Clap de fin pour Marco Garau ! Après une carrière riche en tant que claviériste remarquable au sein de Derdian, puis un second projet qui a su reprendre le flambeau de son travail, le compositeur italien décide de se retirer avec Magic Opera en sortant « The Final Flight » qui s’avère être un des meilleurs albums de Power Metal de l’année !
Magic Opera, la quête secondaire de Marco Garau
Marco Garau a, à l’origine, obtenu la renommée qu’il mérite au sein de Derdian où il a été l’un des compositeurs du groupe en plus d’avoir été le claviériste pendant plus de 15 ans. Après la période COVID, ce dernier s’est lancé dans la conception d’un nouveau projet Power Metal Symphonique du nom de Marco Garau’s Magic Opera.
Au début, il s’agissait d’une quête secondaire en parallèle à Derdian mais Marco est, de façon surprenante, parti de Derdian pour finalement rester focalisé sur ce projet. Son confrère, le batteur Salvatore Giordano l’a suivi dans ses ambitions. Bien que ça s’appelle Magic Opera, il n’y a rien d’un Metal Opera façon Avantasia ici, juste du Power Metal Symphonique comme Marco Garau savait faire avec Derdian mais en prenant plus de liberté puisqu’il dirige seul la composition et les orchestrations.
Un album rempli d’hymnes
Quand Marco Garau faisait partie de Derdian, soit jusqu’à l’album « DNA », chaque album était très bon voire excellent. Les deux précédents albums de Magic Opera « The Golden Pentacle » et « Battle Of Ice » étaient tout aussi dignes du niveau de composition remarquable de l’italien.
Des albums de mieux en mieux ? Pour ce qui est de Magic Opera oui ! Et ce dernier du nom de « The Final Flight » frappe encore plus fort. On sait que Marco a annoncé que ce serait la fin pour lui en tant que musicien pour des raisons d’actualité, l’IA est en train de détruire le monde des artistes et cela peut être décourageant pour beaucoup de nos jours.
Par conséquent, qu’en est-il de « The Final Flight » ? Il semblerait que Marco ait mis le paquet puisqu’il s’agit d’un album rempli d’hymnes de Power comme on en entend rarement ces derniers temps. Rien que les trois premiers morceaux qui s’enchainent cochent parfaitement les cases. Le titre introductif semble de long avec sa durée de sept minutes, que nenni ! « The Danger’s Growing Dark » commence en douceur avec ses notes de clavecins jusqu’à introduire tout l’orchestre Power Metal Sympho’ qui va accélérer le tempo et nous en mettre plein la vue, c’est lumineux et les passages sont variés, on accroche direct et on en redemande !
Et le mieux dans tout ça, c’est que Marco répond à notre demande et nous fournit d’autres hymnes. « The Black Gem » qui avait fait office de single à l’album ne nous laisse pas le temps de respirer et nous plonge d’emblée dans la magie du morceau. Le chanteur Anton Darusso joue sur plein d’aspects technique entre une voix claire, du growl, de la narration. « Unholy Alliance » suit encore cette logique en s’avérant être un autre hymne qui, cette fois, accentue plus le côté néo-classique où guitare et synthé dialoguent aisément.
Vous croyez que c’est fini ? Et non, les hymnes continuent de s’imposer et il faut croire que chaque morceau remplit cette condition. Après trois titres rapides, Marco Garau ralentit le tempo avec « Fury of the Storm » qui va miser sur un caractère glorieux et guerrier tel un hymne de courage, ça apporte beaucoup de variations et c’est très réussi. Mais Marco relance la machine Speed avec « Mother of Winter Ice » qui s’avère être la synthèse de tous les éléments des trois premiers morceaux, entre les différentes techniques vocales, le style néo-classique, les orchestrations épiques, le refrain mémorable etc.
La renaissance du Power Metal Symphonique
La première partie de l’album est alors une véritable réussite ! Mais Qu’en est-il de la suite ? Des hymnes font aussi leur apparition tout en proposant d’autres variations. La redondance est inéluctablement esquivée. L’épopée épique continue et Marco Garau continue de surprendre.
« When Reason Dies » est sûrement le morceau qui rappelle la belle époque de Derdian où l’on retrouve clairement ce style Power Sympho’ qu’ils faisaient à l’époque au niveau des sonorités entre les albums « Limbo » et « Human Reset ». Tout ce qui a fait le talent du groupe leur ayant permis de s’imposer loin de Rhapsody malgré l’influence très reconnaissable.
En continuant de s’aventurer, deux morceaux vont user du clavecin en guise d’intro comme au début : « Immortal Glory » et « The Clash of Fates ». Les deux possèdent les mêmes ingrédients dans leur recette sauf que le premier va principalement miser sur le growl. Quant au second, il met davantage en valeur l’aspect lumineux sur le refrain.
Entre temps, au milieu de ce voyage en terres de glace, à dos de dragon on croise « Lady of the Wind », une ballade chevaleresque qui nous autorise à souffler un peu et à se poser au milieu de notre conquête, tel un paladin rêvant de conquérir sa belle. Celle-ci ne casse en rien le rythme de l’album et s’avère plutôt convaincante.
L’aventure touche bientôt à sa fin et on peut dire qu’on a jusqu’à maintenant vécu notre parcours de manière triomphante avec un résultat musical qui n’a pas cessé de nous encourager à avancer. « Steel and Magic », tout en gardant l’aspect Power Metal Sympho’ redonne encore plus d’espoir au guerrier qui arrive à la fin de quête par son atmosphère très lumineuse à la façon de Freedom Call.
Une épopée magique comme celle-là nous donne envie d’y rester à jamais, mais hélas à chaque histoire, il y a toujours un chapitre final et là il s’agit de « The Final Flight ». Ce titre éponyme est la conclusion parfaite à ce voyage épique où l’on retrouve tout ce qui fait la magie de cet album entre un refrain plus que mémorable, des orchestrations épiques et lumineuses, des passages mid-tempo, des solos de guitare et de synthé qui dialoguent etc. Vous avez compris, il y a tous les éléments. Ce dernier album est à son apogée. En l’écoutant, et avec du recul sur les années, on peut même dire que la renaissance du Power Metal Symphonique !


