Chronique de « Plague of Rats », nouvel album de Brainstorm
Après Grave Digger il y a quelques semaines, c’est au tour de Brainstorm, autre grand représentant du Heavy/Power Allemand, de venir nous présenter son nouvel album, « Plague of Rats ».
Si le Heavy/Power germanique est surtout associé à de grands noms comme Helloween, Blind Guardian ou Gamma Ray, Brainstorm n’en reste pas moins un groupe intéressant à plus d’un titre. Avec un line-up plutôt stable depuis sa création à la fin des années 90, le groupe issu de Heidenheim a su proposer de solides albums, notamment au début de sa carrière. Groupe prolifique avec quasiment un album tous les deux ans, Brainstorm s’avance donc aujourd’hui avec son quatorzième opus, « Plague of Rats », dont l’action se déroule en Inde.
Ce n’est pas la première fois que Brainstorm plante son décor au pays de Shiva : en 2003 déjà, le groupe avait proposer un « Soul Temptation » fort intéressant et qui peut être considéré comme l’une de ses meilleures productions.
Si cette thématique s’affiche clairement sur la très belle pochette de l’album, elle se fait relativement plus discrète au niveau de la musique. Il faut ainsi tendre l’oreille pour entendre quelques sonorités « orientales », comme sur « Garuda (Eater of Snakes), titre dédié au roi des oiseaux, qui s’avère être l’un des morceaux majeurs de l’album, grâce notamment à un refrain aussi simple qu’efficace.
La musique indienne fait également une légère incursion sur « The Shepherd Girl (Gitacovinda) », autre morceau intéressant, porté notamment par une orchestration très réussie. Indéniablement, le mariage entre les sonorités traditionnelles indiennes et le son Heavy de Brainstorm offre de belles possibilités et c’est dommage que l’album ne l’exploite pas davantage sur les autres chansons.
Le style Brainstorm
Il faut dire qu’après 30 ans de carrière à chérir son style avec passion, il aurait été étonnant de voir Brainstorm partir à l’aventure et s’éloigner un peu trop loin de ses terres germaniques. Sans surprise, « Plague of Rats » repart donc rapidement sur les rails habituels des précédents albums du groupe et propose ce que Brainstorm sait faire de mieux : une musique oscillant entre le Power, le Heavy et le Speed, toujours portée par la voix remarquable de Andy B. Franck.
Un titre comme « Beyond Ennemy Lines » est ainsi tout à fait révélateur du style de Brainstorm. Malgré un départ résolument Speed et une section rythmique largement mise en avant, le morceau change de pied sur le refrain, proposant un rythme plus modéré et contrastant avec le reste.
Ce travail sur les variations de rythme est l’une des marques de la musique des Allemands. On la retrouve sur d’autres morceaux, comme « Masquerade Conspiracy », avec la encore un refrain mid-tempo qui contraste avec des couplets très Heavy et des guitares particulièrement affûtées.
Des invités et des idées intéressantes
L’album offre aussi des morceaux assez atypiques, à la frontière de la Power Ballade, comme « Your Soul That Lingers In Me » ou encore « The Dark Night », qui bénéficie d’un joli travail sur les harmonies et sur les arrangements et qui prouve que Brainstorm devrait davantage pousser le curseur à ce niveau-là.
Les amateurs de pur Speed/Power ne seront pas en reste non plus, puisque Brainstorm leur a réservé quelques morceaux bien sentis à l’image du très énervé « From Hell », chanté en duo avec Alex Krull, qui ne lève pas le pied du début à la fin.
Un album sans surprise
Si Brainstorm dispose donc toujours d’un talent indéniable de composition, il n’évite cependant pas les écueils que l’on retrouve souvent chez les vieux briscards du Heavy, à savoir la tendance à un peu reproduire la même chose au fil du temps. « Plague of Rats » n’échappe pas à la règle et ne propose in fine pas grand-chose de neuf, tout en répondant pleinement aux attentes des fans. C’est alors que s’ouvre l’éternel débat pour savoir si une formation doit faire évoluer sa musique au fil du temps, ou au contraire, conserver coute que coute son style de prédilection album après album. Le Metal compte de nombreux exemples de groupe ayant fait évoluer leur musique, avec succès (Unleash the Archers) ou en se plantant complètement (Sonata Arctica). On vous laissera en juger.


