“Diabolus in Musica”, l’exposition événement sur le Metal !

Découverte de la première expo Française dédiée au Metal

Cela fait plus de 50 ans que le Metal fait vibrer le cœur de millions de fans à travers le monde et pourtant, jamais la France ne lui avait consacré une exposition à la hauteur de sa réputation. C’est désormais chose faite avec « Diabolus in Musica », qui se tient à la Philharmonie de Paris jusqu’au 30 septembre 2024.

C’est un lieu qui a plus l’habitude d’accueillir les smokings que les vestes à patchs. La Philharmonie de Paris, magnifique écrin dédiée à la musique symphonique et classique, est actuellement le théâtre d’une exposition hors-norme, la première du genre en France, dédiée à la musique et la culture Metal.

Dans un hall dans lequel la musique est à l’honneur, l’exposition entend retracer la grande histoire du Metal, de ses débuts à la fin des années 60 avec Black Sabbath ou Led Zeppelin, jusqu’à nos jours, à travers les dizaines de genres et de sous-genres qui se sont développés sur son demi-siècle d’existence.

Un espace est d’ailleurs consacré à ces différents courants : dans une salle en arc de cercle, sept chapelles, chacune dédiée à un genre en particulier, regroupent des objets, instruments ou vêtements, appartenant à des groupes emblématiques. Le Speed/Thrash expose ainsi une guitare de Kirk Hammett ou la basse de Cliff Burton ; le Hard/Heavy la moto de Mötley Crew ; le Nu Metal des costumes de Korn ou Marylin Monson…

Et le Power dans tout ça ? Et bien oui, une des chapelles est consacrée au Power/Sympho, avec notamment une robe appartenant à Clémentine Delauney (Visions of Atlantis) et surtout l’emblématique tenue de Joakim Broden (Sabaton). Malheureusement, on ne peut que constater que la partie dédiée au Power est la plus pauvre et la moins riches des sept catégories. Dommage.

Une plongée dans la culture Metal

Malgré cela, le reste de l’exposition s’avère passionnant en tout point et aborde de nombreuses thématiques intéressantes, toujours richement agrémentées: le rapport à l’Art notamment apporte un regard vraiment instructif sur les liens qui unissent le Metal à la peinture, la photographie ou la musique Classique. On y retrouve par exemple une magnifique basse appartenant à Robert Trujillo (Metallica) décorée par sa femme, Chloé Trujillo ; ou encore des tableaux de la Renaissance ayant inspirés des albums de Soulfly, Judas Priest ou Behemoth.

Le Metal étant un genre éminemment spectaculaire à l’iconographie très marquée, l’exposition met également en avant certains des costumes et masques les plus emblématiques de la scène, comme celui d’Ozzy (Black Sabbath), de Slipknot ou encore l’impressionnant lanceur de flammes utilisé par Till Lindemann (Rammstein) sur scène.

A travers ses différents tableaux, l’exposition entend donc placer le Metal au centre d’un univers bouillonnant de créativité et qui se montre infiniment plus ouvert que l’image que peut en avoir le public non initié. Bien plus qu’une simple contre-culture, le Metal est en réalité multi-culturel, tissant des liens avec l’Art sous toutes ses formes.

Dans l’antre du Metalleux

Evidemment, il était impossible de parler Metal sans évoquer le Metalleux, cet être mystérieux, vivant en meute et souvent caricaturé dans les médias. Ici, l’exposition met notamment l’accent sur la culture de l’objet et la revendication d’appartenance à un univers ou une communauté précise : vestes à patch, t-shirts, vinyles et objets en tout genre, le Metalleux est un collecteur passionné qui soutient ses artistes et n’hésite pas à le montrer. Après un mur entier regroupant des dizaines de t-shirts de groupes, le clou du spectacle est sûrement cette reconstitution du salon d’un Metalleux dans lequel sont exposés fièrement vinyles, posters ou guitares. Caricatural ? Un peu oui, mais la vérité n’est sûrement pas très loin…

Une exposition à voir, tout simplement

Evidemment, le but n’est pas ici de vous spoiler l’intégralité de l’exposition, qui aborde d’autres aspects comme celui des scènes Metal à travers le monde ou de la scène Metal Française. En résumé, cette première rétrospective est une vraie réussite qui s’adresse malgré tout à un public connaisseur. Les fans auront le plaisir de retrouver des objets appartenant aux plus grandes légendes de la musique Metal et rarement regroupées dans un même lieu.

Et pour ceux qui n’auraient pas l’occasion de se rendre sur place, sachez qu’un livre/catalogue dédié à l’exposition est également disponible à la vente, ainsi qu’un double vinyle spécial comprenant des titres rares ou jamais publiés de plusieurs groupes, dont Sabaton.

Résumé

AlexPMF
AlexPMF
Pirate des temps modernes chevauchant le monde sur son dragon, un violoncelle dans la main et une bouteille de bière dans l'autre. Mes références : Running Wild / Powerwolf / Gloryhammer / Rhapsody