Lorsque Turilli et Lione annoncent un projet commun après 8 ans sans collaboration en studio, nous sommes en droit de penser que ça risque d’envoyer du bois. D’autant plus que dans leur sillage, les deux amici embarquent trois autres membres originaux de Rhapsody : Dominique Leurquin (guitare), Patrice Guers (basse) et Alex Holzwarth (batterie).
Avec un line-up pareil, vous pensiez peut-être retrouver du Rhapsody de la belle époque ? Vous vous trompez lourdement… Après avoir éclaté la jauge de leur page Indiegogo (61 400 € récoltés sur les 40 000 € souhaités), le résultat c’est donc ce « Zero Gravity (Rebirth and Evolution) » qu’ils décrivent comme un album de Metal symphonique moderne.
L’opus débute avec un décompte et le décollage de la fusée « Phoenix Rising ». Des samples, du piano, des arrangements omniprésents, des chœurs à toutes les sauces, etc. Tu aimes les titres qui transpirent l’opulence à outrance ? Te voilà servi. Notons dans tout ce vacarme les belles prestations de Turilli à la guitare et de Holzwarth à la batterie qui tiennent bien la baraque, et ce d’une manière générale sur l’ensemble de l’album. Les riffs sont bons, les soli sont bons, la batterie envoie, rien à dire sur ce point. Le problème, c’est tout ce qu’il y a autour, à savoir ces tonnes d’arrangements d’une lourdeur incommensurable.
Continuons avec « D.N.A. » qui introduit Elize Ryd d’Amaranthe pour un duo avec ce bon vieux Fabio. Le titre est un copié-collé du précédent, avec des prestations vocales qui tombent un poil dans la caricature. Même chose pour le titre éponyme « Zero Gravity » qui laisse entendre une sitar avant une intervention à 6 cordes très inspirée qui nous rappel un peu le grand David Gilmour.
On enchaîne avec « Fast Radio Burst » qui reste dans la continuité de ce qu’on a entendu jusqu’alors : des cuivres, des cordes, des chœurs, du piano, le tout soutenu par le baryton Lione.
Sur « Decoding The Universe » nous soupçonnons le petit hommage à Queen et à Freddy Mercury, assez plaisant par ailleurs, avec une prestation dantesque de Turilli à la gratte, l’un des plus beaux soli de l’album.
Poursuivons avec « Origins », un morceau carrément taillé pour le cinéma qui vient introduire « Multidimensional » et ses effets de samples SF, ses violons, ses voix lyriques et j’en passe.
Vous aimez l’opéra ? Vous allez être servi avec « Amata Immortale ». Ici, nous ne sommes plus dans le registre du simple Metal. À ce niveau-là, Lione n’est d’ailleurs même plus un chanteur de Metal symphonique, c’est un chanteur d’opéra. On est un peu perdu… Et nous allons continuer à nous perdre avec « I Am » qui introduit Mark Basile de DGM, mais aussi un saxophone… Par ailleurs, l’hommage à Queen se fait à nouveau sentir dans l’exécution de cette composition.
Nous arrivons tout doucement vers la fin avec « Arcanum (Da Vinci’s Enigma) », un morceau en italien, au même titre que « Amata Immortale ». La seule différence c’est qu’ici, nous avons un bel exemple de la collision entre ces deux univers que sont l’opéra et le Metal. Sans doute le morceau le plus réussi de l’album.
Enfin, « Oceano » vient conclure ce premier opus du projet Turilli/Lione Rhapsody avec un Fabio Lione dans ses œuvres, enchaînant les envolées lyriques accomplies avant de laisser place au silence.



