Chronique de « Aetherbound », nouvel album de Dreamtale
La Finlande est depuis longtemps reconnue comme l’une des terres du Power Metal. Si Stratovarius ou Sonata Arctica figurent parmi les références, Dreamtale est également l’un des groupes importants du Power Finlandais, avec plus de 25 ans de carrière au compteur. Malgré d’excellents opus dans sa discographie, Dreamtale n’a cependant jamais connu le succès qu’il aurait mérité, la faute notamment à un line-up souvent remanié et à l’absence d’un gros label pour promouvoir le groupe.
Après un gros reboot en 2019, Dreamtale nous avait proposé en 2022 un magnifique album, « Everlasting Flame », et revient donc aujourd’hui avec un opus forcément très attendu.
Un album qui varie les styles
Pour ceux qui ne connaîtraient pas très bien Dreamtale, le groupe produit un Power Metal mélangeant les différents courants du genre. On y retrouve ainsi des claviers façon Stratovarius, des riffs Heavy façon Helloween ou encore des sonorités plus modernes comme chez Beast in Black.
Sans surprise donc, «Aetherbound » offre une palette musicale assez large, qui commence avec le riff lourd et le tempo soutenu de « No Tomorrow », un pur titre de Power, soutenu par un gros refrain. Les amateurs du genre trouveront également leur bonheur avec « Tales of Dreams » « Cosmic Play », deux autres morceaux qui visent juste, avec des arrangements au clavier qui rappellent très clairement les classiques Finlandais.
Incontestablement, Dreamtale n’a rien perdu de son sens de la mélodie et la plupart des morceaux bénéficient d’un gros travail à ce niveau, en particulier lors des solos claviers/guitares souvent très inspirés, à l’image de « Blackwind Arms ». Ici, pas besoin d’être un spécialiste pour deviner qu’il s’agit d’un groupe finlandais, le style étant pleinement caractéristique du Power Nord-Européen.
La pépite de l’album reste cependant « Mirror Mirror », qui coche toutes les cases de ce qu’on aime entendre chez Dreamtale, avec notamment un super refrain, de belles harmonies et une véritable puissance musicale. « Mirror Mirror » se présente peut-être comme l’une des meilleures chansons de Power Metal de l’année. Le seul bémol sera à mettre au niveau de la prestation de Nitte Valo, qui pousse sa voix au-delà de ses capacités et tranche avec la prestation solide de son comparse Jarno Vitri.
Des morceaux sans intérêt qui posent problème
Comme expliqué en préambule, Dreamtale est un groupe qui aime varier les inspirations et les styles. Si l’idée fonctionne bien la plupart du temps, il en ressort quand même quelques sorties de route bien violentes.
Si un morceau devait symboliser à lui seul cet accident de parcours, ce serait sans hésitation « Battleheart », une sorte d’union contre-nature entre de l’eurodance, de la Pop et du Power, comme on pourrait en trouver chez Dynazty, mais avec beaucoup moins de réussite. La chanson aurait été écrite par le groupe dans le but de représenter la Finlande à l’Eurovision, ce qui pourrait expliquer son intérêt musical proche de zéro mais certainement pas sa présence dans un album de Power.
Le problème, c’est que Dreamtale nous a préparé deux autres morceaux du même calibre avec « See You Again » et « Thunderpath » en fin d’album, qui est peut-être le moins mauvais du trio…
Tout est une question de goût, mais il faut bien avouer que le groupe se montre beaucoup moins inspiré dans ce registre et ces trois titres ratés, couplés à une ballade sans saveur (« The Wave of Time »), viennent plomber l’album et sont en décalage avec le reste des compositions.


