Chronique du nouvel album de Labyrinth, « In The Vanishing Echoes of Goodbye »
Comme le vin, Labyrinth se bonifie avec le temps ! Le 10ème album du groupe de Power metal à tendance progressif est sorti sans trop de bruits en janvier dernier mais se distingue pourtant par sa qualité d’écriture et de composition. Plus que jamais, le Power metal progressif demeure bien vivant
Relativement discret, Labyrinth est pourtant un groupe brillant qui traverse les années sans faire trop de vagues. C’est dans les années 90′ que le groupe se forme pendant la période dorée du Power metal, qui voit des groupes comme Rhapsody of Fire, Edguy, HammerFall ou Heavenly se créer et devenir de véritables références. C’est également à cette période qu’une sous-branche du Power metal connaît un succès particulier : le Power metal à tendance progressif avec une multitude de formations qui voient le jour comme Kamelot, Angra, Symphony X, Evergrey et surtout Labyrinth.
A la différence d’un Power metal sympho comme Rhapsody of Fire qui utilise allègrement des orchestrations pompeuses, ou bien d’un Heavy/Power metal à la HammerFall qui utilise une musique martiale ponctuée par des slogans, le Power metal progressif se démarque par des chansons relativement longues (de 6-7 minutes), techniques, avec des changements récurrents de rythmes.
Les thèmes abordés sont également complétement différents. Dans le Power metal classique, l’heroic fantasy, les combats épiques et les grandes aventures sont en règle générale la trame principale de ces formations. Avec le Power metal progressif, nous naviguons davantage dans l’introspection, dans la quête de soi, le sens de la vie. Un style qui peut donc rebuter mais qui pourtant peut amener les auditeurs que nous sommes dans des univers riches en couleurs avec des morceaux jamais linéaires et toujours très variés.
La liberté comme porte étendard dans un monde au bord du chaos
Labyrinth ne déroge pas à la règle du Power metal progressif, avec des thèmes dans son album qui parfois filent le cafard. Si la politique est quasi absente des albums de Power metal, le groupe italien ici l’aborde frontalement. Dès l’ouverture avec le très sympathique Welcome Twilight le groupe porte tel un drapeau, le thème de la liberté rappelant que la monté de la peur entraine les peuples vers la guerre. L’utilisation d’une musique anxiogène et d’une tension permanente donnent un sentiment quasi asphyxiant. Les chœurs, froids et épiques renforcent un sentiment qui ne nous lâchera plus pendant 58 minutes.
La liberté doit se gagner et être conservée. Telle est le message d’un groupe qui rappel que la guerre a déclenché un véritable enfer en Europe à une époque pas si lointaine. Labyrinth s’insurgent comme les fausses informations dites aussi fakes news qui gangrènent notre époque, renforcent les peurs et la haine. Ces sujets sont abordés dans la chanson Mass Distraction avec une musique extrêmement lourde, bien mis en valeur par une batterie dont chaque frappe résonne comme le tonnerre. Rapide et tranchante, les guitares prennent le relais comme pour nous alerter sur la menace imminente qui arrive.
Le chaos est à nos portes. Inhuman Race est un titre particulièrement sombre sur la destruction, mais se veut également plein d’espoir : nous sommes une seule et même race malgré nos querelles. L’utilisation en ouverture d’une musique électro-psychédélique colle parfaitement au thème, avant que la rage du chanteur Roberto Tiranti retentisse.
On ne serait que vous recommander également un titre comme Heading For Nowhere, l’un des meilleurs de l’album. Particulièrement brutal, filtrant avec le Heavy metal, les orchestrations apportent un peu de fraicheur dans cet album sombre. Les changements de rythmes récurrents sur ce titre et les solos de guitares sont vraiment très réussis. Dans le même style, At The Rainbow’s End et son côté mélodique confirme le retour réussi d’un groupe qui nous aura tenu en haleine tout au long de l’album.
Un album de qualité mais dont les thèmes filent le bourdon
Tout au long de In The Vanishing Echoes of Goodbye, Labyrinth n’aura eu de cesse de démontrer toute sa qualité. Que cela soit pour écrire, composer ou interpréter, le groupe a des facilités indéniables et excelle à illustrer son univers. Néanmoins, certains titres sont un peu en dessous, que cela soit Out Of Place dont le rythme trop doux arrive trop tôt dans l’album et fait redescendre la tension bien montée jusqu’à présent, ou la balade To The Son I Neverd Had trop convenu, et qui s’éloigne du Power metal.
De plus, les thèmes choisis – très politiques – comme la guerre, la manipulation, la haine, la destruction, le doute nous rappellent l’actualité particulièrement sombre du moment. En ces temps si incertains, on serait plutôt en veine d’écouter des titres joyeux, animés, voir un peu naif et gnian gnian, mais qui font tellement du bien au moral.
Néanmoins, Labyrinth souhaite apporter un peu de positivité dans ce monde si divisé : The Healing nous rappellent que pour lutter contre la solitude, rien de mieux que le collectif qui nous fera sortir de l’ombre. Vous avez 4h !


