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Orion’s Reign – Scores of War

La scène Power Metal regorge d’innombrables groupes, parfois aussi talentueux que méconnus. Si habituellement il est d’usage de se tourner vers l’Allemagne ou les pays Scandinaves pour les découvrir, notre voyage d’aujourd’hui nous emmène bien plus au sud, en Grèce. Power Metal France a eu le privilège d’écouter en avant-première le nouvel album des Athéniens de Orion’s Reign : « Scores Of War ». Attention, pépite…

Avant de lire cette chronique, voici deux conseils :

  • Première chose, si ce n’est pas déjà fait, allez lire notre interview de Noel, batteur de Orion’s Reign, afin d’en savoir plus sur le groupe et la naissance de ce nouveau projet.
  • Deuxième chose : ouvrez un onglet YouTube pour écouter quelques extraits de l’album et vous mettre dans l’ambiance.

C’est avec « Elder Blood » que nous pénétrons dans le monde de Orion’s Reign. Dès la première seconde, les cors de guerre nous appellent, soutenus par un chœur de voix qui marche au pas sur le rythme des tambours. Nous partons à la guerre. Soudain, l’accalmie… la flûte piccolo fait son apparition. Un ange passe… 8 secondes puis… L’EXPLOSION ! La voix de Dan (lead vocal) vient embraser la tension ambiante d’un cri monumental avant de nous prévenir : « Run away » !  Le sang des ainés (Elder Blood) semble déjà en train de couler. « Fuis ! Sauve ton âme ! Cours, ne t’arrête jamais ». Quel lancement… Ce titre est une pépite du genre. C’est simple : plus épique tu meurs. Le refrain soutenu par un chœur de voix transporte littéralement l’auditoire. Et que dire du rythme extrêmement soutenu à la guitare de Michael et George…  le titre lance parfaitement l’album.

Nous soulignions le côté épique de « Elder Blood » n’est-ce pas ? Que dire de « The Gravewalker » … D’abord, parlons de l’inspiration. « Gravewalker » nait de la passion du groupe pour « La Terre du Milieu : L’ombre du Mordor », jeu-vidéo sorti en 2014. Le titre conte les mésaventures de Talion. Contraint d’errer entre la vie et la mort, Talion est en quête de vengeance face à celui qui l’a tué, lui et sa famille : la Main Noire, lieutenant de Sauron. Ici, nous sommes donc sur quelque chose de plus lugubre. Niveau musical, le titre se démarque par une rythmique plus saccadée mais toujours avec une excellente partie orchestrale à base de choeurs, qui sera d’ailleurs l’une des marques de fabrique de l’album. La chanson se termine avec une outro sur laquelle la voix du chanteur laisse progressivement sa place à un arrangement de cuivres et de cordes. Un superbe morceau, avec une dualité entre ténèbres et paradis, qui s’entremêlent à merveille.

Pas le temps toutefois de nous remettre de nos émotions puisque c’est le très (très) énergique « The Undefeated Gaul » qui prend la suite. Le titre nous emmène à l’époque de l’Empire Romain. Ce Gaulois invaincu référencé est le célèbre Crixus. Esclave, gladiateur, Crixus était une véritable légende des arènes, le Mbappé de l’époque si on veut… Il était surtout l’un des meneurs de la rébellion du grand Spartacus ! De la première à la dernière seconde, la chanson ne laisse aucun répit à son auditeur. Il faut dire que la vie torturée de cet ancien esclave et gladiateur, qui défia la grande Rome, se marie très bien au style volontairement agressif du titre.

La suite s’avère fort heureusement plus calme. « An Adventure Song » est une chanson une nouvelle fois inspirée de l’univers vidéoludique puisqu’elle évoque le mythique RPG « Dragon Quest ». Le titre déboule dans nos oreilles avec un air qui vous rappellera immédiatement les chansons traditionnelles Grecques, sentiment renforcé par son pont très folklorique. Un titre fort sympathique !

Nos amis d’Orion’s Reign ne comptent cependant pas se reposer sur leurs lauriers et enchainent très vite avec « Together We March ». Ambiance épique, solos ravageurs, refrain entêtant et choeurs en harmonie, tout y est pour notre plus grand plaisir ! Le morceau est notamment porté par Tim  « Ripper » Owens, ex-Judas Priest / Iced Earth, invité par le groupe à poser sa voix sur la piste. Vous cherchiez la meilleure piste de l’album ? La voici.

Prenons maintenant le large avec « Nostos », un mot grec soulignant le retour d’un héros par la mer. Cette référence mythologique est d’autant plus forte que c’est une voix douce, calme et féminine qui nous invite ici à emprunter les flots des côtes grecques, bordés d’Histoire et de batailles décisives. C’est un « membre de la famille », selon les dires de Noel dans notre interview qui vient donc poser sa voix sur la piste. Minniva, youtubeuse et chanteuse très douée vient apporter à « Nostos » une vraie force mystique. Le titre prend même la forme d’un duel entre Minniva et Dan, qui semblent continuellement se renvoyer la balle sur les couplets avant de partir en apothéose sur les refrains. De la magie, de la vraie…

C’est ensuite au tour de « Ride to War » de se faire entendre. Piano, flûte, chant posé, vous pensiez avoir affaire à une ballade ? Que neni ! « Ride To War » conte l’histoire d’un guerrier qui participe à la bataille, sachant qu’il va périr. Cette chanson est une métaphore des nombreuses fois dans notre vie où nous entrons dans une bataille que nous savons déjà vaine. Cependant, le morceau nous enseigne les valeurs de l’esprit d’équipe et de faire de son mieux, quelle que soit l’issue. Les couplets prennent des aires très mélancoliques. Une forme de résignation devant la mort, inévitable. Un contraste saisissant avec le refrain qui prend la tournure d’un hymne de motivation : « Bats-toi ! Ne lâche rien ! Bats-toi et meurs ! Saisis-toi de la gloire, soit fier et audacieux. Ce soir, nous nous battons une dernière fois. Au plus profond de la bataille une dernière fois, nous montons à la guerre ». Magnifique.

« Last Stand » se montre très énergique, avec des invités de renom : d’une part, Mark Boals (lead vocal surtout connu pour ses performances avec Yngwie Malmsteen) et, d’autre part, Bob Katsionis (guitariste rythmique et le claviériste des groupes de Firewind, Revolution Renaissance, Outloud et Serious Black). On change un peu de registre avec « Last Stand » qui tire sur la corde d’une rythmique très soutenue d’un point de vue instrumental mais aussi vocal. À noter l’excellent soli au clavier de Katsionis, une petite démonstration de talent bien placée.

On arrive tranquillement sur la fin de l‘album avec « Withering Heart ». Il s’agit dun morceau hommage à Bruce Dickinson (Iron Maiden) et à sa carrière solo. Dan est au centre de ce titre et nous livre une excellente prestation digne du vocaliste d’exception qu’est Bruce Dickinson. Le mimétisme est par moment flagrant. Un joli hommage sous forme de ballade.

« Warrior’s Pride », la fierté du guerrier… Elle nous transperce presque tellement le morceau déborde d’énergie et de générosité. Noel (batterie) nous offre ici une prestation de haute voltige qui supplante presque l’omniprésent Dan dans ses œuvres toujours plus grandioses au fur et à mesure que les titres de l’album s’enchainent. Michael et George nous emportent dans des prestations à 6 cordes de haut niveau, soutenus par un Kirk au clavier sans qui ce morceau (ni cet album d’ailleurs) n’aurait la même saveur.

Enfin, la conclusion : « Freedom Is Not Negotiable ». Celle-ci semble un rappel du premier morceau « Elder Blood » avec un chœur de voix suivi par Noel à la batterie, des cors, et Dan qui vient magistralement conclure cet album que vous allez écouter, réécouter encore et encore jusqu’à l’épuisement.

Sortie : 19 octobre 2018
Label : Pride & Joy Music
Genre : Power Metal

01. Elder Blood
02. Together We March
03. The Gravewalker
04. The Undefeated Gaul
05. An Adventure Song
06. Freedom Is Not Negotiable
07. Nostros
08. Warrior’s Pride
09. Withering Heart
10. Last Stand
11. Ride To War
12. Way To Purgatory (Intro to bonus tracks)
13. Raining Blood (bonus track)
14. Dragonborn (bonus track)

NOTRE AVIS

Gros coup de cœur de l'année 2018, "Scores of War" figure en bonne place dans la discographie de Power Metal France. Réédité en 2021 (1000 exemplaires), deux titres bonus viennent compléter le répertoire : une version épique du "Raining Blood" de Slayer ainsi qu'une reprise de "Dragonborn" (Skyrim) avec Francesco Cavalieri (Wid Rose / Fairyand) au chant. Si vous ne connaissez pas encore Orion's Reign, il est encore tant de vous y mettre !
Composition
9
Arrangements
9
Écriture
8
FabPMF
FabPMF
Né d’un amour interdit entre un conteur nain et un dragon femelle, je n’ai jamais cessé de me passionner pour les Histoires épiques de l’Humanité qu’elles se soient produites sur notre monde ou dans les grimoires de l’enchanteur Eusæbius… Mes références : Sabaton / Helloween / Blind Guardian / Demons & Wizards

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Gros coup de cœur de l'année 2018, "Scores of War" figure en bonne place dans la discographie de Power Metal France. Réédité en 2021 (1000 exemplaires), deux titres bonus viennent compléter le répertoire : une version épique du "Raining Blood" de Slayer ainsi qu'une reprise de "Dragonborn" (Skyrim) avec Francesco Cavalieri (Wid Rose / Fairyand) au chant. Si vous ne connaissez pas encore Orion's Reign, il est encore tant de vous y mettre !Orion's Reign - Scores of War