INTERVIEW – Dans les coulisses des 25 ans de Sirenia avec Emmanuelle Zoldan et Nils Courbaron [FR/ENG]

En 2026, Sirenia célèbre ses 25 ans de carrière. À cette occasion, Emmanuelle Zoldan et Nils Courbaron ont pris le temps de répondre à nos questions, juste avant la première date de leur tournée anniversaire à l’Epic Fest de Roskilde, au Danemark. Les deux artistes reviennent, avec humour et sans filtre, sur leurs débuts, leurs galères de tournée et un quart de siècle d’histoire du groupe, ponctué d’anecdotes savoureuses.

Interview réalisée le 10 avril 2026

Interview d’Emmanuelle Zodan et Nils Courbaron – Epic Fest 2026 / Crédit photo : Marine Fougeray alias mlleflamantrose – Power Metal France

Cette année, Sirenia fête ses 25 ans de carrière. Vous avez rejoint le groupe à des moments différents — en 2016 pour Emmanuelle Zoldan et en 2018 pour Nils Courbaron.

Nils intervient : À vrai dire, j’ai rejoint le groupe en 2017 pour la tournée avec The Agonist dans le cadre du “Female Metal Voices Tour”, avec The Birthday Massacre aussi. J’ai participé à la tournée jusqu’en Russie. Par contre, j’étais assez dégoûté quand Sirenia a été annoncé au 70 000 Tons of Metal. J’ai toujours rêvé de faire cette croisière, mais personne ne m’a appelé (rire).

Avec un peu de recul, qu’est-ce que vous retenez aujourd’hui de votre expérience dans le groupe ?

Nils : On est devenus alcooliques (rire).

Emma : Pour nous, près de dix ans sont passés au sein de Sirenia, c’est hallucinant. On a fait pas mal de belles scènes, pas mal de chansons, pas mal d’albums avec cette équipe, même si elle a changé récemment (le batteur Michael Brush a quitté le groupe, ndlr). C’est une chouette aventure humaine et artistique.

Nils : On a quand même été amputés pendant le Covid, ça nous a “niqué” deux ou trois ans. Mais ça ne nous a pas empêchés de sortir trois albums. On travaille actuellement sur le quatrième. Grâce à Sirenia, j’ai réalisé tous mes rêves de gosse : partir en tournée, être dans un tour bus, faire des festivals…

Comment s’est faite votre rencontre avec le fondateur du groupe, Morten Veland, et à votre avis, qu’est-ce qui a fait la différence pour qu’il vous choisisse ?

Emma : J’ai collaboré avec Morten dès le début, car je faisais partie des chœurs lyriques (le Sirenia Choir, ndlr). Il enregistrait dans le sud de la France, et moi j’étais en dernière année de conservatoire. Il m’a repérée, et j’ai participé à tous les albums jusqu’en 2016. Jamais je n’aurais imaginé rejoindre le groupe en tant que chanteuse principale : mon objectif, c’était l’opéra.

Après l’enregistrement des chœurs de Dim Days of Dolor, Morten m’a contactée : “On a un problème avec notre chanteuse, est-ce que tu serais d’accord pour la remplacer sur un festival en Ukraine ? C’est dans dix jours, il y a quinze chansons à apprendre.” J’ai dit oui. Quelques jours plus tard, il m’a rappelée pour me proposer de rester. J’ai longtemps réfléchi, car j’avais d’autres projets, mais ça m’a finalement semblé évident. C’est drôle, car on se connaît depuis presque 25 ans avec Morten, et on s’est dit : “Quel temps perdu !”

Nils : Pour moi, c’est un enchaînement de circonstances. J’ai commencé à tourner avec mon premier groupe, T.A.N.K., et on a fait la première partie de Soilwork en 2015. On a sympathisé avec Jacqueline, la merch girl, qui était la compagne de Roland, le batteur de Sirenia à l’époque (Roland Navratil, ndlr).

Plus tard, j’ai tourné avec Asylum Pyre en première partie de Rhapsody of Fire. La dernière date était à Vienne, et Jacqueline et Roland étaient présents. Après m’avoir vu sur scène, Roland m’a recommandé à Morten, qui cherchait un guitariste.

Pour la petite histoire, j’ai reçu la proposition par mail : « Bonjour, voulez-vous partir en tournée dans le monde entier ? » J’ai cru que c’était un hameçonnage venant de Côte d’Ivoire (rire). Je pensais vraiment que c’en était un, car on me proposait de l’argent pour intégrer le groupe. Après vérification, j’ai compris que c’était vrai et j’ai accepté !

Humainement, à l’époque, ça partait assez mal pour moi, car j’avais un niveau d’anglais proche de celui de mon chat (rire) et, en plus de ça, ma guitare s’est perdue à l’aéroport… Morten avait prévu deux jours de répétition à Vienne avant de partir en tournée. J’étais stressé de commencer une tournée avec Sirenia : je parlais mal anglais et je n’avais pas de guitare… Bon, depuis, c’est arrivé des dizaines de fois, mais à ce moment-là, c’était la panique totale ! Heureusement, Morten et moi adorons les apéros, ça nous a aidés à faire connaissance pendant deux jours (rire).

Ça arrive souvent que vos instruments se perdent dans les aéroports ?

Nils : Ah mais tout le temps ! À chaque tournée. Une fois, en plein milieu de la Russie, Emma avait perdu sa valise, et Morten et moi n’avions pas de guitare. On se retrouve sans rien, à deux heures du concert. Alors va expliquer, au milieu de la Russie, qu’il nous faut deux guitares à 7 cordes… Franchement, on a commencé à prendre l’apéro en se disant qu’on n’allait pas jouer ce soir. Et finalement, le tour manager a débarqué avec deux guitares à 7 cordes : une Arlette Benton absolument pourrie et une LTD sur laquelle je me suis jeté ! Aujourd’hui, c’est ma marque de référence, je suis ambassadeur en France. Et finalement, nos guitares sont arrivées pour le concert suivant, à Saint-Pétersbourg.

Emma : Pour éviter les problèmes, on a toujours une brosse à dents ou une tenue de rechange dans le bagage à main.

Nils Courbaron & Morten Veland – Epic Fest 2026 / Crédit photo : Marine Fougeray alias mlleflamantrose – Power Metal France

Pour la tournée anniversaire, vous avez déjà annoncé des dates en Europe du Nord, de l’Est et en Chine. Qu’est-ce que vous avez envie d’apporter de spécial à cette tournée des 25 ans ?

Nils : La setlist est très différente de ce que nous avons l’habitude de faire. C’est un retour aux sources, avec des morceaux où Morten chante beaucoup. Ce sont des titres avec du growl, du pur gothic metal. Sirenia a évolué vers un style plus pop avec le temps, avec des titres plus groovy, plus mélodiques, et laisse beaucoup plus de place à Emma.

Nils, ton jeu est très technique et puissant ; Emma, ta voix apporte une dimension mélodique et symphonique très forte. Est-ce que ces différences créent parfois des tensions artistiques… ou au contraire une vraie alchimie ?

Emma : Il y a toujours eu une bonne entente au sein du groupe. De manière plus large, le metal est une grande famille : nous sommes tous un peu frères et sœurs. Au sein de Sirenia, je ne sens pas de conflit d’ego entre nous, et ça, c’est très important.

Nils : À mon niveau, je sais faire la part des choses. Chez Bloodorn, je peux me défouler. Chez Sirenia, j’adapte mes solos, je fais des lignes plus mélodiques, et j’aime bien m’inspirer de ce que chante Emma pour créer un hook, c’est-à-dire une mélodie que les gens peuvent chanter et retenir.

Emma : Je pense que nos deux styles apportent un plus, une singularité. Nous avons une vraie complémentarité, nous apportons chacun quelque chose de différent.

Sur scène, est-ce que vous laissez une part d’improvisation ou tout est très structuré ?

Nils : Nos chansons ne sont pas retravaillées pour faire une version live. Nous jouons l’album…

Emma (s’adressant à Nils) : Tes solos ne sont pas toujours exactement les mêmes non plus, tu te laisses une petite part d’impro quand même… quand tu te trompes par exemple (rire).

Nils : Oui, ou alors quand tu chantes deux fois le même couplet !

Emma : Et personne ne s’en rend compte ! (rire)

Nils : On est très complices avec Emma. Souvent, je passe à côté d’elle et je lui balance une saloperie (rire).

Emma : Pas évident de chanter derrière ! Mais ça fait longtemps que ce n’est pas arrivé, je trouve qu’on a été plus sérieux récemment sur le sujet.

Emma, tu as connu le groupe de l’intérieur avec le “Sirenian Choir” avant d’en devenir la voix principale — est-ce que tu te sens dépositaire d’un héritage ?

Emma : Je ne sais pas vraiment dire… Plutôt en ce qui concerne la chorale, finalement. Aujourd’hui, il n’y a quasiment plus de chœurs lyriques sur les albums de Sirenia. Je trouve que ça donnait au groupe une identité vocale… et il y avait vraiment ma marque dans cette chorale, en plus de celle de tous ceux qui y participaient. Il y avait des voix très identifiables. Nous étions quatre personnes issues du conservatoire.

Qu’est-ce qui explique la disparition du Sirenia Choir ?

Emma : Il y a plusieurs raisons… Morten enregistrait les albums avec le Sirenian Choir dans un studio du sud de la France (il s’agit du Sound Suite Studio de Marseille, ndlr). Après le Covid, le studio a fermé, malgré plus de 15 ans d’activité. Depuis, le Sirenian Choir n’a plus été sollicité. Aussi, Morten le justifie comme un choix artistique : il avait envie d’autre chose… Je dois avouer que ça me manque. De toute façon, s’il avait été décidé de continuer à utiliser une chorale, ça serait probablement allé en Norvège, avec d’autres personnes ; ça n’aurait pas du tout été la même couleur vocale.

Emma, tu viens du classique. Comment ce milieu perçoit-il ton parcours dans le Metal ?

Emma : Je viens du classique, mais avant ça, j’étais plutôt dans le milieu rock… Je suis très mal perçue par mes pairs. À l’époque où j’ai commencé à prendre ce chemin-là et à assumer complètement d’être sur les deux terrains, certaines personnes n’ont plus voulu travailler avec moi dans le classique : j’ai été blacklistée. Certains me l’ont dit, d’autres non. Le classique, en général, est très sectorisé. Par exemple, si tu fais de l’opéra, c’est difficile de faire de l’opérette en parallèle. Si tu fais du baroque et du bel canto en même temps, ce n’est pas toujours bien vu… Il faut rentrer dans un moule. Les mentalités commencent tout de même à évoluer ! Le milieu commence à comprendre que, s’ils veulent ramener du monde à l’opéra, il faut s’ouvrir à d’autres genres. Dans mon cas, c’est peut-être arrivé un peu trop tôt… Mais j’ai besoin de ça, ça fait partie de mon équilibre. Aujourd’hui, le metal est mieux perçu, et c’est une bonne chose ! C’est indispensable si on veut avancer et emmener les gens d’un style à l’autre.

Emmanuelle Zoldan – Epic Fest 2026 / Crédit photo : Marine Fougeray alias mlleflamantrose – Power Metal France

Quelles sont vos actualités hors Sirenia, à tous les deux ?

Nils : Je ne peux pas trop en parler, il y a pas mal de trucs qui me sont tombés dessus, mais c’est du lourd ! Tout ce que je peux dire, c’est que je suis très occupé : une tournée avec Sirenia, un deuxième album avec Bloodorn et des offres que je ne pouvais pas refuser… vous en saurez plus bientôt !

Emma : J’ai une collaboration récente qui va être mise en lumière bientôt. Un super projet avec de supers musiciens, en dehors du monde du metal. J’ai aussi un projet solo qui est en train de prendre forme.

Si vous deviez résumer ces 25 ans en un mot, ce serait quoi ?

Emma : Magique. Pour moi, cette expérience n’était pas du tout attendue et j’ai eu la chance de faire tellement de choses incroyables grâce à Sirenia. J’ai pu voyager partout dans le monde, ce sont des moments suspendus, hors du temps.

Nils : Ricard (rire). Non, moi je dirais le mot “rêve”. Comme je l’ai dit en début d’interview, grâce à Sirenia, j’ai réalisé mes rêves, et c’est vraiment génial.


ENGLISH VERSION

Interview – Behind the Scenes of Sirenia’s 25th Anniversary with Emmanuelle Zoldan and Nils Courbaron

In 2026, Sirenia celebrates 25 years of career. On this occasion, Emmanuelle Zoldan and Nils Courbaron took the time to answer our questions just before the first date of their anniversary tour at Epic Fest in Roskilde, Denmark. With humor and no filter, the two artists look back on their beginnings, their touring struggles, and a quarter-century of the band’s history, filled with memorable anecdotes.

This year, Sirenia celebrates 25 years of career. You joined the band at different times — in 2016 for Emmanuelle Zoldan and in 2018 for Nils Courbaron.

Nils: Actually, I joined the band in 2017 for the tour with The Agonist as part of the “Female Metal Voices Tour,” also with The Birthday Massacre. I stayed on the tour all the way to Russia. However, I was pretty gutted when Sirenia was announced for 70,000 Tons of Metal. I’ve always dreamed of doing that cruise, but nobody called me (laughs).

With hindsight, what do you take away from your experience in the band today?

Nils: We’ve become alcoholics (laughs).

Emma: For us, nearly ten years have passed within Sirenia — it’s unbelievable. We’ve played a lot of great stages, recorded quite a few songs and albums with this team, even though it has recently changed (drummer Michael Brush left the band, editor’s note). It’s been a wonderful human and artistic adventure.

Nils: We were definitely cut short by Covid — it “screwed” us out of two or three years. But that didn’t stop us from releasing three albums. We’re currently working on the fourth. Thanks to Sirenia, I’ve fulfilled all my childhood dreams: going on tour, being in a tour bus, playing festivals…

How did you meet the band’s founder, Morten Veland, and in your opinion, what made the difference for him to choose you?

Emma: I collaborated with Morten from the very beginning, as I was part of the lyrical choir (the Sirenia Choir). He was recording in the south of France, and I was in my final year at the conservatory. He noticed me, and I took part in all the albums up until 2016. I never imagined I would join the band as the lead singer — my goal was opera.

After recording the choir parts for Dim Days of Dolor, Morten contacted me: “We have a problem with our singer — would you be willing to replace her at a festival in Ukraine? It’s in ten days, and there are fifteen songs to learn.” I said yes. A few days later, he called me again to ask if I wanted to stay. I thought about it for a long time because I had other projects, but in the end, it felt obvious. It’s funny because Morten and I have known each other for almost 25 years, and we said to each other: “What time we’ve wasted!”

Nils: For me, it was a chain of circumstances. I started touring with my first band, T.A.N.K., and we opened for Soilwork in 2015. We became friends with Jacqueline, the merch girl, who was the partner of Roland, Sirenia’s drummer at the time.

Later, I toured with Asylum Pyre as an opening act for Rhapsody of Fire. The last show was in Vienna, and Jacqueline and Roland were there. After seeing me on stage, Roland recommended me to Morten, who was looking for a guitarist.

Funny story: I received the offer by email: “Hello, would you like to go on a worldwide tour?” I thought it was a phishing scam from Côte d’Ivoire (laughs). I really thought it was fake, especially since they were offering me money to join the band. After checking, I realized it was real and accepted!

Humanly speaking, it didn’t start very well for me: my English level was about the same as my cat’s (laughs), and on top of that, my guitar got lost at the airport… Morten had planned two days of rehearsals in Vienna before the tour. I was stressed: poor English and no guitar… Well, it’s happened dozens of times since, but back then, it was total panic! Luckily, Morten and I both love aperitifs — that helped us bond over two days (laughs).

Does it happen often that your instruments get lost at airports?

Nils: All the time! Every tour. Once, in the middle of Russia, Emma lost her suitcase, and Morten and I didn’t have our guitars. Two hours before the show, we had nothing. Try explaining, in the middle of Russia, that we need two 7-string guitars… Honestly, we started having drinks thinking we wouldn’t play that night. And then the tour manager showed up with two 7-string guitars: a terrible Arlette Benton and an LTD that I jumped on! Today, it’s my go-to brand — I’m an ambassador in France. Our guitars finally arrived for the next show, in Saint Petersburg.

Emma: To avoid problems, we always keep a toothbrush or a spare outfit in our carry-on luggage.

For the anniversary tour, you’ve already announced dates in Northern and Eastern Europe and China. What do you want to bring that’s special to this 25th anniversary tour?

Nils: The setlist is very different from what we usually do. It’s a return to the roots, with songs where Morten sings a lot. These are tracks with growls — pure gothic metal. Over time, Sirenia has evolved toward a more pop style, with groovier, more melodic songs, giving Emma much more space.

Nils, your playing is very technical and powerful; Emma, your voice brings a strong melodic and symphonic dimension. Do these differences ever create artistic tension… or rather a real chemistry?

Emma: There has always been a good atmosphere within the band. More broadly, metal is like a big family — we’re all like brothers and sisters. Within Sirenia, I don’t feel any ego conflicts, and that’s very important.

Nils: On my side, I know how to adapt. With Bloodorn, I can really let loose. With Sirenia, I adjust my solos, I play more melodic lines, and I like to take inspiration from what Emma sings to create a hook — something people can sing along to and remember.

Emma: I think our two styles add something unique. We really complement each other — each of us brings something different.

On stage, do you leave room for improvisation, or is everything very structured?

Nils: Our songs aren’t reworked for live versions. We play the album…

Emma (to Nils): Your solos aren’t always exactly the same either — you do leave a bit of room for improvisation… especially when you make mistakes (laughs).

Nils: Yeah, or when you sing the same verse twice!

Emma: And no one notices! (laughs)

Nils: Emma and I have great chemistry. I often walk past her and throw some nonsense at her (laughs).

Emma: Not easy to sing after that! But it hasn’t happened in a while — I think we’ve been more serious about it recently.

Emma, you experienced the band from the inside with the “Sirenian Choir” before becoming the lead singer — do you feel like a bearer of that legacy?

Emma: I’m not sure… maybe more when it comes to the choir. Today, there are almost no more lyrical choir parts on Sirenia’s albums. I think it gave the band a vocal identity… and there was really my personal touch in that choir, along with everyone else’s. There were very distinctive voices. We were four people from the conservatory.

What explains the disappearance of the Sirenia Choir?

Emma: There are several reasons… Morten used to record albums with the Sirenian Choir in a studio in the south of France. After Covid, the studio closed after more than 15 years. Since then, the choir hasn’t been used. It was also an artistic choice — Morten wanted something different. I have to admit, I miss it. In any case, if a choir had been kept, it would probably have been in Norway with different people — it wouldn’t have had the same vocal color at all.

Emma, you come from a classical background. How does that world perceive your career in metal?

Emma: I come from classical, but before that I was more into rock… I’m very poorly perceived by my peers. When I started going down this path and fully embracing both worlds, some people in classical music refused to work with me — I was blacklisted. Some told me, others didn’t. The classical world is very compartmentalized. For example, if you do opera, it’s hard to do operetta at the same time. If you do baroque and bel canto simultaneously, it’s not always well seen… You’re expected to fit into a mold. Mentalities are starting to evolve, though. The field is beginning to understand that if they want to bring people to opera, they need to open up to other genres. In my case, it may have come a bit too early… But I need it — it’s part of my balance. Today, metal is better perceived, and that’s a good thing. It’s essential if we want to move forward and bring people from one style to another.

What are your current projects outside of Sirenia?

Nils: I can’t say too much — a lot of things have come my way, but it’s big! All I can say is that I’m very busy: a tour with Sirenia, a second album with Bloodorn, and offers I couldn’t refuse… you’ll know more soon!

Emma: I have a recent collaboration that will be revealed soon. A great project with great musicians, outside the metal world. I also have a solo project that is taking shape.

If you had to sum up these 25 years in one word, what would it be?

Emma: Magical. For me, this experience was completely unexpected, and I’ve been lucky to do so many incredible things thanks to Sirenia. I’ve traveled all over the world — these are suspended moments, outside of time.

Nils: Ricard (laughs). No, I’d say “dream.” As I said at the beginning of the interview, thanks to Sirenia, I’ve achieved my dreams, and that’s truly amazing.

Résumé

FabPMF
FabPMF
Né d’un amour interdit entre un conteur nain et un dragon femelle, je n’ai jamais cessé de me passionner pour les Histoires épiques de l’Humanité qu’elles se soient produites sur notre monde ou dans les grimoires de l’enchanteur Eusæbius… Mes références : Sabaton / Helloween / Blind Guardian / Demons & Wizards