L’Epic Fest était de retour les 10 et 11 avril derniers avec une quatrième édition remarquable à tous les points de vue, et particulièrement grâce à une programmation une nouvelle fois exceptionnelle.
Clairement, le « petit » festival Danois s’est définitivement imposé comme le meilleur au monde en matière de Power Metal. Et oui, rien que ça !
Crédit photos : Marine Fougeray alias mlleflamantrose – Power Metal France

LOST DAWNING
Jeune groupe de Power Metal Symphonique suédois, Lost Dawning a eu l’occasion de produire pour la quatrième édition de l’Epic Fest au Gimle dès le début du second jour.
Tout ce que l’on sait d’eux, c’est qu’ils ont sorti un EP de 3 titres nommé « Embers Of Dusk » en 2022, et ils l’ont bien entendu interprété. Deux d’entres ont introduit le show : « Fire Alone » et « Next Level ». Le troisième « Burning Stars » a été joué après un titre inédit « Solace in Flames » encore inconnu en version studio.
Les actuels derniers singles « Cry of the Dragonborn » et « Little Eye » ont eu leur place sans surprise. A vrai dire, le groupe est encore jeune, ils ont très peu de titres à leur actif en ce moment-même. En ce qui nous concerne, on a trouvé ça intéressant mais on attend de voir si on peut être surpris à l’avenir. Pour l’instant on a trouvé ça juste correct.

VICTORIUS
Débranchez votre cerveau et ne cherchez pas à comprendre le rapport entre un dinosaure, un samouraï et des voyages dans l’espace : Victorius était sur la scène de l’Epic Fest avec pour mission de vous faire chanter tout et n’importe quoi mais avec talent et bonne humeur.
Ce concert au Danemark est le premier de la tournée « Tour of the Strong » (qui se déroule presque exclusivement en Allemagne), célébrant l’arrivée du nouvel album du groupe, « World War Dinosaur », sorti le 17 avril, soit quelques jours après le concert.
En pleine promotion, les Allemands ont donc largement interprété les nouveaux morceaux de l’album, avec pas moins de sept titres, dont certains inédits, comme « March to War », qui s’annonce excellent. La recette est connue : des mélodies accrocheuses, des morceaux courts et percutants et une énergie scénique pour propulser l’ensemble. Simple, efficace.
Sur scène, le kitch est pleinement assumé, que ce soit au niveau des armures en plastique ou des lunettes à LED mais le groupe dispose d’un talent certain pour rendre l’ensemble fun et d’une efficacité redoutable. Le public déjà convaincu de l’Epic Fest se montre également un partenaire de jeu efficace, n’hésitant pas à scander les refrains de « Dinosaur Warfare » ou « Super Sonic Samuraï », les deux gigas tubes de Victorius.
Le show passe à une vitesse supersonique, les Allemands sont rodés à l’exercice et l’ambiance est folle. En clair, un super show pour démarrer la journée !

TWILIGHT FORCE
Voir Twilight Force à l’Epic Fest sonne comme une évidence, tant l’univers Heroic Fantasy du groupe colle parfaitement à celle du festival.
La formation menée par Alessandro Conti se présente sur la scène principale devant un public venu en masse, signe de l’immense popularité dont bénéficie le groupe depuis plusieurs années.
Il faut dire que Twilight Force s’est progressivement imposé comme un acteur majeur du Power Metal, dont il est à bien des égards l’un des meilleurs représentants.
Le concert s’ouvre d’ailleurs avec le titre « Twilight Force », hymne Power par excellence et qui donne une belle indication sur l’ambiance ahurissante qui va régner dans la fosse pendant une heure. C’est simple : le public va chanter, danser, pogoter, hurler… sans interruption, dans un joyeux bordel organisé.
Côté scène, le groupe affiche une belle complicité, malgré des gros changements de line-up en 2024. Alessandro Conti confirme qu’il est bel et bien un des meilleurs vocalistes actuel et gère le set avec expérience : les tubes s’enchaînent, du léger « Dragonborn » aux spectaculaires « Valley of the Vale » ou« Enchanted Dragon of Wisdom », Twilight Force propose un bel aperçu de sa discographie.
Alors qu’un album est en cours de préparation, le groupe offre un beau cadeau aux fans en interprétant pour la première fois en live « Magic of a New Dawn », premier extrait du futur opus.
La cerise sur la gâteau est évidemment « Dawn of the Dragonstar », la chanson la plus emblématique du groupe, qui vient clôturer un set exceptionnel et malheureusement trop court.
Twilight Force a une nouvelle montré sa stature de véritable vitrine du Power Metal et on a hâte de les revoir !

SONATA ARCTICA
C’était la tête d’affiche du festival ! Un grand nom qui a connu une multitude de fans par la qualité de leurs débuts et qui a su réconcilier ses fans d’antan par un retour aux sources il y a deux ans. Sonata Arctica en tête d’affiche cette année, croyez-nous ça a attiré du monde !
Ils arrivent sur scène et une foule débordante d’énergie les acclame, « Paid in Full » est lancé. Choix étonnant car c’est un morceau assez lent pour démarrer un show… Après des applaudissements, Tony Kakko bêle dans le micro et tout le monde a compris le signal de « Black Sheep » qui a dynamisé davantage le public.
Se sont enchainés deux titres plus récents extérieurs à ceux qu’on attendait : « I Have a Right » et « Closer to an Animal ». Pour le premier, il n’y a aucun souci, il s’agit d’un bon morceau en vrai et il met l’ambiance. Quant au second, le groupe aurait pu le remplacer par un autre des débuts sans problème.
Fort heureusement, après ça on a eu droit uniquement à des titres d’anthologie dont trois d’« Ecliptica », le chef-d’œuvre du groupe également un chef-d’œuvre de l’histoire du Power Metal.
« 8th Commandment » a fait bouger les foules dans un grand pogo jusqu’à se reposer sur le mid-tempo « Replica ». Bien sûr, on s’en doute mais l’autre titre du même album n’est autre que l’hymne du groupe « Fullmoon » dont tout le monde a chanté du début à la fin les paroles par cœur !
Il y a eu de belles surprises qu’on n’a pas eu en live depuis longtemps tels que le grandiloquent « White Pearls, Black Oceans… » passé trop vite tant la longueur semble inexistante, ou encore l’excellent « Victoria’s Secret » qui mériterait d’être joué plus souvent tellement il s’agit à la fois d’un tube et d’un hymne.
Hélas, alors qu’on pensait être encore loin de la fin, alors que le public brûlait d’énergie, le concert approchait déjà à sa fin avec « Don’t Say a Word ». Ce morceau conclue toujours merveilleusement bien, suivi de la fin « Vodka » où le groupe nous fait crier ce mot avec toujours autant de joie, mais on était tous d’accord pour dire que c’était trop tôt, ça ne pouvait pas être déjà fini.
Dix morceaux seulement c’était trop court, surtout pour une tête d’affiche. C’est un point négatif qui vient gâcher un show d’excellente qualité. Mais bon, Sonata Arctica c’était très bien en live. Depuis le retour aux sources, le groupe a littéralement regagné en énergie et arrive à la faire ressentir à son public et ça c’est quand même un exploit !

DARK MOOR
Voilà un groupe qui a attiré de nombreux fans de Power Metal à l’Epic Fest cette année ! Les raisons sont simples : Dark Moor est le premier nom espagnol à s’être imposé durant l’âge d’or du genre. Ils ont connu une certaine fanbase. Enfin, c’était aussi une des rares occasions de les voir en live sachant qu’ils ne sortent quasiment jamais de l’Espagne.
Quand on a interrogé les gens autour de nous, ils étaient très nombreux à nous dire qu’ils attendaient avec impatience de voir Dark Moor en live. Mais leurs attentes étaient malheureusement beaucoup trop élevées puisque presque tout le monde en est ressorti déçu.
Même si les musiciens savaient globalement bien jouer (n’oublions pas qu’ils ont connu un certain succès à leurs débuts malgré tout), ils n’ont interprété que très peu de classiques du passé. Et encore, le plaisir ne se faisait pas ressentir à 100% du côté des fans. Par exemple, « The Chariot » qui était acclamé n’a pas fait bouger tant que ça la foule.
Aussi, le groupe n’a joué que 9 morceaux et ils avaient encore 30 minutes devant eux. Ce qui est du temps de perdu pour un concert qui aurait pu être meilleur. A croire que Dark Moor a voulu expédier le show… C’est franchement dommage, qu’est-ce qui a sérieusement pu se passer pour que ce soit aussi mauvais et décevant ?…

ROY KHAN
A l’instar de Fabio Lione l’an dernier, Roy Khan était sur les devants de la scène en tant que chanteur solo pour défendre les classiques de Kamelot durant la belle époque où il était dans le groupe. Tout comme le chanteur emblématique italien, il avait sa petite troupe de musiciens mais également un chœur d’enfants sur le côté.
Même si ce n’était pas autant rempli que pour Fabio Lione l’année précédente, Roy Khan a bien réussi à attirer du monde étant donné que la période de gloire de Kamelot a marqué de nombreux fans de Power Metal.
Justement, le chanteur a réussi à faire plaisir aux fans en interprétant principalement des titres de « The Black Halo », le chef-d’œuvre de Kamelot. L’hymne du groupe « When the Lights are Down » a démarré le concert et les fans étaient conquis.
Pour rester dans la même veine, d’autres titres du même album comme « Moonlight », « Soul Society » ou bien « The Haunting (Somewhere in Time) » ont su maintenir la bonne ambiance.
De plus, le long morceau « Memento Mori » n’a pas lassé une seconde ses fans tant la technicité d’antan était au rendez-vous.
« Karma » et « Epica » font partie des albums phares de Kamelot, aux côtés de « The Black Halo ». Des classiques de ces deux albums ont bien entendu été joués. « Center of the Universe » pour « Epica », puis plus tard pour « Karma » le titre éponyme ainsi que l’excellent hymne « Forever ».
Roy Khan s’est également penché du côté de « Ghost Opera », un autre bon album de l’époque avec « Rule the World ». Le titre éponyme a aussi servi de rappel, jusqu’à conclure avec le classique « March of Mephisto ». Le concert était court, ce n’était pas le meilleur du festival mais on aura passé un bon moment. En tout cas, ça aura satisfait les fans de Kamelot de première heure.

HAGANE
Dernier groupe du festival, Hagane était une belle surprise a conclu l’Epic Fest de façon étonnamment remarquable.
Hagane est un quatuor japonais 100% féminin dont la technicité musicale est plus que maîtrisée à travers un style de Power Metal influencé de la vague allemande sans négliger les héritages traditionnels propres à leur culture.
Il s’agissait là de leur premier concert hors du Japon, c’était une découverte pour quasi tout le monde mais dès les premières notes de « Start Our Journey » on a d’emblée été conquis.
C’était très propre musicalement, c’était rapide, mélodique et puissant, ça envoyait du lourd ! Le public bougeait, secouait sa tête et sautait au milieu d’un pogo déchaîné.
En plus du single interprété avec maestria en guise d’ouverture, d’autres titres de ce dernier album « Top Of The Tower » ont été joués tels que « Out of the Darkness » ou « Records of Tsurugi ».
Peu importe l’atmosphère qui se dégageait au niveau des morceaux, que ce soit plus sombre, plus Heavy ou comme généralement plus rapide et mélodique, les foules étaient très satisfaits de cette découverte.
L’interprétation de tout leur EP précédent « Life Goes On! » a su convaincre de la qualité du groupe. Le titre éponyme a conclu par la magie de cette hymne le meilleur festival de Power Metal de tous les temps !
En tout cas, une conclusion épique aussi originale et exceptionnelle que celle-ci, avec un groupe qui sort du lot parmi tant d’autres, ça nous convient parfaitement !


