Chronique de « Reborn to Light », nouvel album d’Aeon Gods
Si l’Histoire et la mythologie sont depuis longtemps des sources d’inspiration intarissables pour le Metal en général, et le Power en particulier, l’Egypte antique n’a étonnamment que très peu été abordée dans les œuvres récentes, si ce n’est par nos amis d’Amon Sethis, ou de manière épisodique comme pour Sabaton sur son dernier album avec le titre « The Cycle of Songs ».
Qu’à cela ne tienne, les Allemands d’Aeon Gods ont eux décidé de baser l’intégralité de leur concept sur la mythologie et les civilisations anciennes. Après l’époque Babylonienne en 2022 sur leur premier album «King of Gods », c’est donc au tour de l’Egypte et de ses mythes d’être mis à l’honneur dans ce nouvel opus.
Si l’esthétique du groupe et la superbe pochette de l’album y font clairement référence, c’est également, et évidemment, le cas sur le plan des paroles. Le groupe nous plonge ainsi dans un voyage autour du livre de l’Amdouat, un texte religieux publié 1500 ans avant notre ère et qui narre le voyage du Dieu Rê (dieu du soleil) dans le monde de la nuit. Ce texte avait ainsi pour but de guider le pharaon dans sa quête vers l’immortalité.
Vous l’aurez compris « Reborn to Light » est donc un véritable album concept, dans lequel les chansons se suivent pour raconter une histoire cohérente, ce qui explique la segmentation des chansons en différents chapitres.
Un voyage mythologique passionnant
Le premier chapitre concerne la naissance de la lumière. « Birth of Light » signe une entrée en matière tonitruante et épique et donne un bon aperçu du style ultra mélodique d’Aeon Gods avec des refrains chantés en harmonie qui s’avèrent particulièrement efficaces. Sur « Flames of Ember Dawn », le groupe maintient une cadence élevée et nous prépare à la descente vers l’au-delà.
Ce second chapitre s’ouvre avec la balade « Barque of Millions ». Si l’on pourrait croire que placer une balade aussi tôt dans l’album est une erreur, il n’en est rien : « Barque of Millions » est une pépite empreinte d’une réelle émotion, tout en évitant le pathos habituel des « Power Ballade ». Elle constitue un véritable moment fort de l’album.
Aeon Gods n’a pourtant pas oublié les amateurs de morceaux plus musclés : « The Sacred Union » et « Reborn to Light » sont de purs hymnes Power, avec des accroches puissantes et d’excellents arrangements. Les refrains sont d’une efficacité redoutable, Alexander Hunzinger, vocaliste du groupe, assure une ligne de chant sans faille, bien accompagné par des solos inspirés.
Quant à « Soldiers of Re », le titre arbore des sonorités clairement Heavy en adéquation avec son thème guerrier.
Alors que la fin de l’album se profile, « Feather of Heart » sert d’interlude en revenant sur la légende Egyptienne de la plume contre le cœur (un cœur plus léger qu’une plume permettait d’accéder à la vie éternelle). Sans être mauvais, le morceau n’est pas le plus réussi et se révèle un peu trop générique et prévisible.
Ce n’est pas le cas pour « Rebellion », qui marque le début du troisième chapitre et qui se distingue par sa partie narrative et une structure plus complexe. Clairement, l’ajout de sonorité « orientales » dans les arrangements apporte une véritable personnalité au morceau, qui s’avère l’un des plus réussis.
« Blood and Sand » est un autre morceau assez costaud qui tape lui aussi du côté du Heavy, avec quelques ajouts de clavier sur le refrain qui rappellent un peu Powerwolf.
L’album se referme avec « Farewell », titre qui, malgré son intro assez douce, monte rapidement en puissance, pour délivrer un final très cinématographique. « Farewell » est un excellent titre Power, qui clôture parfaitement un album accrocheur de bout en bout.


