Sabaton à l’Accor Arena de Paris : un show pour l’Histoire

Hier, Sabaton était de passage à l’Accor Arena, pour la première des deux dates françaises de son « Legendary Tour ».

Cette tournée marque un tournant majeur dans la carrière du groupe : habitué jusqu’à présent à jouer au Zenith de la Villette et ses 6.000 places, Sabaton s’est retrouvé sur la mythique scène de « Bercy », devant près de 20.000 fans déchainés. Un exploit quand on connait la relation difficile entre la France et le Power Metal et qui vient prouver le statut à part de Sabaton dans le milieu.

Le dernier concert du groupe remontait en 2023 au Zenith donc. Alors en pleine bourre avec deux excellents albums sur la Grande Guerre, Sabaton nous avait livré un spectacle magistral, avec figurants et scénographie proche de la fresque historique.

Pour son grand retour dans l’hexagone, Sabaton nous avait promis un show exceptionnel, avec l’appui du « Legendary Orchestra ». Et il n’avait pas menti.

THE LEGENDARY ORCHESTRA

Dès l’entrée dans la salle, ce qui choque immédiatement c’est l’incroyable décor qui trône sur la scène : plus de tank ni de fil barbelé mais à la place, un immense château-fort avec ses tours, ses remparts et ses oriflammes. Impressionnant.

Pour assurer sa première partie, Sabaton a décidé d’innover en proposant un show symphonique interprété par son « Legendary Orchestra ». On retrouve ainsi sur scène une chorale d’une dizaine de chanteurs, accompagnés par des cuivres, des instruments à cordes ou des percussions. Trois « frontwomen » assurent également le show : Patty Gurdy à la vielle à roue, Mia Asano au violon et Noa Gruman au chant lead.

Comme prévu, le « Legendary Orchestra » propose une réinterprétation symphonique des chansons de Sabaton et la claque est immédiate dès les premières notes de musique : l’orchestre apporte une puissance phénoménale aux morceaux, en leur donnant un souffle épique. C’est grandiose.

De « Bismark » à « Sarajevo », en passant par « Sparta » ou « Swedish Pagans », on redécouvre les grands succès de Sabaton sous un nouvel angle et avec une énergie différente : que ce soit les musiciens ou les chanteurs, on ressent la passion qui les anime sur chaque titre et tout cela se transmet directement au public.

Le « Legendary Orchestra » est une superbe idée, et ce n’était que le début…

SABATON ENTRE DANS LA LÉGENDE

Vers 20h30, les lumières de Bercy s’éteignent. Tout le monde a les yeux rivés sur la scène principale, sauf que c’est au milieu de la fosse, sur une scène secondaire, que l’action se déroule : juché sur son piédestal, Napoléon Bonaparte fait son apparition pour saluer le public français déjà chaud comme la braise. Ce dernier est très vite rejoint par Genghis Khan, puis par Jules César, les trois comparses se disputant le titre de la plus grande légende militaire de l’Histoire. C’est finalement Jacques de Molay, entouré de sa garde de Templiers, qui viendra mettre tout le monde d’accord : « l’Histoire n’est pas uniquement faite pour être remémorée, elle doit également se vivre ». A cet instant, les cinq templiers qui l’accompagnent retirent leur casque : les membres de Sabaton apparaissent et attaquent « Templars ».

Au même moment, un pont-passerelle monumental commence à descendre des hauteurs de la salle, permettant aux membres du groupes de rejoindre la scène principale en passant au-dessus de la fosse. Tout le monde est scotché par cette arrivée triomphale et par les moyens monumentaux déployés par le groupe.

Sans surprise, « Templars » s’avère une entrée en matière parfaite, surtout avec l’enchainement sur « The Last Stand », qui évoque la même thématique. L’intensité monte encore d’un cran avec le spectaculaire « Hordes of Khan » mais surtout avec « I, Emperor », chanson dédiée à Napoléon. Pour l’occasion, l’Empereur fait son retour sur scène, accompagné par des soldats qui viendront tirer des coups de canons sur la dernière partie de la chanson.

Comme toujours, la scénographie de Sabaton est impressionnante, avec la présence d’acteurs et de décors spécifiques sur plusieurs chansons : explosions sur « Stormtroopers » ou encore percussions sur « A Tiger Among Dragons », avec un Joakim Broden à la guitare pour l’occasion. Le groupe enchainera également les costumes ; et que dire de la batterie qui s’élèvera à plusieurs reprises au-dessus de la scène !

Sur « The Attack of the Dead Men”, Joakim Broden débarque avec son célèbre masque à gaz. Le pont refait son apparition, le groupe traverse une première fois la fosse par les airs, avant de revenir en traversant directement la fosse !

On retrouvera également les chœurs du Legendary Orchestra sur différents titres, comme le magnifique « Christmas Truce » ou encore « Soldier of Heaven », apportant encore davantage de force à un show qui n’en manquait pourtant pas.

Au niveau de la setlist, Sabaton a évidemment sorti les classiques, comme « Primo Victoria », « The Red Baron », « Carolus Rex » (en Suédois) ou « To Hell and Back », mais également des morceaux moins souvent interprétés, comme « The Art of War » ou « Steel Commanders ». On pourra cependant regretter l’absence de « Ghost Division » ou « Swedish Pagans » (mais ces morceaux ont été interprétés durant la première partie).

A l’issue du concert, une conclusion unanime s’impose : Sabaton nous a balancé un show époustouflant aussi bien visuellement que musicalement, avec des moyens techniques hors-norme, qui nécessitent une équipe de pratiquement 200 techniciens ! Les Suédois ont clairement franchi un nouveau palier, en prenant possession de l’une des plus grandes salles Françaises et en la transformant en terrain d’expression à la hauteur de leurs ambitions.

Toujours plus grand, toujours plus épique, toujours plus fort, Sabaton vient tout simplement de délivrer l’une des plus grandes prestations scéniques de l’histoire du Power Metal.

LEGENDAIRE !

Résumé

Setlist :
1. Templars 2. The Last Stand 3. Hordes of Khan 4. I, Emperor 5. Crossing the Rubicon 6. Carolus Rex 7. The Red Baron 8. Stormtroopers 9. A Tiger Among Dragons 10. Christmas Truce 11. Soldier of Heaven 12. The Attack of the Dead Men 13. Night Witches 14. Primo Victoria 15. Steel Commanders 16. The Art of War 17. To Hell and Back 18. Masters of the World
AlexPMF
AlexPMF
Pirate des temps modernes chevauchant le monde sur son dragon, un violoncelle dans la main et une bouteille de bière dans l'autre. Mes références : Running Wild / Powerwolf / Gloryhammer / Rhapsody