Sans innover un genre qui a déjà planté d’innombrables racines, Evermore innove cependant sa technicité et arrive à implanter sur le gigantesque arbre du Power Metal un album de qualité qui saura faire passer un bon moment aux fans de la première heure ! « Mournbraid » se démarque par sa belle progression musicale !
Evermore, groupe suédois et sang allemand
Quand on parle de Power Metal, la Suède fait partie des terres saintes du genre avec d’autres pays tels que l’Allemagne dont le style a émergé ou bien l’Italie qui a su apporter une variante encore plus épique. La Suède s’est démarquée par le caractère guerrier apporté au Power Metal de façon plus accentuée.
Et pourtant, ces dernières années, les premières racines du genre ayant germé en Allemagne grandissent davantage en Suède avec des groupes comme Veonity, Insania ou encore Majestica qui arrivent à rendre hommage au père Hansen. Récemment, s’étant imposé en pleine période COVID, un certain Evermore a sorti cette année son troisième album.
Plus puissant et plus osé
Evermore fait partie de ces groupes qui ont pour objectif de composer des hymnes de Power Metal qui restent en tête, mêlés de riffs qui martèlent nos esprits, de mélodies mémorables, sans oublier une vitesse supersonique en guise d’énergie.
Troisième album paru cette année, « Mournbraid » se veut déjà plus puissant mais aussi plus osé que ses deux prédécesseurs. En effet, bien que l’on passe un bon moment en écoutant les premiers opus, ceux-là souffrent d’une redondance sonore qui a dû mal à se renouveler entre beaucoup de morceaux. Ce qui empêche parfois de retenir ce qui pourrait être mémorable.
Après une mystérieuse intro à la fois sombre et épique du nom de « The Void », on ressent dès les premières notes de « Underdark » que le groupe gagné en puissance. De la même façon que « Mysteria » de Edguy, ça évolue crescendo et le tempo s’accélère progressivement jusqu’à arriver à un refrain qui s’imposera parmi les hymnes les plus emblématiques du groupe.
Certains morceaux seront aussi plus osés par leur riff Heavy jamais proposé auparavant. « Armored Will » tabasse fortement sur cet aspect plus sombre se distinguant du reste de l’album. Il en est de même pour « Ravens at the Gates », non par pour ses cris de corbeaux au début, mais pour ces guitares sous-mixés qui explosent tout ensuite de la même manière que « Hallowed » de Edguy ou « Heroes » de Helloween.
Une dernière prise de risques est reliée à « Oath of Apathy » qui se veut être un morceau de 7 minutes où les synthés apportent une atmosphère calme et planante, en plus des riffs et mélodies à la guitare qui se combinent parfaitement bien. Les variations entre le pont acoustique et le refrain rappelant Tobias Sammet à la belle époque de Edguy nous font aussi passer un bon moment.
Une vitesse également mieux maîtrisée
Evermore ose de mieux en mieux s’affirmer dans le milieu du Power Metal. Le groupe arrive de mieux en mieux à atteindre son objectif, parce que oui, en plus d’une qualité musicale désormais plus forte, la vitesse est également mieux maîtrisée. Ce qui est indispensable pour ce style qui nous donne la pêche naturellement.
Le premier single de l’album « The Illusionist (Raise the Curtain) » était ultra prometteur à sa sortie. C’est rapide et mélodique, les chœurs sont majestueux, et, cerise sur le gâteau, le refrain fonctionne à merveille et s’inscrit comme un autre hymne inoubliable au sein de la discographie du groupe. Dans la même veine, « Titans » est hymne qui fonctionne également mais va jouer sur un couplet plus Heavy et apporter un pont assez original joué plus Rock.
A partir de cette vitesse mieux maîtrisée, le groupe ne va pas hésiter à ralentir avec le mid-tempo « Nightstar Odyssey » où son refrain glorieux et ses chœurs épiques seront soutenus par une batterie qui contrôle sa double pédale.
Tous ces éléments, toutes ces nouveautés, entre ces guitares plus Heavy, ces synthés naviguant entre plusieurs ambiances, ces mélodies qui prennent le dessus, toute cette belle évolution qui fait de Evermore un groupe de meilleure qualité, tout ceci on le ressent parfaitement bien à travers le titre éponyme. Tout est là et, comme d’autres titres mentionnés à l’instant, celui-ci aussi s’inscrit comme un hymne.


