Après 13 ans d’absence sans nouvel album à l’horizon, Masterplan est enfin de retour et semble avoir retrouvé une inspiration qui avait disparu depuis une vingtaine d’années… « Metalmorphosis », sans réellement surprendre, a quand même le luxe d’obtenir une place sur le podium des meilleurs albums du groupe !
Masterplan, référence connue dans l’ombre
Masterplan est un groupe qui peut être familier à tout ancien fan de Power Metal et totalement indifférent pour les plus jeunes. Fondé par le guitariste Roland Grapow et le batteur Uli Kusch, connus pour avoir été dans Helloween durant les années 90, il s’agit d’un projet dans lequel ces deux membres ont cherché à s’exprimer librement après leur départ.
Le premier album du nom simple de « Masterplan » avait marqué les fans de Power Metal à sa sortie au début des années 2000, soit encore durant une période dorée du genre en pleine ébullition. Masterplan est une référence de Power connue pour cet album mais surtout pour avoir été fondé par d’anciens membres de Helloween, car petit à petit le groupe est vite passé dans l’ombre aux yeux de beaucoup.
Ensemble moderne retravaillé
13 ans sans nouvel album, Masterplan est confronté face à un défi, celui de retrouver ne serait-ce qu’une légère notoriété. Le dernier album en date « Novum Initium » n’a pas convaincu un large public, et entre temps, le groupe n’a sorti qu’un album de reprises de Helloween « PumpKings » avec uniquement des titres écrits par Roland Grapow à l’époque.
Il faut aussi avouer que le premier album du groupe est le seul à être excellent… Le second « Aeronautics » s’en sortait pas trop mal non plus mais suite à ça, les sorties restaient correctes mais sans plus. Y a-t-il encore quelque chose à tirer de Masterplan ? Voyons cela !
Comme depuis les derniers opus, le groupe continue de jouer avec des guitares plus Heavy avec un son plus moderne, mais quand on écoute les premières notes de « Chase the Light », cet ensemble a l’air retravaillé depuis les précédents opus. On y retrouverait carrément un côté Hard Rock/Heavy traditionnel d’aujourd’hui comme peuvent le faire certains groupes allant de The Unity ou encore Astral Doors.
Sur cet aspect moderne, Masterplan accentue une atmosphère pesante avec des morceaux mid-tempo tels que « Shadow Man » et son refrain qui apporte une certaine éclaircie, ou bien « Bound to Fall » qui joue sur le même caractère en se voulant néanmoins toujours plus sombre au fil de sa progression.
Là où on peut être surpris, c’est par le dernier single de l’album « The Call ». Il s’agit d’un morceau de 8 minutes qui varie plusieurs ambiances parmi des passages Heavy, des sons de synthé qui nous font planer, des solos de guitare qui naviguent entre sons clairs et saturés, ainsi qu’un refrain lumineux qui fonctionne très bien sans pour autant être un hymne.
Retour à des morceaux mémorables
Et oui Masterplan arrive de nouveau à proposer des morceaux mémorables, « Metalmorphosis » comprend des titres que l’on peut garder en mémoire après l’avoir écouté. Ce n’était pas le cas depuis les débuts du groupe, il semblerait qu’ils réussissent à attirer notre attention, ce qui était peine perdue pendant longtemps.
L’avant-dernier single « Electric Nights » gagne en vitesse et renoue avec le Power Metal par ses mélodies et son refrain. Le morceau « Through the Storm » accentue encore plus le côté Power du groupe en passant à la vitesse supérieure sans négliger un caractère joyeux et convaincant, se démarquant comme l’hymne de l’album.
Même si le style des guitares a changé, même si on ne retrouve pas cette atmosphère qui faisait le charme du groupe sur le premier album, on arrive à accrocher d’une autre façon ce dernier opus. Les morceaux « Pain of Yesterday » et « Metalmorphosis » apportent une saveur particulière en plus, le premier est joué mid-tempo sur un mode orientale, quant au second va jouer sur différents tempos avec des sonorités au synthé variant entre l’électro et d’autres plus orientaux encore une fois.
Tout cet ensemble que l’on retrouve au fil de l’album se ressent à travers le morceau final « Rise Again ». Ayant fait office de premier single plus de deux ans avant la sortie de l’album, les guitares Heavy modernes, la place du synthé omniprésente, le passage de couplets lourds à un refrain épuré de toute obscurité, ce dernier titre donne de l’espoir à un groupe qui sombrait et conclut bien l’album.


