Une nouvelle saga démarre ! Avec ou sans réelles nouveautés, Tobias Sammet ne façonne pas son univers avec « Here Be Dragons » mais nous plonge dans ce qu’il sait faire de mieux avec Avantasia ! En bon point, ce dixième album arrive, sans problème, à se distinguer du reste de la discographie !
Avantasia, dix albums sur le feu
Quand on parle d’un dixième album au sein d’une carrière d’un groupe, ce n’est pas quelque chose d’anodin, il s’agit carrément d’un événement important à fêter, on veut marquer le coup plus sérieusement et, par conséquent, on ne veut pas se rater dans l’organisation de la fête.
Pour le cas de Tobias Sammet, ce dernier atteint en réalité 30 ans de carrière cette année puisque 1995 marque les débuts d’Edguy. Le lutin allemand qui ne se consacre qu’à Avantasia depuis environ six ans a décidé de célébrer ça par le biais d’un dixième album « Here Be Dragons » pour son (désormais unique ?) projet, pionnier du « Metal Opera ».
Un univers bien ancré avec nostalgie
On ne présente plus Avantasia, ni même Tobias Sammet. Après tant d’années dans le monde du Power Metal, l’univers du chanteur est bien ancré et de nombreux albums parmi la discographie de ses deux groupes sont emblématiques.
La nostalgie prime beaucoup, Tobias Sammet a marqué un grand nombre d’esprits, jusqu’à en devenir une icône du Power Metal. Un nouvel album d’Avantasia n’est donc pas à prendre à la légère, chaque fan n’a pas envie d’être déçu. Jusqu’à présent, chaque album d’Avantasia se distingue et ce dixième opus « Here Be Dragons » ne déroge pas à la règle.
Au sein de cet univers si authentique, les guests qui accompagnent Tobias ont une place importante pour le projet à tel point que certains sont membres d’honneur. Michael Kiske est, bien évidemment, de la partie sur le morceau typiquement Power dans la vague allemande Helloween/Gamma Ray « The Moorland at Twilight », qui saura ravir sans le moindre doute les fans du genre.
Depuis « Ghostlights », Geoff Tate a toujours sa place pour de longs morceaux naviguant entre Prog, Power mais aussi Sympho et Heavy. C’est encore le cas ici avec le titre éponyme où les différentes parties s’enchainent à merveille tout en nous faisant profiter d’un refrain mémorisable et puissant.
Des éléments mélodiques propres au Hard Rock et Heavy Metal traditionnel, entre le synthé/orgue Hammond et les solos de guitare ont leur place sur le titre « Phantasmagoria ». Ronnie Atkins qui porte bien son rôle ici semble de nouveau comblé par ce qu’il sait faire de très bien entre Pretty Maids et le Power Symphonique d’Avantasia.
Pour rester dans la catégorie des éléments mélodiques, le guest de longue date Bob Catley, qui a l’habitude de chanter des morceaux naviguant entre comédie musicale et Hard FM, revient ici dans un titre de la même veine « Bring on the Night » où l’on se rapprocherait étonnamment même plus des années 80 que du Power Symphonique d’Avantasia.
Nouvelle saga, nouvelles énigmes
Après avoir conclu avec brio la saga Moonglow avec le précédent opus « A Paranormal Evening with the Moonflower Society », « Here Be Dragons » entame le pas d’une nouvelle saga et celle-ci n’est pas à l’abri de nouvelles tentatives mais aussi de nouvelles énigmes.
Si l’on doit parler de nouvelles choses, il est primordial d’évoquer les nouveaux guests, car oui, Tobias en a fait venir de nouveaux et c’est toujours apprécié avec Avantasia. L’actuel chanteur de Kamelot Tommy Kaverik prête sa voix sur « The Witch », un morceau où le caractère sombre et épique se mélange à la perfection.
L’apparition d’Adrienne Cowan, chanteuse de Seven Spires, sur « Avalon » apporte son grain de voix lyrique à travers ce titre dans la veine d’Avantasia en plus des sonorités Folk très originales.
Parmi les nouveaux guests, Kenny Leckremo du groupe H.E.A.T. participe sur le très bon « Against the Wind » qui s’avère être du Power Metal pur jus entre refrain épique et vitesse énergique, le genre de titre qu’on aime sans hésitation ! Et c’est justement là que les énigmes se posent, Tobias serait-il nostalgique d’Edguy ? Parce que oui on se rapproche plus d’Edguy que d’Avantasia ici.
Ce qui est également énigmatique, c’est que Tobias chante seul sur « Creepshow », « Unleash the Kracken » et « Return to the Opera ». On se rapproche plus d’Edguy encore une fois mais également en termes de sonorités là aussi. « Unleash the Kracken » joue beaucoup entre des riffs Speed et mélodies du Power. Quant à « Return to the Opera », c’est clairement un hymne de Power juste incroyable. D’ailleurs, autre énigme, pourquoi c’est un titre bonus alors qu’il s’agit du meilleur titre de l’album ?
Les dernières énigmes se reposent principalement sur certaines influences de Tobias qui ressortent beaucoup trop par rapport à d’habitude, notamment les sonorités Hard Rock que le retrouve sur le premier single « Creepshow » rappelant Bon Jovi ou « Bring on the Night » qui aurait cartonné en même temps que Journey ou Starship dans les années 80.
Si l’on ne compte pas la bonus track, la conclusion de l’album avec une ballade est également curieuse même si on apprécie le retour de Roy Khan en invité sur « Everybody’s Here Until the End ». Et pourtant, cette dernière très bien réussie il faut l’avouer, l’émotion au niveau des voix est au rendez-vous.


