Chronique de « Armageddon », nouvel album de Warkings
Encore un nouvel album pour Warkings, qui maintient un rythme de production élevé, malgré des résultats pas toujours au rendez-vous…
Persévérance.
Si les guerriers masqués de Warkings et les valeureux rédacteurs de Power Metal France devaient partager une valeur, ce serait bien celle-ci.
Depuis 2018, le groupe nous abreuve régulièrement d’un nouvel album (cinq en sept ans, une belle moyenne) ; et depuis 2018, nous nous efforçons d’écouter et de chroniquer patiemment chacune de ces nouvelles sorties.
Quantité et qualité faisant rarement bon ménage, l’exercice s’est souvent montré pénible, Warkings ayant la sale habitude de ressortir inlassablement les mêmes recettes et finalement, les mêmes chansons.
Mais chez PMF, on en a vu d’autre, et vu que le groupe a sorti récemment « Armageddon », nous voilà de retour derrière nos claviers.
Des bonnes idées et des morceaux efficaces
Rappelons-nous, en 2022, Warkings nous avait laissé sur « Morgana », un album sensiblement meilleur que ses prédécesseurs, avec des bonnes idées malheureusement sous-exploitées. Trois ans plus tard, « Armageddon » suit peu ou prou la même trajectoire.
A peine annoncé, l’album s’était laissé approcher avec la sortie de la chanson titre « Armageddon », confirmant ce que l’on savait déjà : si Warkings ne gagnera pas le prix de l’originalité, il reste capable de sortir des morceaux qui font le travail. Certes, l’ensemble est calibré et convenu, mais après cinq albums, difficile d’être surpris. Warkings produit de la musique qui plait à un certain public, pas forcément en quête de l’album de l’année ni trop regardant sur les paroles, mais qui lui en donne pour son argent.
Pour apporter un peu de nouveauté, Warkings fait appel à d’autres formations de chez Napalm Records pour l’accompagner sur plusieurs morceaux. On retrouve ainsi Orden Ogan sur le très bon « Genghis Khan » ou encore Dominum sur « Hangman’s Night », là aussi un morceau qui fonctionne. Les riffs sont efficaces, les refrains font leur boulot et la production est évidemment carrée.
Comme souvent, les bonnes surprises se cachent là où on les attend le moins. En l’occurrence sur «Stahl auf Stahl », dernier morceau de l’album. Épaulé du groupe de Folk Subway to Sally, Warkings propose ici quelque chose qui sort un peu de l’ordinaire et qui mélange les styles respectifs des deux groupes. Une bonne idée.
Un ensemble toujours aussi inégal
Dans son dernier numéro, le magazine Rock Hard décrit Warkings comme « un groupe d’imposteurs dénués de talent qui pense probablement que son auditoire est constitué de bœufs de consommateurs » (Rock Hard n°266, juillet 2025). Si la critique est un peu sévère, il est vrai que le groupe opte trop souvent pour la facilité, en proposant une ribambelle de morceaux quelconques, des fillers comme on dit dans le jargon (autrement dit, des chansons de remplissage). Ce nouvel album n’échappe pas à la règle ; on pensera par exemple au trèèèèèès cliché « Kings of Ragnarök », à « Nightfall » ou à l’insupportable Power ballade « Here Comes the Rain ».
Comme souvent, on ressort avec l’impression d’un talent gâché car Warkings est sans aucun doute capable de faire mieux. Les quelques incursions Death apportée par la chanteuse Morgana La Fay donnent un contour plus musclé à certaines chansons, preuve que Warkings peu faire bien plus que ce qu’il nous montre.
« Armageddon » a également bénéficié d’un temps de gestation plus long que ses prédécesseurs (trois ans, contre deux habituellement), et cela se ressent par moment, notamment au niveau des arrangements, comme sur « Kingdom Come ». Dommage la encore que le travail reste trop superficiel.
Projet secondaire de Georg Neuhauser, fondateur de Serenity, Warkings est au final un groupe qui doit être considéré pour ce qu’il est, à savoir un bon groupe de première partie, qui dispose de suffisamment de chansons efficaces pour faire bouger le public, mais qui pour l’heure, ne semble pas en mesure de prétendre à mieux. En ont-ils seulement l’envie ? Rien n’est moins sûr…


