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Judicator – Let There Be Nothing

Attendu au tournant depuis le très bon « The Last Emperor » (2018), le nouvel album de Judicator « Let There Be Nothing » est enfin arrivé. Symbole d’un vent de fraîcheur sur le Power Metal américain, la formation propose un opus différent de son prédécesseur sous l’égide d’un nouveau label : Prosthetic Records.

Avec un 5ème album en 8 ans d’existence, les membres de Judicator sont des acharnés de travail. A l’instar de Sabaton, Judicator s’inspire de faits historiques réels pour composer. Passionné d’Histoire, le vocaliste John Yelland choisit à travers cet opus de nous conter la vie de Bélisaire, grand général romain de l‘empereur Justinien.

Interview : « Judicator : le Power Metal made in USA »

Bélisaire est célèbre pour ses victoires qui permettent à l’Empire romain d’Orient de reconquérir une belle partie de ses territoires perdus au fil des âges. Considéré comme l’un des derniers grands généraux romains, il est le principal atout de Justinien, Empereur byzantin, lui-même considéré comme le dernier grand empereur romain.

Ici, Judicator va s’attarder sur l’avènement et la chute du général. Mais nous ne sommes pas là pour parler Histoire (quoi que, un peu quand même). Qu’est-ce qu’il vaut cet album ?

Si « The Last Emperor » (2018) était déjà brillant, son successeur « Let There Be Nothing » est autrement plus mature. Judicator a pris du temps, beaucoup de temps, pour se documenter afin d’écrire et composer cet album biographique.

Chaque composition tourne à la démonstration. La qualité est à tous les étages, du choix des paroles à la composition, en passant par le son qui bénéficie d’un mixage propre et d’une production aux petits oignons. L’effet Prosthetic Records sans doute.

Comme à son habitude, Judicator propose un album relativement long : prêt d’une heure. Il faut dire qu’il est nécessaire de passer par là, tant les événements liés à la vie de Bélisaire sont nombreux.

Globalement, l’album est assez pieux. John Yelland étant lui-même pratiquant, la majorité des titres en appellent à Dieu et à son pouvoir salvateur. Que l’on soit croyant ou pas, cela ne change rien à la qualité de l’album, d’une technicité sans faille.

Tout commence par « Let There Be Light » qui conte la lourde défaite vécue par Bélisaire lors de la Bataille de Callinicum en 531, face aux Perses, en Syrie actuelle. Très mélancolique, ce titre pose les bases d’un album qui va suivre les humeurs du général : de la déception à la consécration, avant de tomber en disgrâce.

Le titre suivant « Tomorrow’s Sun » nous emmène en pleine Guerre des Vandales (533 – 534), qui va se conclure par un royaume annexé par les armées de Bélisaire (actuelle Algérie, Libye, Tunisie et Sardaigne). Plus agressif, le titre met en avant l’une des marques de fabrique de Judicator : guitares saturées, rapides, avec un refrain entrecoupé par des chœurs sous forme de cris pour rendre le tout plus acerbe.

Nous retrouvons le même schéma sur « Autumn of Souls » avec un solo signé Tony Cordisco de toute beauté.

 « Gloria », premier single de l’album, nous raconte le plus grand fait d’arme de Bélisaire qui, avec l’appui du pape, entre dans Rome en 536. Il fait réparer les fortifications et repousse les Ostrogoths après 1 an et 10 jours de siège. Le titre a un côté très guerrier, mais aussi très spirituel sur le refrain, et presque flottant lorsque le morceau arrive à terme. Un titre bien équilibré qui essaye de justifier la guerre au nom de la foi.

Nous vous parlions d’un album bien construit, technique, recherché, avec des morceaux particulièrement longs. Ce n’est pas la dernièrement partie de l’album qui va nous contredire.

« Amber Dusk » nous transporte pendant 9 min 19 dans un univers crépusculaire où Tony Cordisco va faire preuve de tout son talent. Montant crescendo, le six cordiste (principal compositeur de la formation, rappelons-le), va signer ici sa plus belle prestation, avec une rythmique extrêmement bien orchestrée et trois soli dignes des plus grands. Le type de morceau qu’on ne se lasse pas d’écouter tellement il est riche, varié, et magnifiquement mis en parole.

Enfin, comme un rappel au premier titre de l’album, le voyage se conclue sur « Let There Be Nothing ». Après des accusations de complot contre l’empereur, Bélisaire tombe en disgrâce. Placé en résidence surveillée, il perd la confiance de Justinien. De la lumière au néant. Voilà comment se conclue l’histoire de Bélisaire. Tout aussi mélancolique que « Let There Be Light », ce dernier titre résonne comme un dernier cri de rage du général qui, imagé par un refrain inspiré, va se cristalliser dans une démonstration de Tony Cordisco (oui, encore) à partir de 4 min 10. Quelle conclusion…

Sortie : 24 juillet 2020
Label : Prosthetic Records
Genre : Heavy / Power Metal

01. Let There Be Light
02. Tomorrow’s Sun
03. Strange To The World
04. Autumn Of Souls
05. Gloria
06. Amber Dusk
07. The Way Of A Pilgrim
08. Let There Be Nothing

NOTRE AVIS

Judicator nous propose un album clinique, d’une précision remarquable, bien documenté et extrêmement abouti. Il y a eu du cœur à la conception, c’est indéniable ! C’est un travail d’une précision chirurgicale, sans doute l’album le plus complexe de la formation. Tranquillement mais surement, Judicator peaufine son image de marque avec un Power Metal recherché, intelligent, et différent de ce que l’on a l’habitude de croiser dans le milieu. Écoutez, apprenez, et appréciez.
Composition
8,5
Arrangements
9
Écriture
10
FabPMF
FabPMF
Né d’un amour interdit entre un conteur nain et un dragon femelle, je n’ai jamais cessé de me passionner pour les Histoires épiques de l’Humanité qu’elles se soient produites sur notre monde ou dans les grimoires de l’enchanteur Eusæbius… Mes références : Sabaton / Helloween / Blind Guardian / Demons & Wizards

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Judicator nous propose un album clinique, d’une précision remarquable, bien documenté et extrêmement abouti. Il y a eu du cœur à la conception, c’est indéniable ! C’est un travail d’une précision chirurgicale, sans doute l’album le plus complexe de la formation. Tranquillement mais surement, Judicator peaufine son image de marque avec un Power Metal recherché, intelligent, et différent de ce que l’on a l’habitude de croiser dans le milieu. Écoutez, apprenez, et appréciez. Judicator – Let There Be Nothing