Peu réputée pour son Power metal, la Pologne compte pourtant quelques groupes qui méritent un écoute attentive. Direction l’est de l’Europe avec le premier album d’Enchanted Steel qui nous plonge dans un univers magique et humoristique
Le Power metal Polonais : où en est-on ?
Lorsqu’on évoque le Power metal, nos pensées se dirigent forcément vers des pays comme la Suède, la Finlande, l’Allemagne, l’Italie ou bien encore le Royaume-Uni, qui aujourd’hui dominent pleinement la scène européenne et mondiale. Quelques pays pourtant comptent dans leurs rangs quelques groupes de Power metal particulièrement intéressants et qui ont réussi à laisser leur marque.
A ce jour, le groupe le plus médiatique de Power metal en Pologne est probablement Crystal Viper, un groupe formé en 2003 avec une solide discographie de 9 albums. Son style, le heavy-speed metal a réussi à dépasser les frontières et trouvé un écho à l’ouest de l’Europe, bien accompagné par le chant féminin de Marta Gabriel qui déploie une énergie redoutable. Un groupe à retenir !

Une copie conforme à Rhapsody of Fire ? C’es un peu l’idée qui nous traverse lorsqu’on écoute le groupe polonais Pathfinder ! Ce nom -Pathfinder – est très connu chez les adeptes des jeux de rôles, puisque la franchise Pathfinder est très prisée des fans de jeux style « Donjon et Dragons ». Le groupe Pathfinder reprend les codes de cette franchise, en nous présentant des aventures ultra épique, fantastiques, dans lesquelles interagissent des créatures tels que les nains et les elfes. Le style ultra pompeux et symphonique s’inscrit dans la droite ligne de Rhapsody of Fire. Si le groupe ne donne plus de signes aujourd’hui, ses deux albums ont laissé un souvenir bien durable !

Le dernier en date : Enchanted Steel ! Ce groupe est en fait le projet solo de Mikolaj Kowalik qui s’est donné comme nom de scène Arion Galadriel (une inspiration au Seigneur des Anneaux; l’artiste se revendique être un elfe). Cet artiste multi fonction a écrit et composé l’album. Il se fait accompagné au chant par le polonais Dolwen Ollath. Le style ? Là encore, du Power metal symphonique dans lequel on y retrouve des orchestrations pompeuses, des mélodies couplées à de grands moments épiques, et un chant qui se veut héroïque. Le cover de l’album (bien que certainement fait par intelligence artificielle) est tout magnifique : couleurs vives, avec en arrière plan des montagnes inquiétantes, témoignant de l’univers magique et fantastique de l’artiste.
Une épopée magique et humoristique
Là où réside l’originalité d’Enchanted Steel est dans son style. Si le fil conducteur reste l’heroic fantasy dans lequel il est question de conquête, d’aventures et de batailles en tout genre, Arion Galadriel n’hésite pas non plus à prendre de la distance avec son oeuvre en y mettant des touches humoristique. Cela était déjà le cas avec son premier single en 2023 « Mighty Blade of Wisdom » présentant un royaume composé de grenouilles affrontant une horde de démons.
On retrouve avec ce premier album le même procédé et son hilarant single « Keeper of the Seven Beers« . Le célèbre gardien des 7 clefs mis en avant par Helloween, et devenu désormais le gardien des 7 bières, qui accompagné par une chope à la main se prépare à affronter le mal.
Helloween n’est semble-t-il pas la seule référence à un groupe de Power metal dans cet album. La chanson « Quest for the Battle of Battle » et son style très folk – accordéon – humour – chant de pirates semble tout droit sorti du répertoire d’Alestorm ! Et le moins que l’on puisse dire est que le résultat est complètement réussi. Enchanted Steel parvient à nous présenter un registre alliant les blagues avec l’univers sérieux et épique de la médiévale fantasy.
Au risque de faire de l’humour potache Arion Galadriel fait une reprise d’une chanson de l’artiste Pepper Coyote, le single « No Cock Like Horse Cock« . On vous fait grâce des paroles, puisqu’il est question de lubrifiant, d’anatomie humaine et de cheval. Si le morceau prête à sourire, difficile de comprendre ce que recherche Arion Galadriel avec ce type de chansons.
Une faiblesse sur le mixage et la production
Dès les premières secondes de l’album « Might and Magic » se dévoile tel un bonbon sucré que l’on a hâte de déballer. Son intro folk nous renvoi dans l’univers magique médiévale, symbole de promesses et d’aventures. L’enchaînement avec « The Greatest Warriors » s’exécute parfaitement. Le chant – pas toujours juste – s’articule parfaitement le style à la DragonForce et sa mélodie énergique.
Un début d’album prometteur qui se poursuit avec « Quest for the Elven Blade‘. Si les chœurs manquent de puissance et le chant est trop peu dynamique, le single est efficace. En effet, on est facilement embarqué dans le rythme de l’album et ses mélodies un peu trop amateur mais composées avec passion et envie.
On passera rapidement sur « The Flame of Warrior’s Might » et son chant qui tombe complètement à plat, mais qui traduit néanmoins les faiblesses de l’album. Un mixage incomplet, une production amateur, des voix qui manquent de puissance. Et pourtant, « Might and Magic » est un album intéressant, avec des titres forts et des arrangements qui parviennent malgré tout à nous embarquer dans cette aventure magique haute en couleurs. Le style symphonique et le speed metal d’Enchanted Steel se marient très bien et laisse présager d’un artiste plein d’avenir s’il venait à corriger les défauts de son premier album.


