add to the music.
Speaking of which, how has Pekka’s arrival in 2020 contributed to the evolution of the band’s style?
Sami: Well, when Pekka arrived, the songs for Thalassic (2020) were practically finished. Of course, he influenced the vocal lines, as did the producer, but I’d say on Winter Storm (2024), he had much more of a say and brought more ideas—which is what we always do, as songwriting is a collective effort for us.
I’m super happy about it, even if Winter Storm was a bit more of a progressive album. I’d say on the next record, we’ll be able to exploit his voice even more, and not just in the Power Metal register. This guy has done Gothic and Rock, and he even started as a « harsh vocals » singer, so he knows how to do that too. We’ll see; for the next album, we might kick his butt so he varies his clean singing even more.
So you already have ideas for the next album?
Sami: Yes, we’re working on it. We don’t have a choice, because it takes us a massive amount of time to compose an album.
Can you tell us more about your writing process?
Sami: It’s a slow process. I think the average gap between albums is three years. But for us, it’s mostly about finding the perfect arrangement. When we compose, everyone can bring ideas. For example, if I bring a melody or a guitar riff, I give it to the guys and we see what we can do with it. Then, we turn the thing inside out: « Okay, let’s change some chords, what if we changed the rhythm? Instead of 4/4, let’s go to 6/8? Let’s test different styles, maybe change the key so it’s easier for the vocals. » That’s the beauty of the Ensiferum process, but it’s also what makes it very slow.
Let’s talk about the last album. One of its features is being based on a novel you wrote in a Heroic Fantasy universe. Can you tell us more?
Sami: It all came from the COVID period. It was a very difficult time. But out of that despair, Markus started composing. For me, as a lyricist, it was really hard. I had tons of ideas, I tested them on the demos, but everything felt « glued » on top. It didn’t fit the music. Markus had really grandiose ideas for this album. At one point, he said: « Let’s make an album with a single 60-minute song. » I told him: « You want to be the one to write the lyrics? » (laughs).
We reached a point with the demos where we couldn’t move forward without lyrics and vocal arrangements, because that influences the rest of the instrumental score. And my head was empty. I also had a steady day job at the time that took up eight or nine hours a day. I thought: « Okay, maybe I’ll read some of my favorite fantasy books and write lyrics on that theme. » And then I remembered this fantasy book I was planning to write. I wondered if I could take a small piece of it, a few characters, and put them into this concept. I started listening to the demo from that angle and realized that yes, this musical theme matched that part of the book. I pitched the idea to the guys and they were just happy I’d found inspiration again. They told me: « Go for it, write whatever you want. »
What we love about Ensiferum is your ability to evolve while keeping your style. If we listen to One Man Army (2015) and then Thalassic, we recognize the style, but they aren’t the same albums. How do you manage that balance between fans who want something new and those who want the classic sound?
Sami: The thing is, you don’t have to like everything a band does. I have my favorite bands, and sometimes some of their new stuff sucks, then two albums later, they release a pure gem. It happens. For me, music isn’t a cult. I’m a big fan of Iron Maiden and the Red Hot Chili Peppers. They both have—maybe not albums—but songs where I think « meh. » But these bands shaped me as a musician and as a human being.
It’s the same for Ensiferum listeners. I always say the old albums are there, and each album is a reflection of the two years preceding its release. On Winter Storm, there are no happy drinking songs, because it was written during COVID. We didn’t know what was going to happen. I think it’s a very dark album in Ensiferum’s history.
Yes, compared to Thalassic…
Sami: Exactly. Thalassic was very light. It was the seaside, it was easy, full of inspiration and life. I’d say we are very selfish on this point. We don’t calculate that much. I think Ensiferum has already committed « commercial suicide » several times—like doing « Ace of Spades » with a disco part and that kind of stuff. We just do what feels good and fun to play.
That disco part is weird and super cool at the same time. What’s the story behind it?
Sami: It seemed like a good idea with the whistles, and then we brought in this Finnish singer to participate. It just felt fun to us.
But is there a line you refuse to cross?
Sami: That’s a good question.
After disco, you can try anything!
Sami: We haven’t found that limit yet. But it’s not intentional; we don’t tell ourselves we absolutely must do super weird stuff. We write the songs and see what happens. It might be too early to say, but for now, the drafts for the next album seem a bit more « down-to-earth. » But we’re still missing a few raw ideas. If we’re planning 10 songs, we have maybe 5 or 6 at the moment. So there’s still a chance that some crazy stuff will happen!
On that theme, for several years now, metal seems to be « evolving » with more and more bands using Pop or Electro parts. Do you think this is a good direction?
Sami: Things evolve. If you look at Rock and Metal, in the 70s, Prog was mainstream. There was this study that said nowadays, in pop music, you have to have the hook in the first 20 seconds, otherwise people change the station or skip the song. That has changed the way people consume music.
Live music has changed too. As a small Finnish band, we can never have anything « extra » on stage in terms of scenography, and that sucks. But I find it cool that bands today put much more effort into their live shows. Of course, it’s a double-edged sword because people are used to seeing f***ing tanks on stage like Sabaton or Rammstein-level pyrotechnics. For a small band, it’s like: « We could afford the backdrop, is that enough? » (laughs).
But do you think Ensiferum needs screens or a lightshow?
Sami: We need all of that for the « WOW! » effect. A good light technician is someone who sublimates the show. Knowing how to use darkness too… suddenly complete blackness… As a fan, when you watch a concert, you don’t necessarily realize that the lights are so important.
So you clearly don’t agree with those who say Metal is dying?
Sami: People were already telling me in 2010 that Folk Metal was dying. I was like: « What? ». We aren’t Metallica, but our sales and streams are very stable. We have roughly the same number of people at the concerts. Of course, the harsh reality is that we’ll never play in stadiums, but that’s okay. Metal is a multi-billion dollar business, of course. But it remains a niche compared to pop. And Folk Metal is a niche within a niche. So it will never reach stadium levels. And that’s okay!
Let’s talk about Ensiferum again. The first album celebrated its 25th anniversary a few months ago. Looking back, what do you think of the band’s career so far?
Sami: It’s nuts. Completely crazy. You’d have to ask Markus, who founded the band when he was 15 or 16. But as a member since 2005, it’s an immense privilege. For me, Ensiferum has always been a live band. On one hand, it’s crazy. I’ve been playing bass since I was 11; I started in 1989 or something like that.
Why did you start the bass? Who is your role model?
Sami: I have two older brothers, so I grew up with Heavy Metal and Rock. When I was 10, my other brother was already a teenager and he was super good. He played Yngwie Malmsteen; he was already phenomenal at that age. He looked so cool. I wanted to play with him. I knew I’d never be that good a guitarist. He just said: « Do you want to play bass? ». Then he showed me Iron Maiden live. I was already listening to them, but I’d never analyzed it. He said: « Look, that’s Steve Harris. Do you hear what he’s doing? He does that. » It was so cool. He was so classy. So I’ve always been a bassist, not a failed guitarist!
And it was a good choice. Since I come from a small town, I was one of the only bassists because everyone wanted to be a guitarist or drummer. I remember one year where there were seven bands, and I played in five of them! Because there were no bassists. I played funk, pop, death metal…
Your discography is full of classics like « Iron, » « In My Sword I Trust, » « Lai Lai Hei, » « One More Magic Potion, » « Andromeda »… But in your opinion, which is the best or most emblematic of Ensiferum?
Sami: Well, I would actually say the first song of the new album, « Winter Storm Vigilantes. » Even though it’s quite long and progressive, it contains all the elements of Ensiferum. It starts with a great melody, there’s harsh vocals, clean vocals, some choirs, and rather pompous orchestrations. There aren’t many folk instruments on that one, but I would choose « Winter Storm Vigilantes. »
In addition to Ensiferum, you play in Metal De Facto. What does that bring you compared to your work with Ensiferum?
Sami: To go back to my beginnings, I’ve always loved Helloween. One of my best recent memories is seeing them live. They were super good. Keeper of the Seven Keys is an album that built me when I was a kid. For Metal De Facto, Helloween is absolutely a cornerstone. We aren’t ashamed to admit it. The difference is that Ensiferum has Power Metal elements, but with Metal De Facto, we go all out. And I think the songwriting process is more intuitive. It’s much less analytical; it really works on feeling.
During our discussion, you said twice that the Finnish scene was very small. Yet, Finland is the country with the most metal bands per capita in the world. How do you explain that?
Sami: That’s a tough question. I think it comes down to nature: being so far north, when it’s cold and dark, it’s not really the optimal scenario for making reggae (laughs). It’s not really like: « Oh yeah cool, it’s -20° again! ».
Finland was the periphery of Europe. We were left alone in the forest. Everyone cared less. Sweden had a rich kingdom, a fancier life for hundreds of years, while we were just trying to survive thanks to wood and fields, and it snowed half the year so we were almost dying all the time. I don’t even know why our ancestors went there. They wanted to be at peace, I guess. Because Finland is practically an island if you think about it. They probably just wanted to be left alone. « F*** you, we’re going over there. » Maybe that still resonates in the Finnish mentality through time, and maybe that fits with metal, I don’t know. It’s very deep speculation with no real roots, so don’t take it too seriously!
But what I can say about France, on the other hand, is that you have the craziest audience in the world. I’m not just saying that to be nice… I mean, every band says it in every city, but I have to say that the French, and also the French community in Eastern Canada, are crazy.
Do you have a ritual before going on stage?
Sami: I’m generally the last to get ready. Some guys are ready more than an hour before, but I know that everyone, in their head, follows their own ritual. That’s why I like being the last one, so I have the final five minutes alone backstage to get into the mood.
I don’t need to be reminded, but I remember the COVID period. It was in France, we were doing Hellfest « From Home. » It was such a weird time. Today, it’s easy to look back because the world is open again, but everyone was doing so poorly. I remember sitting in front of the hotel; we were probably the only guests. Everyone had their own room, with a mask, alone. I was outside with a bottle of wine—a good Chablis or something like that—and the tour manager arrived. I told him: « When this s*** is over, if it ever ends, I will never take a single gig for granted again. » Not that I ever did, but being there, playing Hellfest without any audience… I told myself that if we got back to normal, I’d cherish every concert in my heart.
For me, playing in a live band, the energy comes from the crowd. If there’s no audience, it’s like filming a music video. Between the songs, we could hear the crickets.
It wasn’t a f***ing metal concert.


